22/08/2007

Le transfert bébête de compétences : un contresens dangereux

D'aucuns nous rebattent inlassablement les oreilles de leur croyance aveugle en plus de paix et de sécurité par le transfert tout aussi aveugle d’un maximum de compétences nationales vers des structures interétatiques, notamment l’Union européenne. Une manière un rien binaire de se venger des Etats nationaux, responsables du déclenchement de deux guerres mondiales qui ont sinistré le 20ème siècle. Ils s’en vont ainsi bêlant de façon péremptoire que le salut de l’humanité passera par l’affaiblissement de la souveraineté  nationale, puisqu’en privant les Etats d'un maximum de leurs compétences on obtient, c’est garanti, un monde nécessairement plus pacifique, plus ordonné et plus sûr. C’est là un contresens dangereux. Car dans l’ordre international, dont personne ne conteste l’utilité, les structures interétatiques prennent des  décisions ou adoptent des plans de mesures dont elles sont ensuite condamnées à confier la mise en œuvre aux seuls acteurs possibles que sont les Etats. Personne en effet, sinon les Etats, ne disposent de la souveraineté nécessaire à l’action. Ainsi, lorsque l'OMS aura sonné l'alarme de la pandémie aviaire, par exemple, on ne verra rien d’autre que des Etats nationaux mettre en œuvre les mesures préconisées, chacun sur son territoire et chacun selon ses capacités. On constatera de très grandes inégalités dans l'efficacité dont feront montre les uns et les autres et on remarquera que leur force respective dans l’action ne se mesure nullement au nombre de compétences déléguées à des entités tierces mais bien au contraire au degré de souveraineté effective dont chacun sera capable. L’efficacité sera nationale ou ne sera pas, la force de chacun tenant au degré de cohésion interne, à la vigueur du sentiment d'identité, donc d’appartenance et de solidarité. Ainsi les Etats au service de communautés nationales cohésives, fondées sur un vouloir vivre ensemble effectif, réunies par des symboles forts,  s’en sortiront-ils singulièrement mieux que les agrégats politiques flous sans loyautés affirmées. Ni slogan creux, ni contemplation nostalgique d’un passé prétendument révolu, «rester maître chez soi » représente l’impératif politique le plus actuel et le plus sûr, de même qu’une réponse active aux défis de la mondialisation.

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