01/10/2007

Le Conseil d’Etat règne mais ne gouverne pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec sa présentation du budget 2008, on attendait du Conseil d’Etat qu’il expose (enfin) sa politique pour Genève. Il n’a été question que d’observations d’ordre météorologique : beau temps conjoncturel et tempête sur les taux d’intérêts.

Ce n’est pas faire de la politique que de constater que la santé de l’économie genevoise est  si bonne, en dépit de la dette et de déficits publics dissuasifs, que l’impôt fait tomber de l’argent dans les caisses de l’Etat comme s’il en pleuvait (250 millions de recettes fiscales supplémentaires annoncées). Pour réjouissant qu’il soit, ce constat peut être laissée aux chroniqueurs économiques dont c’est le métier, de même que son constat corollaire, à savoir que la bonne marche des affaires a eu pour heureux effet de diminuer sensiblement le taux de chômage cantonal.

C’est faire de la politique, en revanche, que d’annoncer qu’en dépit d'une conjoncture de rêve, le déficit 2008 s’élèvera à 121 millions de francs et qu'en dépit de la baisse du chômage l'aide individualisée augmente encore de 70 millions supplémentaires.

Une politique digne de ce nom implique que l’on explique les motifs derrière les chiffres autrement que par les fatalités de la péréquation confédérale ou de la volonté populaire. Et surtout que l’on réponde par un plan d’action crédible aux questions que soulèvent les constats : Comment se fait-il en particulier que l’aide individualisée explose (plus 70 millions) pour avoisiner le milliard, soit un septième du budget de l’Etat, alors même que le chômage est en baisse. Certes, il y a les aides aux rentiers AVS ou aux handicapés, qui par nature ne sont pas concernés par la baisse du chômage, mais pour le reste ? Comment se fait-il que la reprise économique ne se traduise pas par une diminution des aides nécessaires ? Comment se fait-il qu’il y ait à Genève un si grand nombre de personnes valides et en âge de travailler, incapables de subvenir à leur entretien sans l’aide de l’Etat sur un marché cantonal du travail qui accueille aujourd'hui l’Europe entière ? Sous peine de « reine-d’angleterrisation », le Conseil d’Etat, qui s’est fixé pour objectif de remettre Genève sur ses rails, ne peut être dispensé de présenter une politique, qui porte sur l’assainissement des fondamentaux du Canton. Personne en effet ne croit vraiment que c'est av
ec des constats de nature purement conjoncturelle que l’exécutif cantonal pourra prétendre s'être approché un temps soit peu de la solution au déficit de l’Etat, qui est structurel.

D'autant que, contrairement à l'engagment pris d'une réduction de 1% par année, aucune diminution des effectifs de l'Etat n'est constatée et que, sur le front de la dette, on n’annonce rien d’autre qu’un timide espoir de la voir diminuer d’elle-même de quelques centaines de millions (sur treize milles millions) par les seules vertus d'une conjoncture compatissante.

15:54 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

Commentaires

Monsieur le député,
Je crois qu'il vous manque une donnée à l'équation. Le sytème politique actuel fait la part belle à toutes les combines.

Je m'explique, vous avez une majorité dite de gauche qui gouverne à droite sur les points où elle sait qu'elle a besoin des partis de l'Entente et à gauche sur ceux qui assurent sa cote de popularité.

De cette façon il tient le Gd Conseil à distance car celui-ci est plus que largement dominé par les partis qui gouvernent.

Le malheur dans tout ça c'est que les deux seuls partis qui pourraient faire avancer les choses en terme de rupture des combines, à savoir le MCG et vous, sont totalement incapables de mener une action qui mettent réellement les partis gouvernementaux en difficulté.

Pire de stuprides querelles de personnes réduisent dangereusement vos actions salutaires à tous les deux.

J'en veux pour preuve que l'UDC ne soutient pas le MCG dans ses dénonciations de réelles magouilles (SIG, fondation de valorisation, Jobin, HUG, etc) ce qui, au lieu de vous renforcer tous les deux, fait la part belle au club des 5 qui se partagent les rennes du pouvoirs!

Comment expliquez-vous cela?

Il ne faut donc pas s'étonner si le conseil d'Etat règne et ne gouverne pas, pour une fois c'est l'UDC qui est le mouton.
Est-ce dans l'espoir secret de pouvoir avoir une place dans leur étable? si c'est ça, c'est vraiement boeuf!

Allons Monsieur le député, au lieu de vous lamenter sur le comportement indadmissible du conseil d'Etat, mettez le mouchoir sur vos rancoeurs et coalisez votre action avec les seuls qui conduisent une action politique sans concession, le MCG.

Moi non plus j'aime pas Stauffer, et alors? Est-ce que cela l'empêche de mener les bons combats? NON NON et NON. La politique n'est pas une balade de santé ni une affaire de mauviettes. Vous-même et d'autres dans l'UDC avez une réelle valeur ajoutée mais une retenue peut-être trop grande. Stauffer c'est le contraire, peu de valeur ajoutée personnelle mais un total manque de retenue parce qu'il n'a pas peur.

Une action politique s'analyse à ce qu'elle produit. Il faut admettre que les affaires sorties parle MCG sont plutôt cropquignolettes.

Allez-y l'UDC est un vrai parti populaire proche de nos préoccupations et courageux. Ne vous contentez pas de dénoncer, refusez ces magouilles et envoyez vos espoirs d'alliance aux orties.
A moins que ce soit le pouvoir votre but ultime.
Ceci expliquerait alors cela?!

Écrit par : Estelle | 01/10/2007

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