08/01/2008

2008 - Plaidoyer pour une droite déniaisée

 

 

 

 

 

 

 

 

La droite suisse est victime d’une double illusion. Qui sévit autant à l’UDC que dans les rangs de l’Entente bourgeoise. Et qui lui plombe durablement toute chance de peser efficacement sur le cours politique des choses. Cette illusion est celle qui consiste à exiger un système de valeurs commun à toute la droite. Or, il y a à droite plusieurs types de référents. Il faut en prendre acte.

En régime de multipartisme, les convergences politiques sont affaires de programmes ; d’actions concrètes, pas de croyances, pas d’idéologie, pas à droite. Sur la terre, où l’action politique a vocation de déployer ses effets, les actes sont premiers, ici et maintenant. Les alliances ne résultent pas de la célébration commune de célestes valeurs, ni de styles de communication adoptés en communs, mais de la mise en œuvre de programmes négociés, dont le respect se mesure à l’aune des votes au parlement, pas des déclarations de principes grands ou petits[1].

Aussi, est-ce une illusion mortifère que celle qui donne à croire faussement, tant à l’UDC que chez les autres factions de droite, que l’on ne peut tirer à la même corde électorale ou mettre en œuvre un programme commun qu’une fois obtenu de l’autre un ralliement formel à ses propres valeurs et mœurs politiques. Fâcheusement conversionniste, cette illusion conduit, côté UDC, à considérer le reste de la droite en conservateurs fourvoyés et, côté droite traditionnelle, à regarder l’électorat UDC en coreligionnaires égarés susceptibles de retour au bercail.

Ce double aveuglement à la différence de l’autre conduit à l’inaction commune. Et consume les uns et les autres dans un sentiment réciproque d’agacement. Voire de trahison. Injustifié dès lors que l’on chercherait en vain un système de valeurs identique à tous. C’est à tort que l’UDC attend de ses alliés potentiels un ralliement à ses valeurs conservatrices et considère les hésitations de la droite libérale comme la trahison d’un patriotisme commun. C’est en vain que la droite traditionnelle attend de l’UDC un ralliement à l’ère du temps et dénonce ses coups de gueules comme des dénis de suissitude.

« We should agree to disagree », diraient nos voisins anglo-américains avec un pragmatisme qui devrait convaincre. Car la droite, conservatrice ou libérale, a tout pour elle à l’heure où l’on admet, enfin, que le socialisme appartient aux siècles passés, le XIXème pour la théorie, le XXème pour l’expérimentation. Elle a pour elle, en particulier, un programme d’action commune incontesté, évident même. Qui ne découle pas de la primauté d'un panthéon partagé mais du primat de la liberté économique, de la sécurité des biens et des personnes et de la maîtrise des dépenses publiques. Dans ces trois domaines, c’est un constat, toute la droite est unie, conservatrice ou libérale, elle vote à l'unisson ou presque au fédéral comme dans les cantons. Reste à offrir à cette convergence de vues la force d’action qu’elle mérite et qu’elle exige aujourd’hui. Les citoyens contribuables se moquent éperdument de savoir au nom de quels grands principes les uns et les autres entendent conduire les réformes qu’ils attendent, pourvu que celles-ci adviennent, pourvu que leur quotidien soit plus libre, enfin, plus sûr et moins  taxé. C’est ce que la gauche a compris et pratique, à rebours, depuis longtemps.

Qu’y a-t-il de commun en effet dans le ciel de gauche, entre le panthéon néo païen régressif des uns et le rationalisme laïco-progressiste des autres? Quel système de valeurs commun a-t-il présidé à l’union des adorateurs de Gaïa d’une part, à ceux de la Croissance économique de l’autre? Aucun. Jamais déesse Gaïa, mère de toutes les divinités - donc du climat courroucé dont les prêtres verts sont seuls à savoir solliciter les indulgences par des offrandes appropriées -  ne cohabite avec sa rivale Croissance, mère de tous les dividendes, que les oracles roses capturent pour l’Etat, par leur connaissance révélée des arcanes fiscaux. Et pourtant ! Verts et socialistes s’entendent pour former des majorités, même lorsque leurs positions sont au départ minoritaires, ravissent ensemble les exécutifs et savent conduire une politique commune antilibérale très efficace, garantissant  à la fois l’insécurité des biens et des personnes, l’imperméabilité de l’Etat à toute réforme et des niveaux d’imposition et d’endettement public durablement vertigineux. Comment la gauche accomplit-elle ce prodige ? En vivant sur terre, chose dont la droite s’est montrée jusqu’ici incapable, alors même que c’est elle - et ce n’est pas le moindre des paradoxes – qui fournit à la politique les moyens bassement matériels de son action.

Vivons donc sur terre, les citoyens contribuables nous en saurons grés.

Bonne année 2008 !


 

 


[1] Appuyez-vous sur les principes, il finiront bien par céder…  (Oscar Wild)

14:10 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |

Commentaires

Vous n'êtes pas digne de mettre cette image sur votre blog.

Je vous prie de bien vouloir l'enlever, merci!

Et svp arrêter de dire des mensonges sur la gauche, alors que vous êtes un parti qui appauvrit les suisses!

Je sais que de toute façon vous ne publierez pas mon commentaire, mais au moins sachez que vous êtes dangereux pour notre république et je le dirais tous les jours à toutes les personnes que je rencontrerai!

Écrit par : citoyensuisse | 28/03/2008

Vous n'êtes que politique (et éleveur de moutons), cher Monsieur.
Veuillez par conséquent considérer l'ensemble des citoyens et non pas le quart de la population (qui n'est que le quart, une minorité parmi tant d'autres). Vous devez considérer l'ensemble de la population et vos délires politiques: la Suisse en rit, la Suisse s'en fout. Le monde voit bien que vous êtes sans aucune saveur, et dénué de bon sens citoyen: vous ne voyez que ce que vous désirez voir: des moutons.

Merci, sans nous. Merci. sans vous.

Écrit par : Bengali | 09/09/2008

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