25/10/2007

Le centre est un trou noir politique

 

 

 

 

 

 

  

 

Concrètement, le plaidoyer pour un « centre fort » ralliant plusieurs partis susceptibles de partager une croyance centriste n’est qu’un appel au  suicide collectif. Le « centre » ne désigne en effet rien en politique sinon le point d'intersection qui résulte, au cas par cas, de la dialectique gauche-droite ; il n’y aura donc jamais d’identité politique forte au centre. Pire, la position centriste n’existe pas puisqu’elle ne se dessine qu’en réaction aux affirmations politiques d'un pôle de droite opposées à celles d'un pôle de gauche. Partout en définitive,  le centre n’est nulle part a priori, ce qui constitue en outre la négation de l’idée même de l’action politique. Le centre n’est d’ailleurs pas un programme mais une posture, celle qui consiste à laisser à d’autres la tâche d’affirmer des positions politiques et à se réserver le droit d’y répondre en se plaçant à équidistance des unes et des autres. D’ailleurs, si par impossible un parti « du centre » formulait une idée innovante, la dialectique qui s’engagerait  alors avec ses contradicteurs irait placer ailleurs le  centre du débat. Enfin, souvent dans le camp des vainqueurs, le centre ne célèbre jamais ses propres victoires car c’est toujours la victoire d’un tiers que son ralliement a favorisé. Il s’en suit que l’idée de constituer un « centre fort » par la juxtaposition de plusieurs partis centristes est un contresens. En adoptant à plusieurs l'attitude opportuniste et parasitaire qui consiste à attendre que les autres définissent le cadre du débat, les membres de cette association centriste et  réactionnaire ne parviendraient qu’à appauvrir le débat et à s’abîmer dans l'insignifiance. Appeler à fonder un centre qui réunirait radicaux, verts et quelques socialistes autour d'un trou noir politique dont le centre serait le PDC revient à lancer un appel au suicide collectif de la politique.

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15/10/2007

Lettre ouverte à Madame Khadija MASRI, représentante de l'Union africaine de Genève

 

 

 

 

 

 

 

Chère Madame,

 

Croyez bien que nous regrettons vivement l’impression de démocratie d’opérette qu’a pu donner de Genève la récente intervention de son ministre de la justice dans le débat électoral qu’il prétend censurer par l’invective et par l’exclusion des quelque 27% de l'électorat votant UDC. Nous espérons que les propos malheureux de Monsieur MOUTINOT ne remettront pas en cause votre confiance en nos institutions, qui restent fondamentalement démocratiques malgré les anathèmes du magistrat concerné, ni celle que vous devez conserver en l’attachement de la grande majorité des citoyens de ce canton au respect de la pluralité des opinions.

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02/10/2007

Avec ou sans filtre ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Constatant que l'intégralité des commentaires rédigés par les lecteurs de mon blog soulevait de manière générale des questions intéressantes, j'avais pris le parti de supprimer le filtre qui permet d'écarter les messages qui dépassent les bornes de la bienséance ou du droit pénal, jusqu'à ce qu'un message laissé par un courageux anonyme apparemment admirateur d'Eric STAUFFER ne m'incite à restaurer le filtrage.

 

"Il aura fait peu de bien dans sa vie celui qui n'aura rien su de l'ingratitude"

(Jacinto BENAVENTE 1866-1954)

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01/10/2007

Le Conseil d’Etat règne mais ne gouverne pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec sa présentation du budget 2008, on attendait du Conseil d’Etat qu’il expose (enfin) sa politique pour Genève. Il n’a été question que d’observations d’ordre météorologique : beau temps conjoncturel et tempête sur les taux d’intérêts.

Ce n’est pas faire de la politique que de constater que la santé de l’économie genevoise est  si bonne, en dépit de la dette et de déficits publics dissuasifs, que l’impôt fait tomber de l’argent dans les caisses de l’Etat comme s’il en pleuvait (250 millions de recettes fiscales supplémentaires annoncées). Pour réjouissant qu’il soit, ce constat peut être laissée aux chroniqueurs économiques dont c’est le métier, de même que son constat corollaire, à savoir que la bonne marche des affaires a eu pour heureux effet de diminuer sensiblement le taux de chômage cantonal.

C’est faire de la politique, en revanche, que d’annoncer qu’en dépit d'une conjoncture de rêve, le déficit 2008 s’élèvera à 121 millions de francs et qu'en dépit de la baisse du chômage l'aide individualisée augmente encore de 70 millions supplémentaires.

Une politique digne de ce nom implique que l’on explique les motifs derrière les chiffres autrement que par les fatalités de la péréquation confédérale ou de la volonté populaire. Et surtout que l’on réponde par un plan d’action crédible aux questions que soulèvent les constats : Comment se fait-il en particulier que l’aide individualisée explose (plus 70 millions) pour avoisiner le milliard, soit un septième du budget de l’Etat, alors même que le chômage est en baisse. Certes, il y a les aides aux rentiers AVS ou aux handicapés, qui par nature ne sont pas concernés par la baisse du chômage, mais pour le reste ? Comment se fait-il que la reprise économique ne se traduise pas par une diminution des aides nécessaires ? Comment se fait-il qu’il y ait à Genève un si grand nombre de personnes valides et en âge de travailler, incapables de subvenir à leur entretien sans l’aide de l’Etat sur un marché cantonal du travail qui accueille aujourd'hui l’Europe entière ? Sous peine de « reine-d’angleterrisation », le Conseil d’Etat, qui s’est fixé pour objectif de remettre Genève sur ses rails, ne peut être dispensé de présenter une politique, qui porte sur l’assainissement des fondamentaux du Canton. Personne en effet ne croit vraiment que c'est av
ec des constats de nature purement conjoncturelle que l’exécutif cantonal pourra prétendre s'être approché un temps soit peu de la solution au déficit de l’Etat, qui est structurel.

D'autant que, contrairement à l'engagment pris d'une réduction de 1% par année, aucune diminution des effectifs de l'Etat n'est constatée et que, sur le front de la dette, on n’annonce rien d’autre qu’un timide espoir de la voir diminuer d’elle-même de quelques centaines de millions (sur treize milles millions) par les seules vertus d'une conjoncture compatissante.

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