05/01/2009

Le temps de la synthèse

 

 

 

 

J’ai la faiblesse de croire que le parti auquel j’ai adhéré, et c’est la raison de cette adhésion, incarne le retour en force des valeurs conservatrices. Racines des libertés et de la prospérité qui ont fait la Suisse. Il ne s’agit pas d’une démarche de contemplation nostalgique d’un passé révolu. Mais de la volonté de participer à la plus actuelle des démarches politiques : S’assurer que la Suisse de demain sera réconciliée avec elle-même. Cette démarche contient, je le pense, la réponse active à trois défis parmi les plus pressants du moment : La  crise d’identité, qui déboussole individus et familles, mais aussi écoles, entreprises et jusqu’aux institutions de l’Etat. Le vide ouvert par le bradage des valeurs héritées, avec la perte de vue du bien commun et la fatigue sociale qui en résultent. La déconfiture financière de l’Etat, programmée par l’évolution démographique et par la paralysie d’une classe politique minée par le clientélisme et la peur du changement.

 

Outre Atlantique, on a parlé de « révolution conservatrice ». Il s’agit tout simplement de respirer l’air du XXIème siècle. A pleins poumons. De quoi ce siècle est-il fait ? D’une série de paradoxes. En particulier, de l’improbable cohabitation du pragmatisme le plus cru, fruit de la mort des idéologies. Et d’une certaine redécouverte des valeurs en général. Y compris de la spiritualité et de la foi chrétienne : Premiers résultats d’un « choc des civilisations » qui a marqué l’après guerre-froide, avec la mondialisation de l’économie et les migrations. Et puis ce fait : les jeunes votent aujourd’hui à droite. De plus en plus. Contrairement à leurs parents. Ceux qui ont eu vingt-cinq ans en 1968 toucheront l’AVS dès cette année. Et cette génération, aujourd’hui passée, avec ses idéologies, a un bilan. Qui s’effondre sous son propre poids. La critique du bilan post soixante-huitard ne fait que commencer. Timidement. Elle sera vitriolée. Nous aurons l’occasion d’y revenir.  Car son héritage est celui d’une génération fâchée, c’est banal, contre ses propres parents. Qui en quarante ans,  c’est moins banal, n’est pas parvenue à se défâcher. Cet échec a un poids : Insoluble adolescence. « Il est interdit d’interdire ». Eternelle déconstruction. Défense de toucher aux droits acquis. Remise en question quasi impossible.

 

Le retour des valeurs conservatrices implique-t-il de faire table rase des quarante dernières années ? Certainement pas. Il suffira d’en faire la critique. Faut-il éprouver de la nostalgie pour ce qui avait cours avant mai soixante-huit ? Pas plus. On ne remonte pas le cours de l’histoire. Disons simplement qu’il  y a eu une thèse, incarnée par la génération d’entre deux guerres. Que cette thèse fut niée par l’antithèse de la révolte de mai soixante-huit. Et par le projet de société qui a suivi. Qu’aujourd’hui est venu le temps de la synthèse. Une synthèse qui ose se nourrir de la tradition. En reconnaissant calmement le caractère pérenne de valeurs héritées. Y compris de temps très anciens.  Tout en usant de la liberté de ton et de critique. Acquis de mai soixante-huit. En en usant très librement. C'est-à-dire contre ses auteurs.

 

A tous, une exaltante année 2009.

16:15 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |

Commentaires

Bonne Année 2009 !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/01/2009

Va pour le premier paragraphe. Dans le second : "Et d’une certaine redécouverte des valeurs en général. Y compris de la spiritualité et de la foi chrétienne" ne me parait de loin pas une raison de se réjouir. Les croyants de quelque foi que ce soit ne sont jamais que des humains qui renoncent à leur premier privilège d'Homme (Homo, pas vir ): penser par soi-même, ne pas être l'esclave d'une croyance des premiers âges de l'humanité, quand on ne savait rien sur rien...Les religions, toutes les religions, quelles qu'elles soient ne font qu'abaisser l'Homme au rang de la bête, humble et soumise. Notre monde occidental a lutté longtemps pour mettre les curetons et les pasteurs à leur juste place, celle d'idiots de fonctionnaires de la Foi juste bons à proférer quelques inepties quand votre maman passe l'arme à gauche. Croyez-moi, si votre projet politique passe par la revalorisation de la calotte, il est mal barré: Les curetons et les idiots parpaillots font plutôt dans la dentelle altermondialiste. Pas de crèche vivante sans un Joseph très noir et une Marie très blanche : cela correspond aux canons de l'érotisme chrétien...(bientôt Marie sera remplacée par un pasteur blanc et gay, on parie ?).
C'est là que vous verrez le plus de séquelles 68-tardes. Vous l'écrivez vous-mêmes : les jeunes commencent à voter à droite ! Oui, mais pas dans les églises. Vous avez entendu les délires de Genoud sur les Croisades ce matin sur RSR1 ? Alors, par pitié, pas de revalorisation d'Ecône, merci.

Point 2 : Les 68 tards n'ont pas gagné leur révolution, faut-il vous le rappeller. L'été venu, ils sont tous partis en vacances au bord de la mer avec papa-maman. Et peu après, les frouzes ont voté Charlot sur le mode soviétique. Il serait donc temps de ne pas attribuer à César ce qui appartient à Séguéla et alii. Car ces gens-là ont su exploiter 68, et transformer en réalités inmeptes des slogans mal compris.

Vous n'arriverez à rien en ne comprenant pas ces deux choses très simples : la religion, c'est l'ennemi de tout le monde et 68, c'est un phantasme de bourgeois. De droite.

Écrit par : Géo | 05/01/2009

"avec la perte de vue du bien commun"

Ah bon? Montrez-nous quand et comment il était tenu compte de ce "bien commun"... Et vous aurez bien de la peine, car il n'a jamais existé.


"En reconnaissant calmement le caractère pérenne de valeurs héritées."

Quelle valeurs? Les valeurs chrétiennes? Mensonges et crimes commis pendant deux millénaires au nom de cette foi. Toutes mes félicitations pour ces "valeurs" en effet exemplaires!

Les jeunes votent à droite? Simple préparation pour la prochaine guerre mondiale. Bis repetita... Au nom des "valeurs" bien sûr.

Écrit par : Johann | 05/01/2009

Géo : d’accord avec vous, sauf pour employer le terme de FROUZE, lequel n'est
ni Genevois ni distingué, et moins encore digne de vous. Laissons le à Stauffer et à ses schnocks avinés.
Quand j’étais gosse, les Français appelaient les Suisses des CORNIAUDS…
Les uns et les autres valent mieux que ces insultes infantiles.

2.-Nidegger : la clause GUILLOTINE existe bel et bien :
ARTICLE 25 ALINEA 4, du traité.
Encore conviendrait-il de le lire, ce traité, avant de faire le mariole à bon compte!
Quant à vos "valeurs chrétiennes", je partage le point de vue de Géo et de Johann, et je crois que vous ne savez pas de quoi vous parlez.

Écrit par : csny | 13/01/2009

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