03.01.2012
Le Conseil d’Etat règne mais ne gouverne pas
Dire des institutions genevoises qu’elles ne fonctionnent pas serait injuste. Elles fonctionnent. A l’envers : Qui doit servir, se sert. Qui doit être servi, est asservi. Qui paie obéit. Les TPG ordonnent, les usagers courent. Les locataires sont protégés. Contre la construction de logement. Les criminels aussi. Contre la police. Laquelle réserve ses rigueurs aux seuls honnêtes gens. Le Conseil d’Etat règne mais, comme la reine d’Angleterre, ne gouverne pas. Le pouvoir est aux mains des commis.
En matière de mobilité, ce sont les ingénieurs du trafic. Qui décident des options politiques. Autoriser les TPG à optimiser leur propre exploitation aux dépens des usagers : décision politique. Sacrifier les piétons au profit du transfert modal sur les places : décision politique. Paralyser le transport individuel par des aménagements malthusiens : décision politique. Liquider les résistants par une signalisation assassine : décision politique. Au final des milliers de décisions politiques que le Conseil d’Etat n’a ni annoncées ni préparées. Faute de les avoir prises, voire comprises. C’est au point que le gouvernement se dit surpris qu’on puisse lui demander d’assumer politiquement la cacade des TPG et l’asphyxie durable de la mobilité la plus chère de tous les temps.
En matière d’enseignement, c’est un quarteron de psys. Qui préside aux destinées du DIP. Socialiser plutôt qu’instruire : décision politique. Préférer le remplissage de fiches au talent des enseignants : décision politique. Ignorer le verdict des évaluations PISA : décision politique. Déboussoler les résistants (parents ou enseignants) par un état de réformes permanent : décision politique. Au final, des milliers de décisions politiques que le Conseil d’Etat n’a ni prises ni comprises. Au point que le gouvernement se montre surpris qu’on puisse lui demander d’assumer politiquement la génération d’illettrés la plus chère de l’histoire.
En matière de sécurité, c’est le règne des experts. Affirmer que l’insécurité est affaire de sentiment : décision politique. Laisser sonner le 117 dans le vide la nuit : décision politique. Déclarer l’automobile ennemi public numéro un : décision politique. Refuser de construire des lieux de détention en vue d’expulsion : décision politique. Décourager la légitime défense et l’arrestation citoyenne : décision politique. Laisser les syndicats de police prendre le pouvoir : décision politique. Au final, des milliers de décisions politiques que le Conseil d’Etat n’a ni prises ni comprises. Au point de s’étonner qu’on puisse lui demander d’assumer politiquement la loi de la jungle la plus chère du monde.
En matière de finances, c’est le règne des météorologues. La conjoncture est bonne, les comptes seront bons. Malgré le Conseil d’Etat, qui laisse filer la dette. La conjoncture est mauvaise, les comptes seront mauvais. Brillante prédiction. Fin 2010, la dette publique genevoise par habitant atteignait 32'427 dollars, soit 29'833 francs suisses. Avec la dette fédérale, 15'277 dollars par habitant (14'055 francs suisses), la seule dette monétaire cantonale atteignait 47'704 dollars par habitant. A ceci s’ajoute la dette (variable) des communes et les garanties de paiement non couvertes données aux caisses de pensions du personnel de l’Etat : plusieurs milliards supplémentaires. Au final, fin 2010, la dette publique genevoise par habitant s’apparentait à celle de la Grèce (53'984 dollars par habitant). Rien n’a été fait pour réduire cette dette en 2011. Pire, le budget 2012 prévoit plusieurs centaines de millions de déficit, donc de dette supplémentaire.
Gageons que les années de vaches maigres, qui s’annoncent durables, contraindront enfin Genève à répudier son régime de cour, voué à l’inauguration des chrysanthèmes, et à opter pour la République, prévue par la Constitution. Qui suppose qu’un ministre dirige et assume personnellement. Ou alors démissionne.
Bonne année 2012.
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28.11.2011
Oskar, mine de rien
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 28 novembre 2011)
Antifa, éditions Tatamis, Paris, 60 pages. Sous prétexte de gaudriole, sans autre prétention apparente que celle d’honorer sa propre image en défrisant le bourgeois, Freysinger nous livre, comme on livre un condamné à son bourreau, l’inventaire étonnamment complet des tabous dépassés d’une époque, la nôtre, qui se croit indépassable. Mais qui appartient déjà au passé.
Sur le ton de Momo, découvrant dans l’escalier de son immeuble parisien qu’il est arabe, fils de pute et que la vie devant lui est ma foi très belle, le narrateur d’Antifa (réponse à Stéphane Hessel) découvre dans une rage de dents qu’il est socialiste, fils de l’injustice et que sa vie sexuelle ne va pas vers le beau. S’en suivent 60 pages d’un monologue introspectif faussement naïf, glissant de branche en branche le long des certitudes de l’époque, se balançant de poncifs en indignations, toujours à gauche, jusqu'à tomber au pied d’un arbre de vie totalement désenchanté. La démarche et le style narratif du Candide saviésan rappellent ceux d’un Romain Gary, venu lui aussi de la Mitteleuropa, et qui, diplomate en poste dans la capitale fédérale, pensait comme lui que Berne est la ville « où tout se passe ailleurs ».
Passé en voisin, il pourrait aussi bien être de gauche, Freysinger s’offre d’éteindre la lumière sur les décombres d’une époque qu’il vitupère avec d’autant plus de tendresse qu’il la sait déjà morte. N’en déplaise à sa copine Ada, qui croit pouvoir affirmer le contraire mais qui se trompe, le scanner Freysinger ne fait que mettre l’évidence en évidence : l’odeur de sainteté dont se parent les poncifs de l’époque (antifascisme, antiracisme, indifférenciation des genres) ne rayonne plus et depuis longtemps que par l’écho amplifié par les médias des derniers signaux d’un encéphalogramme résolument plat.
Oskar, mine de rien, est un écrivain tragique et prophétique. Témoin de la fin d’une époque, son pamphlet appelle à bâtir un ordre nouveau sur les ruines d’un Occident laïc éreinté entre le conservatisme vieux jeu qui le dessèche et le progressisme newlook qui le liquide. Défié par l’Islam, marginalisé par la Chine, vassalisé par les USA, le génie titubant de l’Europe est invité à la résurrection. Ou à la disparition. Problème : le socialisme, qui appartient aux siècles passés, le XIXème pour la théorie, le XXème pour l’expérimentation, s’érige encore et toujours en horizon indépassable. Et personne pour voir au-delà des poncifs d’une époque qui suffoque sous le poids de ses stériles certitudes. Personne ? Non, un village d’irréductibles empêcheurs de penser en rond, résiste encore et toujours à l’ère du temps. Et ose regarder au-delà de l’horizon indépassable des idées reçues. Freysinger est de ceux-là.
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02.11.2011
Le centre, ce trou noir de la politique
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 2 novembre 2011)
On entend dire que le centre serait sorti renforcé des élections fédérales du 23 octobre 2011. L'idée n'est pas fausse. Elle est absurde. Car le centre ne désigne rien en politique sinon la résultante, après le choc, d'une proposition de droite opposée à une proposition de gauche. Il n'y a pas, il n'y aura jamais, de centre fort. Possible partout où deux idées adverses ont vocation à se croiser, le centre, qui n'est a priori nulle part, condamne ses incarnations au destin de girouette. Car le centre n'est pas un programme, mais une posture. Opportuniste. Qui consiste à laisser les extrémités affirmer leurs positions politiques et à se borner à y répondre en se plaçant à équidistance entre les unes et les autres. C'est la négation du positionnement politique. Si le "centre" devait, par impossible, formuler une idée propre, la dialectique qui s'engagerait avec ses contradicteurs placerait aussitôt ailleurs le centre du débat.
Comme les trous noirs attirent la matière, le centre attire les partis débutants et les partis décatis, qui ont en commun de devoir s'assurer un rôle politique avec quelques pourcent seulement de l'électorat. Que seraient l'UDC ou le PS avec le score du PBD, des Verts-lib ou même du PDC fédéral? Le non positionnement politique, c'est la certitude de se trouver, toujours, du côté du plus fort. Les victoires du centre ne sont pas les siennes propres puisqu'elles sont celles du camp auquel son ralliement a apporté la victoire. Mais qu'importe en regard de la certitude de ne pas connaître la défaite. Au Parlement, du moins. Car devant le peuple, que l'on croise rarement et jamais au centre, c'est autre chose. Un tel confort tôt ou tard devait faire des émules.
Paradoxalement, l'arrivée de nouveaux partis se réclamant du centre va augmenter encore la polarisation du Parlement, dont l'embouteillage au centre n'est qu'un épiphénomène. Car en quittant leurs familles d'origine pour une herbe plus verte, les dissidents de l'UDC et du PLR (BD et Verts-lib.) libèrent de leur présence les forces de droite qu'elles modéraient précédemment en y faisant office de contrepoids internes. Le Conseil national 2011-2015 verra donc s'affronter une droite et une gauche plus homogènes, recentrées sur leurs fondamentaux et en position de faire leur marché parmi une nébuleuse dispersée de mercenaires et de supplétifs qui se battront pour survivre en se vendant au plus offrant.
Appeler les radicaux de gauche, verts-libéraux, évangéliques et bourgeois démocratiques à venir s'embouteiller dans un trou noir politique, dont le centre serait le PDC, tient de l'appel au suicide collectif. Rendez-vous dans quatre ans!
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21.10.2011
Far West sur les blogs : La Tribune de Genève doit clarifier sa pratique
Dans un monde idéal, un journal qui se dote d’une version électronique interactive et d’une blogosphère propre élargit à bon compte son offre éditoriale par la publication de chroniqueurs talentueux, de commentateurs inspirés, de citoyens concernés, tous parfaitement conscients de la responsabilité civile et pénale attachée à l’usage public de la liberté d’expression. Un tel journal obtient ainsi une proximité accrue avec son lectorat, une meilleure identification au produit et donc de meilleures ventes.
Tout ceci est vrai également dans le monde réel, avec en plus la responsabilité civile et pénale de l’hébergeur éditeur lorsqu’il participe à la diffusion de textes contraires au droit. Car si les chroniques et les commentaires émanent le plus souvent d’intervenants respectueux des bonnes mœurs et de la loi, elles peuvent aussi déraper ou être le fait de quérulants d’autant plus prompts à déverser leur fiel sur le pauvre monde de la blogosphère qu’ils sont autorisés, à tort, à y pratiquer masqués derrière des pseudonymes qu’ils croient inviolables.
En matière d’atteintes à la personnalité, les nouvelles technologies ont brouillé les esprits en même temps qu’elles ont modifié les pratiques. Des lettres anonymes, que la rédaction de la Tribune de Genève ne publierait jamais sur papier, sont désormais diffusées en la forme de commentaires sous pseudos sur les blogs qu’elle héberge. Avec pour toute cautèle, cette incantation pathétique car sans réelle portée : « Le contenu des blogs n'engage pas la rédaction de la Tribune de Genève ». A voir.
Rappeler aux bloggeurs que leurs écrits engagent leur responsabilité est un message sans doute vertueux et pédagogiquement nécessaire. Mais nullement suffisant à exonérer l’hébergeur de sa responsabilité de diffuseur. Ce d’autant moins que la Tribune, en déclarant tenir ses bloggeurs pour responsables, en cascade, des commentaires que des tiers viennent poster sur leurs pages reconnait au moins sa propre responsabilité, en cascade également, s’agissant des textes que les bloggeurs viennent inscrire sur son site.
Or, et c’est là que le bât blesse, lorsqu’un abus lui est signalé, le rédacteur Tribune responsable des blogs rejette candidement sa responsabilité de diffuseur en se bornant à renvoyer dos à dos la victime et l’auteur s’affronter en duel sur la toile. Inviter le lésé à en découdre plume au poing sur le blog litigieux de celui qui lui a porté atteinte est sans doute bon pour le spectacle et donc pour le business. Mais cette pratique digne du far West n’est ni adéquate ni responsable.
La Tribune doit en changer.
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18.10.2011
A nous, tous les PrivilègeS
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 18 octobre 2011)
Un hôtelier de Brigue, dans cette même rubrique il y a peu, troquait ses habits frais de chroniqueur pour la pourpre lourde du chef de bande qu'il fut. Et dans un geste auguste où la senteur de la naphtaline le disputait à l'âcreté du verbe traduit, livrait à la vindicte populaire le parti du peuple suisse (30% des électeurs), coupable présumé par avance des hypothétiques baisses de subventions fédérales auxquelles le sursaut patriotique des partis bourgeois en faveur d'une armée de 100 000 hommes ne manquerait pas de condamner, selon lui, le peuple valaisan tout entier...
Superbe morceau de propagande, fondée sur la peur et la "bouc émissairisation" simpliste, que d'autres socialistes, plus ouvertement nationaux, n'auraient pas désavoué, c'est certain.
Le slogan 2011 du parti des petits copains est à ce propos tout à fait remarquable. Et exemplaire: "Pour tous sans PrivilègeS", caricature inversée de son auteur, le slogan du PS s'inscrit dans le droit fil d'une filiation de gauche qui se réclame des penseurs théoriques: ne jamais s'appliquer à soi-même les recettes que l'on préconise pour le salut de l'humanité. Pour écrire ses pages inspirées sur l'éducation, Rousseau n'a-t-il pas abandonné ses cinq enfants à l'assistance publique, dont on connaît le taux de mortalité effarant de l'époque? Pour critiquer l'esprit petit bourgeois, Karl Marx n'a-t-il pas fait un enfant (Frederick) à sa bonne (Helen) et forcé son ami (Engels) à le reconnaître? Pour fustiger le capitalisme et les banques, Bertolt Brecht, en révolte contre tous les pouvoirs sauf celui de l'Allemagne de l'Est, n'a-t-il pas ouvert un compte en Suisse? Pour chanter la liberté et la franchise conjugales, Sartre ne fut-il par le plus dissimulateur des compagnons doublé d’un amateur de vaudevilles à l'ancienne? Pour dépasser le capitalisme, DSK n'a-t-il pas pris la tête d'une institution de Bretton Woods, toute entière vouée aux fondamentaux de l'économie de marché? Pour fustiger l'influence d'une prétendue extrême droite, Bodenmann ne s’est-il inspiré des méthodes de Goebbels?
Il fallait qu’à Genève Salerno favorise Drahusak et offre à Garbani un salaire de cadre pour soigner son spleen aux HUG. Il fallait qu’à New York DSK trousse la bonne nègre. Et que l’Internationale socialiste cajole inlassablement les pires dictateurs d’Afrique et d’ailleurs. Il fallait, partout, ces armées des camarades favorisés pour que le PS suisse puisse, en toute légitimité, accoucher d’un grand slogan de campagne 2011 : Pour nous tous les PrivilègeS!
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07.10.2011
Y-a-t ’il un percepteur dans l’avion ?
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 5 octobre 2011)
C'est un Etat, la Suisse, qui a tiré UBS de la faillite, c'en est un autre, Singapour, qui a obtenu le remplacement de M. Gruebel à la tête de la banque sauvée par l'argent du contribuable suisse. Depuis que la crise économico-financière a été déclenchée et propagée par les Etats-Unis de Monsieur Obama, un capitalisme d'Etat se profile à l'horizon.
Les Etats ne cherchent plus à dicter les règles, ni à se soustraire à l'influence des marchés mais à s'en servir pour asseoir des objectifs de politique intérieure. Ce capitalisme d'Etat, on le constatera bientôt, contrarie les objectifs et menace l'existence même du capitalisme entrepreneurial qui a fait la prospérité de notre pays. Derrière le masque du respect, purement formel, des procédures du Parlement, l'Etat fédéral s'oriente vers un dirigisme économique, potentiellement totalitaire. Le capitalisme d'Etat n'est pas une nouvelle idéologie, ni un nom de code, mais une dérive, sournoise, au plus haut niveau politique qui consiste à se faire réélire en acceptant la primauté des marchés sur l'action politique et à soumettre un petit pays aux lois des plus grands.
Madame Evelyne Widmer-Schlumpf possède sans doute la capacité de gérer un village grison, voire de diriger les finances d'un canton et de fonctionner comme présidente de la conférence des directeurs cantonaux des finances. EWS est un percepteur. A qui on demanderait en vain d'orienter le système financier suisse avec une vision de son futur économique et financier. C'est un tout autre métier, qui requiert d'autres qualités, qu'elle n'a pas, tout comme ne les avait pas non plus son prédécesseur, Hans Rudolf Merz, dont les démarches maladroites et malheureuses sont encore dans toutes les mémoires.
Tout ce qui fait entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat est bon, et suffisant aux yeux du percepteur. Car cet argent permettra de corriger, par des mesures d'aides dont les électeurs sont toujours reconnaissants, les problèmes sociaux liés à de mauvais choix politiques, quels qu'ils soient. C'est ainsi que le percepteur pense utile d'attirer, par un deal fiscal intéressant, des entreprises étrangères qui s'installent avec leur personnel, qu'il faut ensuite loger et transporter, et qui n’engage pas un seul chômeur local, les salaires des postes uniquement subalternes créés sur sol suisse n'étant attractifs, compte tenu de la cherté croissante des infracteurs, que pour des personnes établies de l'autre côté de la frontière.
Ce n'est pas au percepteur qu'il faut demander de répondre aux questions de société. D'autant moins lorsque ces questions sont celles de savoir si l'Etat doit présumer la bonne foi de ses citoyens ou partir de l'idée que tous sont malhonnêtes et imposer un régime de persécutions. Ou encore si l'Etat doit adapter ses finances à ses recettes ou imposer ses excès à des contribuables corvéables à merci.
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06.10.2011
Genève menacée par une crise grecque ?
(Sécurité financière: Commentaire d’actualité suisse n° 3 du 6 octobre 2011)
On dit qu’à l’inverse de la dette grecque, la dette suisse ne risque pas de couler le pays. C’est peut-être vrai pour la Confédération. Mais dans une canton comme Genève, la dette publique par habitant avoisine celle des grecs. Le Canton est-il aussi « too big to fail » ?
Depuis des semaines, la Grèce fait l’ouverture du téléjournal. Athènes : les ministres grecs préparent un xième plan de sauvetage. Bruxelles : Monsieur Papandreou négocie le soutien des Européens avec Monsieur Barroso. Paris, Berlin : Monsieur Sarkozy, Madame Merkel vendent le plan grec à leurs cabinets et parlements respectifs. Athènes : le peuple est dans la rue, le plan est quasi insupportable. Et l’exercice de repartir pour un tour. Et les téléspectateurs que nous sommes de compatir au malheur d’un peuple ami, quoi que si différent.
La crise grecque tient en trois mots : trop de dettes.
Fin 2010, la dette publique externe de la Grèce totalisait 579 milliards de dollars, soit 53'984 dollars par tête d’habitant (source CNBC).
La Grèce est un pays centralisé. Ce n’est pas le cas de la Suisse, où coexistent une dette fédérale, des dettes cantonales et des dettes communales.
Fin 2010, la dette publique genevoise par habitant atteignait 32'427 dollars, soit 29'833 francs suisses au cours actuel (source UBS, « La Suisse en chiffres »). A ceci s’ajoute la dette fédérale par habitant, soit 15'277 dollars (14'055 francs suisses). La seule dette monétaire cantonale est ainsi de 47'704 dollars par habitant. A ceci s’ajoute la dette (variable) des communes. Et encore les garanties de paiement non couvertes données aux caisses de pensions du personnel de l’Etat : plusieurs milliards supplémentaires qui ramène la dette publique genevoise tout près du montant de 53'984 dollars de la dette grecque par habitant.
Les genevois vont-ils aller se faire voir chez les grecs ?
On vote le 23 octobre !
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03.10.2011
En flagrant délit, tout citoyen est sergent
« En flagrant délit, tout citoyen est sergent » tel est l’adage qui délimite la légitimité de l’action citoyenne face à un crime ou un délit en train d’être commis. C’est le réflexe de Tintin, journaliste de son état, qui n’écoutant que son courage, tire son Browning de sa poche révolver, arrête le malfaiteur en pleine action et le remet à Dupont et Dupond. C’est possible et pas seulement dans les bandes dessinées. Le citoyen est invité à agir en appui de la police, ou lorsque celle-ci est retenue par d’autres tâches, à la tripe condition de se trouver face à un délit (ou un crime, une contravention n’est pas suffisante), flagrant (c'est-à-dire en train d’être commis) et dans les limites de ce qui est strictement nécessaire à la remise du cas en mains policières.
C’est en vertu de cet adage, sans doute, qu’un groupe de citoyens légitiment excédés de voir jour après jour les escrocs au bonneteau détrousser impunément leur victimes sous leurs yeux, s’est senti inspiré à agir en supplétifs de la force publique défaillante. Las, le Grand Conseil genevois ayant institué le bonneteau en contravention, l’action de ces citoyens courageux ne peut se fonder sur un « délit » flagrant. Ne pouvant procéder légitiment à des arrestations citoyennes, les vigiles bénévoles en sont ainsi réduits à des rondes, plus dangereuses pour eux-mêmes que pour les malfrats, sans soutien aucun, et c’est le moins qu’on puisse en dire, de la part d’une maréchaussée plus anxieuse de conserver un monopole dont elle ne fait pas usage que d’augmenter sa présence sur le terrain.
Malgré la tendance à faire du trafic de drogue une contravention, cet acte reste un délit. Le vol à la tire aussi. De même le cambriolage, qui peut être un crime selon les circonstances. Il reste donc un vaste champ d’action pour les citoyens concernés.
Plutôt que de dissuader la légitime défense de ceux qui font preuve de courage, les autorités genevoises seraient mieux inspirées de remercier les citoyens en révolte contre l’insécurité et de les appuyer en rappelant publiquement les conditions, les limites mais aussi la vertu de l’arrestation citoyenne.
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01.10.2011
Barazzone, UDC refoulé ?
Personne ne conteste que Lüscher soit compatible avec l’électorat UDC. Le PLR n’avait pas besoin de pousser le bouchon jusqu’à crier Christophe sur ses bulletins de vote. Tout le monde sait bien que c’est à Zurich et non à Genève que Christoph Blocher est candidat. Mais bon. Voilà que le PDC fait mieux encore. En matière de sur identification à l’électorat UDC, ce n’est pas juste un prénom mais tout un slogan UDC que le parti à la vachette a repris sur ses culs de bus avec Guillaume Barazzone : « De la Suisse dans les idées » n’est autre que le slogan de campagne fédérale de l’UDC Genève en 2003 ! Et aussi le slogan qui m’a fait élire en 2007. Et donc le slogan avec lequel je me présente sur mon profile smart vote en 2011 ! Merci Guillaume de ce ralliement tardif. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ?
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30.09.2011
Sécurité financière
Dette souveraine et capitalisme d’Etat
(Commentaire d’actualité suisse n° 2 du 28 septembre 2011)
C’est un Etat, la Suisse, qui a tiré UBS de la faillite, c’en est un autre, Singapour, qui a obtenu le remplacement de Mr. Gruebel à la tête d’une banque sauvée avec l’argent du contribuable suisse.
Madame Evelyne Widmer-Schlumpf possède à coup sûr la capacité de gérer un village grison, voire de diriger les finances d’un canton. Elle l’a fait, en conformité avec les ordres venus de Berne. Mais orienter le système financier suisse avec une vision du futur économique et financier de la Suisse est une autre histoire. Qui requiert d’autres qualités, qu’elle n’a pas et que n’avait pas non plus son prédécesseur Hans Rudolf Merz, dont les démarches maladroites et malheureuses sont encore dans toutes les mémoires. Conscients de la difficulté, les politiciens aguerris des pays voisins confient la manœuvre à des entrepreneurs sachant naviguer.
Qualifiés autrefois de placements de « bon père de famille », les obligations « souveraines » de nombreux Etats occidentaux sont devenues, avec la montée en flèche des déficits publics, des dettes et des investissements risqués. La maîtrise des risques de ces débiteurs souverains représente d’ailleurs, depuis un certain temps déjà, l’un des premiers défis pour la stabilité financière et économique en général.
Quels risques ces obligations souveraines font-ils porter aux banques, aux entreprises, au système financier en général et à l’économie réelle dans son ensemble ?
La dégradation du rating des obligations souveraines européennes affecte le coût du refinancement (funding) et l’accès au marché. Les banques détenant dans leurs bilans des obligations dépréciées, aux valeurs de nantissement de facto plus faibles en guise de garanties auront des possibilités amoindries pour assurer leur refinancement : elles devront payer des taux d’intérêts plus élevés pour obtenir des capitaux, si tant est que les bailleurs de fonds ne renoncent pas purement et simplement à leur prêter.
Et c’est, entre autres, pour cacher leurs propres problèmes que les gouvernants européens n’ont cessé de faire monter la pression sur la Suisse. Quoi qu’on en dise, en comparaison européenne, les finances de la Confédération sont saines et transparentes, ce qui est essentiel en matière de crédits pour le système bancaire et l’économie nationale et au final pour les entreprises.
Un ministre suisse des finances, s’il entend préserver ce pan important de l’économie nationale, se doit d’être pro actif dans la défense du secteur bancaire et ne rien céder de ce qui fait son identité.
En cédant à la pression médiatique et fiscale de nos voisins européens, le Conseil fédéral oublie que les banques suisses, à travers leurs clients et quelles que soient leurs origines, sont de grands pourvoyeurs de fonds qui aident les gouvernements à financer leurs déficits budgétaires. Si les banques de gestion, prenaient la décision de vendre en masse, pour leur clientèle, les obligations souveraines et de réinvestir leurs fonds sur d’autres marchés tels que les actions d’entreprises de premier ordre, offrant des dividendes intéressants, l’Europe souffrirait encore plus de son problème de refinancement.
Lorsque l’on négocie à la tête d’une entreprise, on le fait avec des objectifs précis. Or les objectifs semblent être cruellement absents de l’esprit de nos dirigeants politiques, qui donnent l’impression de se borner à subir en attendant le prochain coup. Quelques notions supplémentaires d’économie politique permettraient à Mme Widmer-Schlumpf de poser sur la table de négociation des éléments factuels, au lieu de répondre docilement aux requêtes européennes les plus extravagantes.
Nos amis allemands se sont, par exemple, montrés très forts dans la critique de la Suisse, avec notamment l’arrogant Steinbrück. Or, dans le même temps, les banques allemandes attaquaient l’obligation qui leur était faite de publier les détails de leurs participations au niveau bilanciel, au prétexte que cette publication aurait aggravé la crise des dettes souveraines et encouragé une spéculation contre les institutions financières allemandes. Pour l’Allemagne, la fin justifie tous les moyens. C’est au point que la Bafin, le régulateur bancaire allemand, a récemment accusé l’EBA (European Banking Association) d’agir sans légitimité en édictant des règles définissant le capital des banques.
Tous les Etats y vont de leur touche personnelle de protectionnisme et défendent ainsi leurs intérêts nationaux. Tous, sauf la Suisse qui laisse honteusement tomber son secteur bancaire et cède sans combattre à toute les demandes, pourvu qu’elles soient étrangères. La Suisse ne réagit jamais, sauf pour sauver UBS qui a déjà mis le pays sous pression à plusieurs occasions. Cette politique de la lâcheté conduit tout droit au capitalisme d’Etat, dont Mme Schlumpf est une efficace artisane.
Autre exemple, les stress test des banques publiés le 15 juillet 2011, dont les investisseurs ont été seuls à prendre les résultats de l’étude avec tout le scepticisme qu’ils méritaient. Car ils savaient, eux, que le fameux « tier one capital ratio » pour les banques (niveau des fonds propres) avait été basé, pour cet exercice, sur une prise en compte des dettes souveraines comme « risk-free » (= solvabilité garantie !).
Et le marché a vendu les actions bancaires européennes, montrant au passage aux politiciens que les investisseurs n’étaient pas dupes de leurs montages. Les banques françaises, « bien » exposées aux dettes grecques et italiennes dans leurs bilans respectifs ont dégringolé en bourse (BNP chutant de quelques 14% du 1er juillet à la mi-juillet, 17 % pour le Crédit Agricole).
Après UBS, Crédit Suisse cède au chantage américain et livre ses clients. Depuis le début, la « stratégie » suisse a consisté à céder et à mettre la tête dans le sable en attendant la suite. Ravi de la solution juridique, politiquement correcte, que lui a suggérée le Tribunal administratif fédéral pour se sortir d’affaire dans le cas UBS, le Conseil fédéral a renoncé à l’action politique pour se consacrer tout entier à sa propre défense. Et l’exécutif d’obtenir d’un parlement déboussolé le quitus de sa gestion dans l’affaire UBS : un blanchiment rétroactif de la violation de la loi commise pour plaire à un Etat étranger. Et une trahison solennelle de ce qui fait la Suisse, que nous n’avons pas fini de payer.
Le secret bancaire est attaqué également de l’intérieur, dans la loi proposée par le Conseil fédéral pour remplacer l’ordonnance. On y sacrifie un pan important de l’économie suisse aux pressions des européens, eux-mêmes en pleine débâcle financière et qui cherchent à se sortir d’affaire aux dépens d’un bouc émissaire instauré en vache laitière et tiers payeur. Ancienne présidente de la conférence des directeurs de fiscs cantonaux, Madame Widmer-Schlumpf est, dans cette bataille, la mauvaise personne à la mauvaise place.
Ce n’est pas à un percepteur qu’il faut demander réponse aux questions essentielles
Ce n’est pas au percepteur qu’il faut demander de répondre aux questions essentielles de l’identité et du rapport à l’Etat. Surtout lorsque ces questions portent sur le point de savoir si l’Etat doit présumer la bonne foi de ses citoyens, et leur faire confiance jusqu’à preuve du contraire, ou partir de l’idée que tous sont malhonnêtes et instaurer un régime de persécutions. Ou si l’Etat doit adapter ses finances à ses recettes ou imposer les conséquences de ses excès à des contribuables corvéables à merci.
Depuis que la crise économico-financière a été déclenchée et propagée de façon volontaire par les Etats Unis, un capitaliste d’Etat se profile sournoisement à l’horizon.
Les partisans de ce capitalisme d’Etat n’essaient pas de se soustraire à l’influence des marchés mais cherchent plutôt de manière très pragmatique à maitriser les marchés afin d’atteindre leurs propres objectifs politiques.
Mme Widmer-Schlumpf s’est engouffrée dans la brèche en prônant ce capitaliste d’Etat qui lui permet de poursuivre ses propres objectifs électoraux au détriment du bien public et à l’encontre des conditions cadres nécessaires à la prospérité du pays.
Le capitalisme d’Etat va à l’encontre des objectifs de développement qui sont ceux du capitalisme entrepreneurial, fondement de la prospérité de notre pays et le menace directement. L’Etat s’oriente vers un dirigisme économique, qui peut prendre une configuration totalitaire, sous certains aspects, masquée par le respect purement formel des procédures du parlement.
Le capitalisme d’Etat n’est pas une idéologie, ni un nom déguisé pour évoquer un régime ou un modèle. Il s’agit d’une dérive, sournoise, au plus haut niveau politique, qui consiste à plier l’échine devant les lois d’autres pays. A-t-on demandé à Hong Kong les mêmes aménagement que ceux qui sont « prévus » pour la Suisse ? Non, car personne n’oserait le faire. Et qu’en est-il d’Abu-Dhabi avec sa puissance financière énorme ? La réponse est identique.
Pourquoi s’agenouiller toujours devant des pays en quasi faillite, des pays où les citoyens rêvent du modèle suisse ? Des décisions prises à la légère par le Conseil fédéral sont malheureusement entérinées par les parlementaires, représentants et élus du peuple mais manquant d’informations, de connaissances et de compréhension, et qui n’assumeront aucune responsabilité, ni financière, ni sociale, ces prochaines années lorsque leurs décisions se seront avérées catastrophiques pour le pays.
Pourquoi suivre l’exemple de l’administration Obama et museler nos citoyens et nos entrepreneurs ? Pour faire plaisir aux administrations fiscales qui nous entourent, eux dont les élites ont conduit leurs pays, tout au long des dernières décennies, à vivre au-dessus de leurs moyens, sur le dos de leurs citoyens, avec comme résultante des déficits budgétaires chroniques cumulés qui aboutissent à la dette délétère que l’on sait.
Le gouvernement américain a décidé d’instituer à partir de 2012 un nouvel impôt sur le commerce des pièces d’or sur les transactions dépassant la somme de USD 600.- par an. Cet impôt n’a qu’un but : freiner l’accès à l’or et dissuader les épargnants d’en acheter, de peur que les citoyens américains se détournent des souscriptions obligataires et fragilisent le financement du déficit budgétaire. Ce type de mesure a été imposé au début des années 30, déjà, lorsque la possession d’or par les privés était carrément interdite.
Si on réfléchit à tout cela, on s’aperçoit qu’en acceptant toutes les demandes, quelles qu’elles soient, en provenance de l’Europe, le Conseil fédéral agit de manière déguisée pour se rapprocher d’une intégration. Il est vrai qu’il est plus facile de se noyer dans la masse que de prendre la responsabilité d’écrire sa propre histoire.
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22.09.2011
Rubik sur l’ongle, la Suisse achète deux ans de paix
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 22 septembre 2011)
Salués comme une victoire de la place financière pour la sphère privée, les accords fiscaux Suisse-Allemagne, Suisse-Angleterre et bientôt Suisse-France reposent pour l’essentiel sur deux capitulations et une illusion.
Après avoir juré que les chalutiers du fisc ne viendraient jamais draguer en eaux bancaires suisses à la recherche d’indices ou de preuves éventuelles, nos banquiers applaudissent un Conseil fédéral paraphant un texte de leur crû, Rubik, qui consacre le principe et la pratique des « fishing expeditions ».
Sur présentation d’une simple liste de noms, accolés à une « présomption motivée d’irrégularité fiscale », nos voisins pourront exiger des autorités suisses qu’elles leur livrent les hypothétiques coordonnées bancaires de leurs contribuables sans avoir à indiquer dans quel établissement chercher. La pêche aux preuves est donc ouverte.
Présenté comme l’ « équivalent » de l’échange automatique d’informations au sens de la directive de l’UE sur la fiscalité de l’épargne, Rubik est un fusil à un coup. Qui rachète le passé au prix fort, en éloignant le spectre de procès pénaux, améliore l’accès des banques aux marchés voisins des services financiers et ne règle rien pour le futur, sinon son compte au secret bancaire.
A la conclusion de l’accord, les banques suisses verseront un acompte de quelques dizaines de milliards d’Euros à des Etats trop assoiffés de liquidités pour refuser cette offre, le solde sera réglé après décompte. Dès le dernier milliard réglant le passé encaissé, l’Allemagne et la France, au moins, se départiront du traité moyennant un délai de résiliation de deux ans. Les banquiers suisses font le pari que, devenus accro à l’argent facile, les Etat signataires ne voudront pas tuer la poule aux œufs automatiques en résiliant le traité. Je prends le pari contraire.
Ni l’Allemagne ni la France n’ont renoncé - pourquoi le feraient-ils - à soumettre la Suisse au régime de l’échange automatique d’informations. Elles ont au contraire tenu à faire figurer l’échange automatique d’informations dans le traité en toutes lettres. En indiquant que Rubik doit être considéré comme son équivalent au sens de la directive.
Dès le dernier milliard encaissé, l’Allemagne et la France résilieront le traité et exigeront son équivalent, l’échange automatique. Et Rubik résilié, les banquiers suisse qui n’envisageront pas une seconde se passer des marchés allemand et français où ils se seront installés dans l’intervalle, céderont sans combattre. Qu’auraient-ils à opposer à une logique qu’ils ont eux-mêmes élaborée ?
Rubik, c’est deux ans de sursis, très cher payés, pour une sphère privée mitée par la pèche aux preuves et, dans le même trait de plume, l’arrêt de mort de la sphère privée patrimoniale.
La balle est dans le camp des Chambres fédérales appelées à le ratifier.
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19.09.2011
Je remercie la moitié des genevois qui me font confiance
Je souhaite à la Cour des comptes de poursuivre sereinement son excellent travail au service du bien public.
Je félicite Monsieur Devaud, qui a bénéficié du soutien sans faille de son propre camp, et au-delà, puisque la gauche cantonale ne totalise que 40,44% des électeurs alors que la droite et l’UDC en comptent ensemble 44,6%, selon les résultats au Grand Conseil d'octobre 2009.
Outre une meilleur mobilisation à gauche, la différence de voix s’explique arithmétiquement par les 1'800 votes blanc ou nul, à l’appel de personnalités de droite et du centre. La démobilisation qui en a résulté et le positionnement résolument à gauche du MCG, dont les deux ténors ont appelé à voter pour le candidat communiste, ont fait le reste.
Le résultat obtenu démontre que la droite unie n'a pas d'autres ennemis qu'elle-même et qu'elle vaincra le jour où elle le voudra bien.
Dès aujourd’hui et jusqu’au 23 octobre, il faut penser aux élections fédérales, où je suis candidat à ma réélection.
Aux Etats, scrutin majoritaire, il faut des alliances. Je voterai sans hésiter pour Christian Luscher et pour Luc Barthassat qui sont les plus aptes à défendre les intérêts bien compris de Genève à Berne.
Au national, scrutin proportionnel, c'est chacun pour soi. Les Suisses votent UDC : le seul vote véritablement utile face aux dangers d’une Europe en déliquescence.
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16.09.2011
Acte manqué ou passion de l’échec ?
Effrayés par leur propre audace depuis que leur camp s’est mise en situation de gagner avec l’UDC, certains représentants de la droite la plus bête du monde auront tout fait, mais alors tout, et jusqu’à la dernière seconde, pour tenter de torpiller une ambition qui, au fond, leur donne le vertige. Leurs efforts seront payants. Ou pas. Réponse dimanche.
Les nominés sont plusieurs. La palme revient à Michel Chevrolet pour son sens du timing.
Ne pouvant mener de front deux mandats parlementaires, à Berne et en Ville de Genève, j’ai remis ma démission à la rentrée du municipal à Eric Bertinat. Charge à lui de la rendre publique, au lendemain de l’élection à la Cour des comptes pour ne pas brouiller les messages. Chevrolet l’aura appris. Sa fenêtre de tir était étroite, mais en se dépêchant un peu, le chef de groupe PDC pouvait encore gaffer dans les temps. Prenant prétexte de deux interventions programmées à Berne mardi et mercredi, jours de municipal, Chevrolet faisait mine, hier sur son blog, de s’indigner de mon absence. Et d’annoncer que, eh ben, à la Cour des comptes, il votera blanc. M’enfin !
Hors sujet, bien sûr. Mais en apparence seulement. Car son sujet à Gaston, c’est la passion de l’échec. Le municipal, ce jour là, avait viré marché de Brive La Gaillarde ; les bancs PLR étaient déserts ; ceux qui n’étaient pas passés aux Verts libéraux boudaient au bistrot à la suite du doigt d’honneur d’Hollenweg. Mais tout cela est sans importance. Aux yeux du chef de groupe PDC, seule comptait l’absence, essentielle, du candidat de la droite unie à la Cour des comptes. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! Il fallait que ça se sache et que ça se paie ! La facture sera présentée dimanche.
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12.09.2011
Cour des comptes : ne pas remplacer une magistrate socialiste par un magistrat communiste
Surtout, ne pas remplacer une magistrate socialiste par un magistrat communiste. Ma candidature permet enfin de rassembler les forces électorales de la droite et du centre genevois (UDC, PLR, PDC) qui ont été marginalisées lors de la dernière élection. L’élection de mon concurrent communiste, pour remplacer une magistrate socialiste démissionnaire dans un organe où la gauche est déjà surreprésentée, aurait pour effet d’aggraver encore le déficit démocratique de la Cour et, partant, d’affaiblir cet organe de contrôle de l’Etat que les genevois ont plébiscitée par 86% des voix en 2005 lorsqu’ils l’ont inscrit dans la Constitution.
Ceux qui, à droite, appellent à voter blanc font semblant d’avoir oublié l’essentiel.
Le 18 septembre, c'est très bientôt. Chaque voix compte. Il faut voter maintenant!
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09.09.2011
Goodbye Schengen, hello Touquet!
Le traité du Touquet a permis à l'Angleterre, non membre de Schengen, de régler à satisfaction avec la France, membre de Schengen, la délicate question du contrôle de sa frontière maritime. Le Royaume-Uni partage avec la Suisse la particularité d'être plus attractif que ses voisins, aux yeux des nombreux migrants qui tentent de pénétrer légalement ou clandestinement sur son territoire. A la différence de la Suisse toutefois, les Britanniques n'ont pas adhéré à Schengen. Cela leur permet de contrôler les personnes qui entrent sur leur territoire, généralement depuis la France. C'est ainsi que les autorités britanniques ont appréhendé et refoulé des milliers et des milliers de clandestins ou de requérants ayant déjà déposé une demande d'asile dans un autre pays. Jusqu'à faire déborder le centre d'accueil de la Croix-Rouge française de Sangatte, ce réservoir de clandestins, tolérés par la France dans l'attente de les voir traverser la Manche, qui avait suscité en son temps les vives protestations de l'Angleterre et en France l'indignation de l'opinion.
Pour en sortir, l'Angleterre avait proposé à la France un traité du Touquet que le président Sarkozy ne pouvait pas refuser: l'Angleterre vidait le centre de Sangatte, en prenant à sa charge le destin administratif de l'ensemble de ses occupants. En échange, la France assurait qu'il n'y aurait jamais d'autres Sangattes, en mettant en place un contrôle serré de la frontière extérieure de l'Espace Schengen tant sur son propre territoire qu'en Angleterre. Et ce pour tout le trafic voyageurs des ports de la Manche et de la mer du Nord. Sur son propre territoire, la France effectue désormais des contrôles destinés à vérifier que les personnes qui le quittent remplissent les conditions pour le faire, ainsi que celles d'entrée en Angleterre. Sur le territoire britannique, la France assure en sus les contrôles d'entrée dans l'espace Schengen. Les contrôles d'entrée en Angleterre restent le fait des Anglais eux-mêmes. Si des personnes se voient refuser le droit d'entrée dans l'Etat d'arrivée, ou si des personnes décident de ne pas se soumettre aux contrôles frontaliers de l'Etat d'arrivée, les autorités de l'Etat de départ sont impérativement tenues de les reprendre. Et ça marche!
En résiliant Schengen, la Suisse récupérera son droit, autrefois inaliénable, de contrôler sa propre frontière. Elle conclura alors, si elle le souhaite, des traités bilatéraux franco-suisse ou italo-suisse de "lutte contre l'immigration clandestine", comme l'Angleterre l'a fait avec la France par le traité du Touquet. Sans doute, les négociateurs suisses n'obtiendront-ils pas tout à fait autant que ceux de la perfide Albion, parvenue à faire garder sa frontière par un Etat tiers, mais la Suisse en retirera l'essentiel: le retour d'une meilleure sécurité par la restauration d’un vrai contrôle aux frontières.
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24.08.2011
Cour des comptes, les contribuables aussi ont droit à un avocat

Par 86% des votants, le peuple genevois a institué en 2005 une Cour des comptes, sorte d’avocat des contribuables chargé d’opérer un contrôle indépendant du grand Etat (Canton, communes, régies publiques, entités subventionnées). Une élection complémentaire a lieu le 18 septembre 2011.
Je me propose d’être votre avocat à la Cour des comptes
Les contribuables genevois ont le droit d’être bien défendus. On me connait comme un avocat déterminé, passé par la magistrature (Commission de surveillance des offices de poursuites et faillites, président suppléant aux Prud’hommes, Commission de recours de police des étrangers), Le droit, je connais.
Je suis un parlementaire aguerri : membre de la Commission judiciaire des Chambres fédérales, vice-président de la Commission des affaires juridiques du national, j’ai aussi présidé la Commission judiciaire du Grand Conseil et siégé à la Commission des finances, entre autres. L’intérêt public, je connais.
Candidat de la droite et du centre, on a la gentillesse de me reconnaître des compétences même au-delà de mon propre parti : « Yves Nidegger est avec Marianne Grobet-Wellner (PS), celui qui a permis, après de nombreuses négociations avec une administration peu favorable au projet, l’adoption de la Loi sur les indemnités et les aides financières (Liaf)» Renaud Gautier, Député (PLR) Grand Conseil. Les finances, je connais aussi.
Ma candidature permet de rassembler, pour la première fois à Genève, les forces électorales de la droite et du centre (UDC, PLR, PDC). J’entends toutefois répondre aux attentes légitimes de rigueur et de compétence de l’ensemble des genevois.
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17.08.2011
Solstice et marée (électorale)
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 16 août 2011)
Sous le solstice de l'UDC, le 1er août de l'an de grâce électorale 2011 imposait aux discours politiques un genre oratoire unique: le patriotisme décomplexé.
Chacun s'y est essayé. Avec des fortunes diverses. Au final, un résultat thérapeutique globalement positif. Pour leur plus grand bien, les docteurs de l'autoflagellation historique ont pu tâter d'une forme embryonnaire de patriotisme mortifié. Les apologistes d'une Suisse coupable "mais qui se soigne" ont pu oser des accents furtifs, et applaudis, dans un registre de sentiment confinant à la quasi-fierté. Les patriotes de circonstance, les plus nombreux, se sont laissé aller à des cris du coeur, forts en testostérone, où il était pour une fois question à la fois de l'avenir du pays et de sa souveraineté. Jusqu'à la présidente de la Confédération, qui s'est risquée à tomber la casquette rouge le temps d'inviter les Suissesses et les Suisses à partager sa fierté pour un pays audacieux, capable d'aller jusqu'en finale et de voir sa souveraineté respectée.
Un discours censé faire écho à la colère présidentielle qui a tonné, il y a un mois, dans les colonnes de la "Sonntagszeitung". A l'Administration fédérale qui souhaite négocier un nouveau paquet d'accords sectoriels, la Commission européenne avait fait répondre que pour sa part l'UE attendait "gentiment" les progrès de la Suisse "dans quatre domaines que l'Union pose en préalable à toute nouvelle négociation": 1) la reprise suisse de l'acquis communautaire; 2) l'application de règles homogènes à tous les partenaires de l'UE; 3) la soumission de la Suisse à la Cour de justice du Luxembourg; 4) une procédure uniforme pour la résolution des conflits concrets. En clair, à une Suisse qui demande à approfondir sa relation avec l'UE sur le mode bilatéral, Bruxelles répond par une fin de non-recevoir: toute nouvelle discussion aura pour cadre préalable le passage à un rapport multilatéral. Du type de celui que les Suisses ont refusé avec l'EEE en 1992. Et qu'ils refuseront plus nettement encore en 2011. Si la question leur est posée.
La colère de Mme Calmy-Rey n'était en rien dirigée contre l'UE elle-même. Mais contre la candeur de ses représentants, coupables de tomber le masque au plus mauvais moment.
Jamais l'UE, qui traverse simultanément des crises institutionnelle, monétaire, socio-économique et fiscale, n'a fait moins envie aux Suisses de lui ressembler. Et l'UDC en a fait son thème de campagne. La politique des petits pas bilatéraux du Conseil fédéral vise bien le point de non-retour. Sur le chemin de l'adhésion. Mais le peuple ne peut y être conduit qu'à l'insu de son plein gré. Alors, dans l'intervalle, parlons football, ouverture et nécessaire confiance en soi.
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30.07.2011
Bons baisers de New York
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 29 juillet 2011)
On avait beau tourner et retourner les pages des quotidiens de la City qui instruit en ce moment son procès, pas trace d'une photo de DSK durant la semaine qui a précédé l'intervention télévisée de Nafissatou Diallo sur ABC dimanche dernier. Contraste avec la presse européenne et francophone. La photo des Murdoch en revanche, dont les journalistes ont quelque peu méconnu la nuance qui distingue habituellement leur profession de celle d'agent de la Stasi, était omniprésente. Sur les écrans et dans les tabloïdes. Tout comme celle du leader républicain au Sénat, qui négocie ces jours-ci avec la Maison-Blanche les conditions d'une hausse du plafond légal de la dette de l'Etat, susceptible d'éviter à l'administration Obama les affres d'un défaut de paiement en août.
New York est une ville hollandaise. Ceux qui l'ont fondée ne cherchaient pas en Amérique une liberté, religieuse notamment, qu'ils avaient déjà à Amsterdam. Mais le comptoir idéal. Qu'ils ont trouvé. Là où la mer remonte en est le long de la presqu'île de Manhattan, bordée en ouest par l'embouchure de la rivière Hudson: un port maritime en eaux profondes, longtemps le plus grand du monde, face au Vieux Continent, au coeur d'un dispositif insulaire reliant idéalement les terres et les mers pour y faire, le plus pragmatiquement du monde, la seule chose qu'on y fait aujourd'hui encore. De l'argent. Avec des marchandises. Avec des biens immobiliers. Avec de l'art ou de la mode. Et même avec de l'argent.
Depuis que le maire Giuliani a engagé 4000 nouveaux policiers, New York n'est plus le Bronx d'autrefois. On s'y promène en sécurité, à toutes heures et presque partout. La 42e est méconnaissable. Jusqu'à la fin des années 1980, cette rue appartenait aux proxénètes. Dont l'industrie drainait avec elle son cortège obligé de dealers et autres criminels plus ou moins organisés. Une dose de volonté politique et une loi toute simple ont réglé la question: l'offre publique de services sexuels est interdite aux abords des écoles. Comme il y a plus d'une école par kilomètre de rue new-yorkaise, la clientèle des restaurants, commerces de proximité et autres boutiques branchées remplace aujourd'hui celle des salons de massages et des peep show d'hier, et leur faune convenue de fournisseurs en substances diverses et gorilles spécialisés en sécurité privée et en recouvrement de créances interlopes.
La rue Malcolm X, dans le quartier noir de Harlem, est bordée d'élégantes bâtisses. Sans doute pas les plus chères, mais peut-être les plus agréables de tout Manhattan. Au vu de son architecture, cette rue n'a jamais été pauvre. Avant de devenir révolutionnaire, Fidel Castro s'en était fait exclure, pour détention illicite de poulets vivants en appartement. A deux pas de là, dans Central Park, la piscine publique est gratuite. Il fait plus de cent degrés Fahrenheit. J'y retourne de ce pas.
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11.07.2011
Mendicité : le problème s’appelle Isabel Rochat
L’attitude des troupes de Madame Rochat face caméra (MAP 10.07.2011) en dit long sur l’absence de conduite du Département genevois de la Sécurité, police et environnement. Des collaborateurs qui affichent leur démotivation active face à une loi démocratiquement adoptée par le Grand Conseil et qui justifient leur déprime par une contestation de la légitimité cette même loi ne font pas seulement acte de sabotage administratif : ils violent grossièrement le principe de la séparation des pouvoirs. Avec, en prime, cette suffisance genevoise parfaitement insupportable : on sait que pendant que notre administration cantonale divague, l'action efficace des policiers zurichois, bernois et tessinois, pour ne citer qu’eux, conduit les mendiants à déplacer leur activité et leur séjour vers les rives accueillantes du bout du Lac. Madame Rochat, cessez donc d’attirer les mendiants à Genève !
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07.07.2011
La Suisse est l’avenir de l’homme
(Chronique parue dans le Nouvelliste du 27 juin 2011)
Toi qui n’es pas mort à Madrid, écoute les indignés d’aujourd’hui, Camarade. Là bas, sur la Plaza del Sol. Et ceux d'Athènes, où notre siècle saigne. Entends leur rejet de la Gauche. Et de la Droite. Détaillants d’un même grossiste. Européen. Coupable d'avoir tendu un miroir. Aux alouettes. Entends leur rejet de la politique des politiciens. Et la soif d’une politique des citoyens : des élus intègres, des solutions locales, un contrôle démocratique. Direct. Le référendum et le droit d’initiative. A Madrid et à Athènes, la Suisse aurait de beaux jours devant elle, non ?
Toi qui vibre pour la Palestine, Camarade, écoute les indignés du printemps arabe. Entends leur répudiation des puissants de l’Internationale socialiste. Coupables d'avoir volé leur nation. D'avoir volé leurs espoirs. Ecoute cette soif de politique citoyenne : des leaders mais intègres, des solutions mais locales, un contrôle des appareils, mais directement par le peuple. A Tunis, au Caire, à Damas, la Suisse se présente comme l’avenir de l’homme.
Et Rome, Camarade, où le peuple vient de dire « non ». Par référendum, je vous prie : non à l’immunité des princes. Non aux lois faites sur mesures. Par les politiciens. Pour les politiciens. Un non qui claque au vent, comme un coup de feu nocturne sur la péninsule des arrangements. Où tout se négocie depuis des lustres. Droite, Gauche, entendues. A commencer par les chaines de télévision. Une au Parti communiste, une autre pas. Un non qui rappelle celui des Suisses. Le dimanche soir.
Et toi qui crois en la terre, Camarade, celle de ceux qui la cultivent. Ecoute, les peuples du monde qui rêvent, à haute voix, de disposer, comme toi en Suisse, de leviers politiques. Capables de juguler, un tant soit peu, les vents brutaux de la mondialisation économique sortis de la boite de Pandore du droit international.
Alors, Camarade, admets le une bonne fois. Rester maître chez soi, ça ne procède pas d’une démarche de contemplation nostalgique d’un passé révolu ! Pas à Madrid, pas à Athènes. Ni à Tunis, ni au Caire, ni à Damas, ni à Rome. Ni dans les champs cultivés du monde entier. Ni en Suisse. Etre maître chez soi, c’est le moyen le plus actuel et le plus sûr, pour tous les peuples du monde, de se réconcilier avec eux-mêmes. Et d’assumer un destin politique.
Alors, vote Camarade. Tant que tu peux voter, vote. Et ne donne jamais, jamais aux juges le pouvoir de te dire ce sur quoi tu auras le droit (ou pas le droit) de voter. Crois en la démocratie directe, même en Suisse ! Et chante, avec Aragon ou sans lui, mais chante avec moi : La Suisse est l’avenir de l’homme.
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