29/01/2009

Le 8 février, la Suisse n’a rendez-vous qu’avec elle-même

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Chronique parue dans Le Nouvelliste du 29 janvier 2009

Armé des droits populaires, le peuple suisse est un cauchemar permanent pour ses autorités communales, cantonales et fédérales. Il n’y a pas de raison qu’il en aille différemment envers l’Europe. Sauf à renoncer à ce que qui fait l’essentiel de la Suisse.

Qu’adviendra-t-il des nations d’Europe ? Quand l’Union européenne se sera substituée aux Etats qui lui ont donné vie. Quand elle leur aura succédé. Pour autant qu’on l’aime assez pour la transmettre, la langue française régnera. Sur une région d’Europe. Où elle restera vénérée comme une civilisation. Ailleurs, ce sera l’Allemand. L’Italien ou le Polonais. Les nations définies par la langue survivront, sans doute, à l’éclipse des Etats nationaux. Et la Suisse? Qui n’a pas de langue. Ni de religion commune. Ni d’allégeance historique. La Suisse dont la culture nationale est une construction politique. Faite de fédéralisme et de droits populaires. Que l’on pratique en toutes les langues. De Bâle à Lugano, de Coire à Genève. Mais nulle part en Europe. A l’exception des Cantons suisses. Existera-t-il, demain, une région d’Europe parlant le fédéralisme et la démocratie directe ? Il nous revient d’en décider. Et je crois que c’est  la question première que pose le vote du 8 février. En tant que nation, la Suisse ne survivrait pas à une adhésion à l’Union européenne. Car l’exercice des droits populaires est incompatible avec son fonctionnement. Le peuple l’a bien compris. Les élites politiques aussi. A leur manière. Le paquet scélérat du 8 février est une invitation explicite à renoncer à l’exercice effectif des droits populaires. Avec en toile de fond, mais ce n’est qu’un décor, la libre circulation et la menace du grand frère européen. Le piège est tendu : Deux questions diversement appréciées. Dont les réponses entrainent des effets juridiques opposés (résiliation de sept accords en cas de non à la  reconduction ;  maintien de ces accords en cas de non à l’extension). Une seule réponse possible. Un viol. Un vote historique aussi. Comme l’a été celui du 6 décembre 1999. Car dire oui le 8 février, c’est consentir au sabotage. De notre culture nationale. C’est accepter, comme le Conseil fédéral nous y invite,  de renoncer à l’exercice effectif de droits qui sont consubstantiels à la nation Suisse. La Suisse du 8 février a moins rendez-vous avec l’Europe, qui ne lui en demandait pas tant, qu’avec elle-même. Qu’avec ses élites. Qu’avec sa propre culture politique. Qu’avec sa volonté de vivre. La démocratie directe dérange ? La belle affaire ! Un peuple qui cesserait de déranger ceux qui étendent l’administrer aurait cessé d’exister.

Rester maîtres chez soi n’est ni une exigence exorbitante ni une démarche de contemplation nostalgique du passé. C’est au contraire le moyen le plus actuel et le plus sûr pour la Suisse de se réconcilier avec elle-même. Et de survivre. Dans un monde ouvert. Où tous les peuples rêveraient d’avoir en main, comme en Suisses mais pour combien de temps encore ?, des leviers politiques susceptibles de faire obstacles aux vents brutaux de la mondialisation économique.

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Commentaires

1. L'Europe existe, se construit, fait ses règles
2. La Suisse, au centre de l'Europe, n'est pas autarcique, elle adopte de facto les règles européennes

Soit on l'admet et on retrousse nos manches pour faire face.

Soit on refuse l'adhésion pour les bilatérales, puis on refuse les bilatérales pour rien du tout, on se met la tête dans le sable, on fait l'irresponsable. Et à la fin on adhère sans condition. Bravo l'UDC.

Écrit par : Vincent Rossi | 29/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Nidegger,

Vincent, nous ne serions pas le premier pays d'Europe à refusr les règles de Bruxelles. La France les a refusées, l'Irlande les a refusées, et certains pays scandinaves n'en veulent pas non plus.

La merveilleuse Europe où le pouvoir d'achat s'écroule comme un château de carte, où le chômage est en train d'exploser, les entreprises doivent s'entourer d'un parterre de juristes pour conclure la moindre affaire car il est pratiquement impossible de connaître les rouages extrêmement pointus de l'administration européenne.

Le refus des bilatérales transformé comme par miracle en adhésion pur et simple ?... après les closes guillotines, l'adhésion... décidément, on aura tout entendu...

Mesdames, Messieurs, c'est les accords bilatéraux le 8 février sinon vous sucerez tous des glaçons le 9... :o)

Comme le dit très bien M. Nidegger, le peuple suisse est un vrai cauchemar pour toute les entités politiques, car si il lui arrive d'avoir tort, le peuple ne se trompe jamais.

Et c'est tant mieux !

Ensuite pour terminer, nous sommes, jusqu'à preuve du contraire, un peuple souverain d'un pays souverain et nous n'avons rien à justifier envers quiconque.

Nous sommes libres de faire nos choix sans être constament menacés de tout et son contraire.

Pour terminer, le 8 février le peuple s'exprimera et quelle que soit sa décision, nous devrons la respecter et prendre les mesures qui découleront d'un choix ou d'un autre car nous aurons du pain sur la planche dans les deux cas de figure.

De toute manière l'année 2009 sera une catastrophe économique et les accords bilatéraux ne changeront rien à cette donne qui déborde largement le nombril européen bruxellois.

Bravo à M. Nidegger pour son analyse pertinente,

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 29/01/2009

"nous sommes, jusqu'à preuve du contraire, un peuple souverain d'un pays souverain et nous n'avons rien à justifier envers quiconque. Nous sommes libres de faire nos choix sans être constament menacés de tout et son contraire." Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu...

Écrit par : Nicolas | 29/01/2009

La Suisse est soluble dans l'Europe, M. Nidegger. Plus exactement, grâce à M. de Rougemont, elle lui a déjà offert son principe fondateur: une alliance qui fait fi des langues nationales et des différences religieuses. Si elle devait finir par l'intégrer, il est évident, pour tous les observateurs objectifs, que sa tradition démocratique lui survivrait et très probable qu'elle se transmettrait peu à peu au grand ensemble.
Lorsque vous affirmez que les élites politiques ont compris que l'exercice des droits populaires était incompatible avec l'entrée dans l'UE, vous mentez. Je connais personnellement plusieurs représentants éminents de ces élites qui pensent exactement le contraire. A commencer par le chef des négociateurs suisses lors de la préparation des bilatérales, qui doit tout de même savoir de quoi il parle. Vous devriez arrêter de confondre l'UDC avec le reste du pays. C'est très mauvais pour vos visées exécutives.

Écrit par : Philippe Souaille | 29/01/2009

Moui...

je suis pas sûr que la "tradition démocratique" de la Suisse survivrait si bien que ça.

Un exemple, en Suisse, les lois sont soumises à référendum, ok, or les directives européennes pour s'intégrer dans l'ordre juridique suisse prendraient la forme de lois fédérales, soumises à référendum, avec ce risque que le peuple refuse l'application d'une directive jugée impertinente, ce qui mettrait la confédération aussitôt en porte-à-faux avec ses obligations européennes, et l'obligerait à payer des sommes confondantes pour non application du droit communautaire.

En quelques années, on supprimerait "au nom de la supériorité du droit européen" le référendum pour les lois d'application des directives européennes (plus de 50% de ce que serait devenue la production de notre parlement)... bye bye démocratie.

Faut pas rêver, l'Europe nous ferait avaler de sacrées couleuvres, sans enlever les écailles et avec du gravier.

bien à vous

Écrit par : Mat | 29/01/2009

« Si elle devait finir par l'intégrer, il est évident, pour tous les observateurs objectifs, que sa tradition démocratique lui survivrait… »

Comment ose-t-on dire que notre tradition démocratique survivrait à l’adhésion, alors qu'un jour Bruxelles imposera à ses membres, pour faire très court, le mariage des invertis, l'adoption par les homosexuels, la polygamie pour favoriser l'intégration de nos « frères » musulmans, l'appel du muezzin…*, toutes choses sur lesquelles nous serions consultés ?

« …et très probable qu'elle se transmettrait peu à peu au grand ensemble. »

Sous les applaudissements frénétiques du Parlement de Strasbourg et de la Commission…, que le suffrage universel terrorise !

Avec le suffrage universel, l’euro n’existerait pas. Le TCE non plus. L’élargissement à la Bulgarie et à la Roumanie n’aurait pas eu lieu. L’adhésion des 10 de 2004, aurait certainement été rejetée si l’on en juge par l’abyssale indifférence des peuples lors de l’accueil des nouveaux venus. La Turquie, même avec ses obscènes chantages gazoduqueux, n’aurait aucune chance…

J’ajoute qu’à l’exception des Allemands, je ne vois aucun peuple européen capable de faire un usage économiquement soutenable de la démocratie directe. Les Italiens auraient déjà ramené l’âge de la retraite à 52 ans et les Français se seraient déjà accordés une huitième semaine de congés payés !

* Les crétins qui n’en finissent pas d’ânonner que nous sommes contraints de suivre l’Union – qu’ils disent ! – européenne sans pouvoir « dire notre mot », négligent complètement le fait que la non-adhésion nous laisse libre de nos choix de société, ce qui est essentiel. Et tant pis si nous ne pouvons dispenser nos lumières sur la composition de la gomme des timbres-poste et sur la normalisation des sculptures de la bande de roulement des pneus de tracteur.

Écrit par : Scipion | 29/01/2009

Bonjour Monsieur Souaille, je m'attendais un peu à vous lire ce matin, tout à la fois moralisateur et menaçant. Continuez, ce genre de poncifs fait progresser le non en Suisse romande depuis que vous les prononcez. Comme vous, je nourris une grande admiration pour les textes de de Rougemont, en particulier "Mission et démission de la Suisse", auquel vous semblez faire une référence un peu approximative.

Écrit par : Yves Nidegger | 29/01/2009

Olà! M. Nidegger

" Et la Suisse? Qui n’a pas ni ni .. ni d’allégeance historique.
La Suisse dont la culture nationale est une construction politique. Faite de fédéralisme et de droits populaires (...)"

Vos propos sont-ils volontairement contradictoires et choquants? ... ou ne suis-je qu'une fausse suissesse pour être capable de suivre votre équation?

La Suisse sans allégeance historique?
Pour mes ancêtres de la March et via le Grütli, la Suisse en avait pourtant une...
Même qu'elle servit de base à quelques constitions démocratiques ou à quelques autres chartes ou institutions droitsdel'hommistes bien nées suisses. Non?

"La Suisse dont la culture nationale est une construction politique. Faite de fédéralisme et de droits populaires "
(ça fait-y pas friser quelques constitutionalistes dans le coin?)

Comment dire?
Voulez-vous dire que pour vous, la culture nationale d'un pays ne se construit réellement qu'au travers de bonnes vraies guerres affirmant le nationalisme digne d'une grande nation, de son drapeau et de ses élus?

Ou voulez-vous dire que la démocratie suisse ne peut être réelle parce que construite sur une culture faite de fédéralisme et de droits populaires?
Ou les 2 en 1?

Avez-vous lu la constitution suisse?
Regrettable que l'esprit du libéralisme de ce vieux texte ne vous apparaisse pas comme l'expression d'une démocratie avancée.

Regrettable que la "culture suisse" vous semble limitée à ce point... quelles sont vos racines alors? pauvre culture du monde où vous vivez...

Vous reste le chocolat: je vous donne la recette d'une bonne mousse au chocolat, avec une bonne vodka polonaise, si vous voulez.

En fait: a quel escient partager-vous un tel point de vue en ces jours?

Ne vous en faites-pas pour moi, mes ancêtre & les autres - il nous reste partout des esprits libres et Jean Ziegler à Genève, pour l'avancement des débats sur ces idées de "culture" et de démocratie avancée, dans un monde où tout le monde en crève de besoin.

Écrit par : grandmère | 29/01/2009

..."une alliance qui fait fi des langues nationales et des différences religieuses."

Tant que la prospérité est là. Le jour où ça ira vraiment mal, la Confédération éclatera. Comme une vulgaire Yougoslavie.


"Si elle devait finir par l'intégrer, il est évident, pour tous les observateurs objectifs, que sa tradition démocratique lui survivrait et très probable qu'elle se transmettrait peu à peu au grand ensemble."

Par un licencié ès utopies. Une de plus. Si l'UE était démocratique cela se saurait. Il est vrai que votre conception de la "démocratie" n'est en rien démocratique. Il suffit de voir la "démocratie" à la française aujourd'hui. Les citoyens français n'ont d'autres recours que la grève pour se faire entendre face à des dirigeants bornés qui peuvent pratiquement tout se permettre.

Écrit par : Johann | 29/01/2009

« Tant que la prospérité est là. Le jour où ça ira vraiment mal, la Confédération éclatera. Comme une vulgaire Yougoslavie. »

Je ne doute pas une seule seconde que c’est à quoi vous aspirez goulûment au plus profond de vous-même, mais vous devriez réfréner votre enthousiasme pour éviter une trop grosse déception… Je pourrais certes vous dire que la Suisse a connu bien des crises économiques, voire politiques, et qu’elle s’en est toujours sortie intacte, mais là n’est pas son unicité …

Ce qui caractérise la Suisse, ce qui fait qu’elle n’est comparable à rien de ce qui existe au monde, ce qui fait aussi qu’elle ne saurait servir de modèle à la « construction » européenne, c’est qu’elle s’est développée, en cinq cent vingt-trois ans, par l’adhésion successive et libre des peuples qui la composent.

A l’opposé, la vulgaire Yougoslavie, comme vous dites, était – comme l’Union européenne - une construction arbitraire et bâclée, qui a éclaté deux fois en l’espace de septante-quatre ans, une première fois en 1941 avec l’invasion allemande et la création de l’Etat indépendant de Croatie, une deuxième fois, la « bonne » en 1992. Soit dit en passant, la Tchécoslovaquie a eu un parcours identique, avec la création, en 1939, de la République slovaque.

Sur le fond, la différence fondamentale réside en ceci que la Suisse est une Nation au plein sens du terme, alors que la Yougoslavie - comme la Tchécoslovaquie -, ne l’a jamais été.

Mais qu'est-ce donc qu'une Nation ? Ernest Renan en a donné la définition lors d’une conférence fameuse, faite en Sorbonne le 11 mars 1882. Schématiquement : la Nation est un ensemble d’individus partageant une histoire commune et la volonté d’avoir un avenir ensemble.

On notera, pour l’anecdote, qu’au cours de cette même conférence, Renan s’étonnait déjà de la singularité helvétique : « Comment la Suisse, qui a trois langues, deux religions, trois ou quatre races, est-elle une nation, quand la Toscane, par exemple, qui est si homogène, n'en est pas une ? »

Mais l’exception était là et, à en juger par l’absence de tout tendance sécessionniste autre que groupusculairement folklorique, elle le restera encore longtemps. A condition, tout de même, qu'elle n'aille pas suicidairement se dissoudre dans le babélisme européen…

Écrit par : Scipion | 29/01/2009

Puisse la clairvoyance des uns troubler menteurs et convaincre les indécis! Les arguments de Longchamp dans la presse d'aujourd'hui ne convainquent que sa petite caste, indifférente au sort des "nos chômeurs", ce dans l'espoir de disposer à tout-va d'un vivier de pauvres déracinés. Sous couvert d'ouverture, les bénis-OUI-OUI veulent plus de bureaucratie (alors que les instruments légaux existent déjà et que rien ne changera dans la réalité des échanges commerciaux), plus de gens disponinibles à leur service. Et puis, il faudra encore plus de pistons pour obtenir un poste ailleurs, avec ce type de fonctionnement!

La libre circulation des personnes ou des marchandises : sur le même mode! Traiter les gens comme de la vulgaire marchandise est un manque d'éthique élémentaire!

Dans un monde déjà déraciné, le système prôné par les partisans du OUI entraînera encore plus de paupérisation et le sentiment d'être étranger pour tout le monde! Par exemple, les Portugais viennent travailler en Suisse, les Bulgares au Portugal, les Roumains en Bulgarie, les Espanols en France, les Roms en Italie et les Italiens, qui comptent plus de gens à l'extérieur de leur terre que dans la péninsule italique, n'auront plus qu'à s'expatrier sur une autre planète!

Si vous voyez ce que je veux dire... décidément, ça ne tourne pas rond ce genre d'incitation. Si c'est pas se moquer des électeurs, ça y ressemble!

Écrit par : Micheline | 29/01/2009

Micheline: ce qui n'est pas éthique, c'est que les capitaux et les marchandises ont la liberté de circuler alors que les personnes ne l'ont pas. Pour être cohérente, vous devriez donc demander la fin de la libre circulation des capitaux et des marchandises. Avec une bonne argumentation, vous pourriez attirer ma sympathie.

Écrit par : Vincent Rossi | 29/01/2009

Scipion, vous dites des bêtises. Je pensais qu'au moins, vous aviez quelques notions d'histoire. L'UE s'est formée, peut-être un peu vite, en intégrant les pays qui le souhaitaient. La Suisse, ce n'est pas vrai. Le canton de Vaud, le Tessin, entre autres ont été conquis par les armes. Et dans un bain de sang qui a teinté de rouge le lac de Morat pour le Canton de Vaud.
La révolution neuchâteloise du 1er mars, qui a marqué l'adhésion, n'a pas fait beaucoup de morts, mais elle en a fait. Quant à la guerre du Sonderbund, lorsque les cantons catholiques et conservateurs ont voulu faire sécession, elle fut aussi rapide que sanglante. Et sans Napoléon, dont l'acte de Médiation veut bien dire ce qu'il veut dire, la Suisse n'existerait peut-être plus...
Le fait est que les tendances centrifuges sont une réalité naturelle en Suisse (il n'est qu'à voir les tentations autonomistes du MCG) et que la prospérité commune est certainement le plus puissant dénominateur commun. Bien plus fort que la démocratie directe dans les faits. Sans oublier quelques recettes machiavéliques et règles non écrites telles que la répartition géographique des Conseillers Fédéraux.
La proposition de les élire au suffrage universel, faite par l'UDC, serait très certainement un coup fatal porté à l'unité nationale, car les romands deviendraient l'exception...
Sur ce coup, Johann a raison.

Écrit par : Philippe Souaille | 29/01/2009

« Le canton de Vaud, le Tessin, entre autres ont été conquis par les armes. Et dans un bain de sang qui a teinté de rouge le lac de Morat pour le Canton de Vaud. La révolution neuchâteloise du 1er mars, qui a marqué l'adhésion, n'a pas fait beaucoup de morts, mais elle en a fait. »

Monsieur Souaille, Monsieur Souaille. Ce n’est pas le canton de Vaud qui a été conquis par les armes, c’est le Pays de Vaud, qui faisait partie des terres de la Maison de Savoie et il n’a pas été annexé à la Confédération, mais est devenu possession du canton de Berne.

Il a donc simplement changer de domination, en 1536. C’est bien plus tard, au début du XIXe siècle, que les Vaudois exprimeront leur volonté de faire partie de la Confédération.

De même pour le Tessin, territoire dominé par Côme et Milan, puis divisé en baillages par les Confédérés. Quant à la Révolution neuchâteloise, dont je n’ai pas le souvenir qu’elle ait fait des morts, elle était dirigée contre le roi de Prusse, dans une intention évidente de rapprochement avec la Suisse.

C’est qu’à ce moment-là déjà, les Neuchâtelois se considèrent, et sont considérés, comme Suisses depuis longtemps, comme le démontre, par exemple, la première lettre de Jean-Jacques Rousseau au maréchal de Luxembourg, du 20 janvier 1763.

Les Suisses ont même déjà une identité qui les distingue des peuples voisins : « …les Suisses ont aussi tous à peu près les mœurs, mêlées de l’imitation des autres peuples et de leur antique simplicité. »

On l’ignore souvent, mais des pays comme la Suisse, l’Allemagne et l’Italie ont été considérés, par leurs contemporains, comme des régions distinctes et homogènes bien avant d’être enserrés par une frontière nationale.

« Et sans Napoléon, dont l'acte de Médiation veut bien dire ce qu'il veut dire, la Suisse n'existerait peut-être plus... »

Comme elle existait, identitairement, déjà avant Napoléon (voir ci-dessus), rien n’indique qu’elle n’aurait pas existé après, puisque nulle part ne se sont manifestées des velléités sérieuses de rattachement à l’Italie, à l’Allemagne, à l’Autriche et, à plus forte raison, à la France.

« Quant à la guerre du Sonderbund, lorsque les cantons catholiques et conservateurs ont voulu faire sécession, elle fut aussi rapide que sanglante. »

Le Sonderbund a été un mini-soulèvement sans réelle adhésion populaire et la facilité avec laquelle les divisions ont été surmontées montre bien que ce qui reliait était plus profondément enraciné que ce qui divisait, c’est-à-dire que le lien fédéral était plus fort que les différents aspects d’un choix de société, plutôt abstrait, concernant bien davantage les classes supérieures de la société que les populations.

Ce qui fait que je ne vois pas bien où vous voulez en venir en contestant l’aspect libre et volontaire de l’adhésion des cantons à la Confédération, tout en vous focalisant sur le turbulent XIXe siècle. Je le vois d’autant moins bien qu’hier comme aujourd’hui aucune région ne s’est vue réellement indépendante et aucune non plus n’a jamais envisagé son rattachement à un grand pays voisin.

Vos spéculations sont donc sans aucun fondement, élections des conseillers fédéraux par le peuple ou non.

J’attire votre attention aussi sur la naissance, à la même époque que la Suisse, d’un autre pays, sans identité nationale, lui, et qui, de ce fait, n’a jamais réussi à exister en tant qu’entité homogène, qui n’y est jamais parvenu et qui n’y parviendra jamais : la Belgique.

« Scipion, vous dites des bêtises. Je pensais qu'au moins, vous aviez quelques notions d'histoire. »

Vous vous serez trompé. Je vais combler cette lacune dans les plus brefs délais, mais au vu de ce qui précède, ce n’est pas chez vous que je viendrai suivre des cours.

Écrit par : Scipion | 30/01/2009

Scipion, vous jouez sur les mots et précisément, je ne me focalise pas sur le XIXème qui n'est qu'un moment de l'histoire. Lorsque les Vaudois ont exprimé le désir de devenir canton suisse, ils étaient occupés par Berne depuis 4 siècles. Idem du Tessin. Si vous demandiez à une province française annexée à la France depuis plusieurs siècles si elle souhaite rester française (La Bretagne, l'Occitanie, ou même plus récemment la Savoie ou la Franche-Comté) elle dirait oui, évidemment. N'empêche que c'est bel et bien le fruit d'une annexion.
Quant à la Révolution neuchâteloise, lorsque les gens du haut sont descendus chez ceux du bas (qui étaient les aristocrates), c'était effectivement pour chasser le représentant du Roi de Prusse, qui était Prince de Neuchâtel comme avant lui la Duchesse de Nemours et quelques autres. Il y eut 2 morts.
Genève ne devint Suisse que sur le tard, non sans quelque mouvements de troupe, l'histoire des relations avec la Suisse étant assez élastique,genre je t'aime moi non plus depuis plusieurs siècles.
On pourrait multiplier les exemples. La formation de la Suisse est d'abord le fruit d'une expansion militaire, qui fut stoppée en 1515, à Marignan, par un certain François 1er. A l'époque et durant les siècles qui suivirent, la plupart des cantons n'étaient pas du tout démocratiques, mais dirigés par des artistocraties urbaines. Seuls les cantons primitifs pratiquaient la Landsgemeinde.
Mais bon, vous avez le droit de croire l'histoire officielle inventée par les historiens du milieu du XXème siècle, précisément pour conforter l'Unité nationale. C'est juste exactement comme ce que faisaient les Staliniens.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/01/2009

"Je ne doute pas une seule seconde que c’est à quoi vous aspirez goulûment au plus profond de vous-même, mais vous devriez réfréner votre enthousiasme pour éviter une trop grosse déception…"

MDR!
C'est génial, Chipeur fait les questions et les réponses. Plus besoin de me triturer les méninges. Chouette! Du repos.

Plus sérieusement. Vous êtes un total gros nul en psychologie. Quel fantasme!


"Je pourrais certes vous dire que la Suisse a connu bien des crises économiques, voire politiques, et qu’elle s’en est toujours sortie intacte, mais là n’est pas son unicité …"

Les "crises" en Suisse jusqu'à présent c'est peau de balle. Rien de vraiment sérieux. Même la dernière guerre mondiale n'a pas affecté la Suisse outre mesure. Les terrains de foot ont été transformés en champ de patates, et voilà. Attendons la fin du pétrole, si vous le voulez bien. Par exemple. Ou la 3ème guerre mondiale. Oh, mais peut-être vous êtes trop âgé pour voir encore arriver la fin du pétrole? Désolé! C'est pas de chance! C'est vrai qu'avec la dépression qui s'annonce, nous allons retarder quelque peu le déclin inexorable du moteur économique actuel.

"Ce qui caractérise la Suisse, ce qui fait qu’elle n’est comparable à rien de ce qui existe au monde, ce qui fait aussi qu’elle ne saurait servir de modèle à la « construction » européenne, c’est qu’elle s’est développée, en cinq cent vingt-trois ans, par l’adhésion successive et libre des peuples qui la composent."

Oui, bon pour Genève ça fait quand même moins de 200 ans. Moins que les USA. Et puis tout ça, c'est du blabla idéologique. La *Suisse* se transmettrait donc par les gènes? Autrement personne n'a une mémoire individuelle de plus de 50 ans. Et après 50 ans elle devient obsolète. Parfois même avant. Et vos "523" ans bidons de "développement" n'ont pas effacé le Roestigraben. La Suisse vit sur un coffre fort. Qui lui assure sa prospérité. S'il n'y a plus de coffre-fort... qui vivra verra. Ce qui est sûr c'est que les humains se comportent comme des rats quand il n'y plus assez à manger pour tous. Suisses ou pas Suisses. Et la barbarie est toujours au coin de la rue.

Il n'y a que les millénaristes ou les juifs pour croire qu'un Etat est éternel.

Sic transit gloria mundi et confoederationis helveticae.

Et ce que je dis de la Suisse est a fortiori valable pour l'UE.

Moralité: cultiver votre jardin.

Écrit par : Johann | 30/01/2009

J'ajouterai que la Suisse vivait sur un coffre-fort ET sur un système consensuel basé sur la paix du travail, la solidarité, la démocratie directe et une échelle des salaires mesurée. L'échelle des salaires est le premier de ces points essentiels à la cohésion de l'ensemble à avoir explosé depuis une quinzaine d'années. La solidarité est mal en point...
Or sans ces deux éléments, les deux autres, paix du travail et démocratie directe ne tiendront pas longtemps.
Paradoxalement, pour les sauver, il faut davantage de mondialisation, notamment financière, et dans un premier temps davantage d'Europe, pour permettre de corriger les choses par la fiscalité. Ce qui ne sera pas possible dans un monde où les flux financiers passent les frontières d'un seul clic de souris et en profitent pour faire du chantage.
De droite ou de gauche, l'encadrement des flux financiers par l'Etat est fondamental. Mais seul, l'Etat national ne peut rien aujourd'hui.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/01/2009

Désolé, je suis l'UDC qui était pour les bilatérales et la libre-circulation, mais étant donné que le peuple ne veut pas comprendre, j'ai tout de même voté NON ! Mais, si demain la Suisse est obligée de devenir membre de l'UE, je vous en voudrai à coup sûr !

Avez-vous pris note qu'une nouvelle branche UDC (Berne) a finalement décidé de soutenir le OUI !

NOUS NE SOMMES PAS CREDIBLES ! L'agriculture est pour le OUI et ils représentent beaucoup d'électeurs !

Écrit par : Café | 30/01/2009

« Scipion, vous jouez sur les mots… »

Absolument pas. Ce que je veux dire, c’est qu’aucun Etat indépendant n’a été annexé par la force à la Confédération pour devenir canton suisse et qu’aucun canton ne l’est devenu contre la volonté de ses élites et/ou de ses habitants. Et lorsque les Vaudois ont demandé à devenir canton suisse, ils n’étaient plus occupés par Berne.

« Si vous demandiez à une province française annexée à la France depuis plusieurs siècles si elle souhaite rester française (La Bretagne, l'Occitanie, ou même plus récemment la Savoie ou la Franche-Comté) elle dirait oui, évidemment. »

A moins, peut-être, qu’on ne propose à la Savoie et à la Franche-Comté d’être rattaché à la… Confédération suisse, une double annexion qui, en son temps, a d’ailleurs été refusée par les Suisses. Encore une différence d’avec l’U.E., ils n’ont jamais souhaité s’agrandir « n’importe comment ».

« …l'histoire des relations avec la Suisse étant assez élastique,genre je t'aime moi non plus depuis plusieurs siècles. »

Ce qui n’empêche pas l’existence d’une entité « Suisse » dont les traces les plus anciennes que j’ai retrouvées remontent au début du XVIe siècle (lettres de voyageurs). Cette entité - vraisemblablement beaucoup plus ancienne dans la perception des Européens -, dont les habitants sont généralement appelés Helvétiens, est comprise dans le territoire délimité par les Alpes, le Rhin et le Jura.

Et, plus tard, quand Renan s’étonne de l’existence d’une nation suisse, elle ne doit rien aux historiens du milieu du XXe siècle, ni même du XIXe, si c’est ce que vous avez voulu dire

« La formation de la Suisse est d'abord le fruit d'une expansion militaire, qui fut stoppée en 1515, à Marignan, par un certain François 1er. »

Encore une fois, l’adhésion à la Confédération n’a été imposée à aucun Etat préalablement indépendant ou suzerain d’un autre Etat ! S'il y a eu annexion, l'adhésion libre est intervenue quelques siècles plus tard.

« A l'époque et durant les siècles qui suivirent, la plupart des cantons n'étaient pas du tout démocratiques, mais dirigés par des artistocraties urbaines. »

Mais je n’ai rien contre les aristocraties urbaines, on leur doit une part très importante d’un patrimoine architectural, par ailleurs relativement mince.

A propos de votre deuxième intervention, je dirai simplement qu’un pays ne peut pas exister et tenir pendant cent cinquante ans uniquement sur des critères matérialistes. Cent exemples montrent que de tels Etats ne sont pas viables, n’en déplaise au trotzkyste (repenti ?) que vous êtes.

En ex-URSS, dès que le carcan communiste a été levé, vingt nations ont proclamé leur indépendance, certaines comme la Géorgie, la Biélorussie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et j’en passe, après plus d’un siècle de rattachement à la Russie. ET je ne reviens pas sur le cas de la Belgique.

« C'est juste exactement comme ce que faisaient les Staliniens. »

C’est précisément la preuve la moins réfutable de l’existence des identités nationales. Pauvre Staline obligé de se réclamer de la Sainte Russie, parce ses foutaises matérialistes sont incapables d’assurer la cohésion de son peuple – et pour cause ! Pour l’année 1941, je vous recommande aussi l’appel d’Alexeï Tolstoï aux frères slaves, c’est un tout grand moment d’« ethnisme bolchevique ».


Johann,

Je profite de cette intervention pour vous dire que la discussion « type bistrot » m’horripile à un point tel, que je ne vais plus au café depuis longtemps, pour ne pas subir les imbéciles péremptoires des tables voisines de la mienne.

Écrit par : Scipion | 30/01/2009

Merci Monsieur NIDEGGER au moin il y a eu de belles batailles de mots sur votre blog et tous les pour le oui ne m'ont pas encore convaincu je trouve étrange que personne ne dise bien haut qu’une personne qui apporte la confirmation qu’elle a travaillé 360 jours dans son pays peut simplement travailler 5 jours chez nous pour obtenir les mêmes droits que les travailleurs qui ont trimé souvent durant 30 ans dans notre pays ? Pourquoi ne pas dire qu’un séjour de trois mois dans notre pays est possible sans aucune autorisation ou qu’il est envisageable pour chaque résident concerné par la libre circulation de créer une entreprise en Suisse ? bien joli à ces messieurs de parler du passé du Sonderbund du pays de Vaud et j'en passe sortons du rêve EU et votons NON

Écrit par : Pierre | 30/01/2009

Scipion, vous êtes drôle: les exemples que vous citez ont précisément explosé parce que la crise et les bouleversements économiques les ont laminés. C'est très exactement ce que nous disons, Johann et moi.
Par ailleurs, vous vous contredisez, si vous vous focalisez sur l'adhésion des cantons et donc en gros les deux derniers siècles, il ne faut pas nous bassiner avec les 5 précédents.
Pour votre gouverne, l'Helvétie historique s'arrêtait sur le Plateau. La vallée du Rhône et le bassin lémanique étaient allobroges. Ce qui implique non seulement des différences linguistiques ou de toponymie qui sont restées jusqu'à nos jours, mais également des écarts culturels importants, qui vont du mode de transmission de l'héritage à l'angle de fonctionnement des moulins, vertical ou horizontal... Le Röstigraben est une réalité assez profonde.
Pour ce qui est du trotskysme, vous pouvez dire ex- Mais j'en ai gardé une dimension, la plus essentielle à mon avis, l'internationalisme. Ce qui évidemment nous oppose fondamentalement.
Je pourrai continuer: A Neuchâtel, les élites du bas n'étaient pas d'accord. Et je remarque que vous introduisez cette notion fort à propos. Parce que dans le cas de l'UE, les élites précisément sont très largement pro-européennes. C'est au niveau des catégories sociales moins bien informées que ça coince et encore, elles ne sont pas contre l'Europe mais voudraient davantage de protection. Exactement comme en Suisse d'ailleurs.
Deux sondages réalisés sous l'égide de l'ONU dans une cinquantaine de pays en 2006 et 2007 ont révélé que dans chaque pays, pauvre ou riche, de 60 à 70& de la population souhaitait une gouvernance mondiale plus efficace. Ce n'est plus qu'une question de temps. Vous êtes un fossile cher Scipion. Ce qui réussirait presque à vous rendre sympathique, si vous n'étiez pas aussi désagréablement persuadé de la supériorité de vos racines culturelles et ethniques.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/01/2009

Scipion, il est normal que M. Souaille mélange le "canton" de Vaud et le "pays" de Vaud. N'oubliez pas qu'il est, entre autre, "Helvète" depuis peu !! Pour finir, il faut voter NON car "Le peuple des bergers est libre sur sa terre" et ce n'est pas normal de se rendre aux urnes avec un pistolet sur la tempe ! Souvenez-vous que, en 1992, Delamuraz et Felber, déjà à cette époque, nous mentaient comme des arracheurs de dents !

Écrit par : Octave Vairgebel | 30/01/2009

Amusant Vairgebel. Quel âge avez-vous ? Parce que personnellement, cela fait 48 ans que j'ai commencé à apprendre l'histoire suisse à l'école. Comme cela ne peut donc être une question de formation, j'en conclus que pour vous, la suissitude est une notion génétiquement acquise.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/01/2009

« Scipion, vous êtes drôle: les exemples que vous citez ont précisément explosé parce que la crise et les bouleversements économiques les ont laminés.

Je suis peut-être drôle, vous, vous êtes ridicule. Les Géorgiens n’ont pas voulu être pleinement et librement Géorgiens par que des bouleversements économiques avaient laminé quelque chose. Pas plus que les anciennes colonies n'ont voulu être indépendantes parce que des bouleversements économiques avaient laminé quoi que ce soit.

Cette négation des peuples a quelque chose d'absurde. C'est très français, au demeurant, et le communautarisme des immigrations allogènes va en faire tomber plus d'un de son haut.

« Pour votre gouverne, l'Helvétie historique s'arrêtait sur le Plateau. »

Mais qui vous parle de l’Helvétie historique ? Ce dont je vous parle moi, c’est de l’Helvétie que les gens percevaient, il y a quelques siècles, voire plusieurs. Quand Rousseau parle des Suisses, il sait qu’il y a des différences linguistiques et toponymiques, et aussi des différences culturelles.

Quand au XVIe siècle, on parle de l’Allemagne ou de l’Italie, on sait aussi qu’il y a des différences culturelles considérables, ça n’empêche pas ces entités d’exister en tant que telles, y compris pour leurs habitants.

« Le Röstigraben est une réalité assez profonde. »

Bien moins que le fossé qui sépare les Lombards des Siciliens, ça n’empêche pas l’Italie d’exister et de bien exister. Et puis, il y a une chose marrante. Le Roestigraben serait l'expression d'un problème, alors que partout ailleurs, le multiethnisme, le multiculturalisme, le multilinguisme, loin d'être un problème, serait une richesse faramineuse.

Voudriez-vous dire qu'il y a des peuples qui ne sont pas faits pour vivre ensemble ? Alors, il vous faut aller expliquer cela fissa à M'sieur Bayrou. La France attend un leader politique qui se dresse vraiment contre l'immigration-invasion et contre la tiers-mondisation du pays.

Pour le reste, je vous laisse à vos vaticinations – les prisonniers de Guantanamo m’attendent -, qui ne sont, tout compte fait, qu’une resucée des rêveries de Charles Fourier, modèle XIXe rectifié XXIe siècle. Quelque chose dont on rira dans cent ans, comme on rit des phalanstères aujourd'hui :o)

« Scipion, il est normal que M. Souaille mélange le "canton" de Vaud et le "pays" de Vaud. N'oubliez pas qu'il est, entre autre, "Helvète" depuis peu !! »

Et cela explique aussi que son identité française lui interdit de comprendre l'identité helvétique. Vous avez bien fait de me signaler ce "détail". Merci. Pour ce qui du vote, j'ai déposé nos deux NON, ce matin même. Encore que j'entrevoie un OUI se situant entre 51 et 53 %...

Écrit par : Scipion | 30/01/2009

" Parce que personnellement, cela fait 48 ans que j'ai commencé à apprendre l'histoire suisse à l'école. Comme cela ne peut donc être une question de formation, j'en conclus que pour vous, la suissitude est une notion génétiquement acquise."

Apprendre est une chose, éprouver en est une autre. Et il ne faut jamais oublier cet "agrégat d'idées et de sentiments que tous les individus d'un même pays apportent en naissant", dont parle Gustave Le Bon.

Un phènomène auquel vous devez être sensible vous qui portez presque jusqu'à la caricature cette tendance, si typiquement française, à l'universalisme, à l'idéalisme et au désintéressement, dont parle André Siegfried, dans "L'âme des peuples".

Écrit par : Scipion | 30/01/2009

Monsieur Souaille, vous êtes bien jeune ! Cela fait, peut-être 48 ans que vous essayez d'apprendre l'histoire suisse mais je constate que vous avez encore beaucoup de lacunes ! Pour assimiler notre histoire il faut être Suisse et non pas bi-national ! L'erreur que nos gouvernants ont fait, c'est d'accepter des citoyens qui, étant bi-nationaux, ne sont pas 100% suisses ! Nous ne pouvons pas nous réclamer ressortissants de deux pays différents. Personnellement je suis d'origine suisse depuis plusieurs siècles mais je ne suis pas responsable de ce fait. D'autres se réclament de notre nationalité alors qu'ils ont payés un certain prix pour acquérir notre passeport ce qui ne prouve rien ! Santé, conservation, à dans 15 jours à la même heure ! (C'était, pour celles et ceux qui ne savent pas, la réplique finale du 1/4 d'heure vaudois à la RSR il y a déjà bien longtemps) mais cela ne concerne pas les "nouveaux suisses" ! Allez, n'oubliez pas de voter NON la semaine prochaine !

Écrit par : Octave Vairgebel | 30/01/2009

"L'erreur que nos gouvernants ont fait, c'est d'accepter des citoyens qui, étant bi-nationaux, ne sont pas 100% suisses ! Nous ne pouvons pas nous réclamer ressortissants de deux pays différents."

Et on ne peut pas être loyal à l'égard de deux pays en même temps, tout spécialement quand ces deux pays sont contigus.

Écrit par : Scipion | 30/01/2009

"L'erreur que nos gouvernants ont fait, c'est d'accepter des citoyens qui, étant bi-nationaux, ne sont pas 100% suisses ! Nous ne pouvons pas nous réclamer ressortissants de deux pays différents."

Le point essentiel, à mon avis, c'est qu'un binational dispose de 2 voix en pouvant voter dans deux pays différents. Il a donc plus de droits qu'un simple national.

"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Vaste plaisanterie.


"Pour assimiler notre histoire il faut être Suisse et non pas bi-national !"

Ce commentaire est une saloperie sans nom. Ce n'est même pas drôle.

Écrit par : Johann | 30/01/2009

"Des centaines d'ouvriers étaient en grève vendredi dans différentes raffineries britanniques pour protester contre l'embauche par Total de travailleurs étrangers sur un projet de construction d'une raffinerie à Lindsey, dans le Lincolnshire... Les ouvriers, principalement intérimaires, de Lindsey, troisième raffinerie du pays, ont commencé le mouvement mercredi pour protester contre l'embauche d'Italiens et de Portugais..."

Comme quoi, plus ça change et plus c'est la même chose. L'Union (qu'ils disent) européenne montre, une fois de plus, sa "vacuité citoyenne" et le Frenchkissland cher à M. Philippe Souaille , n'est décidément pas pour demain. Ni pour la semaine prochaine...

Écrit par : Scipion | 31/01/2009

@ grand'mère : Nous avons le chocolat, certes. Mais sachez qu'une bonne mousse au chocolat n'attend pas la vodka! De l'absinthe, produite dans nos verts pâturages peut très bien faire l'affaire! D'autant que beucoup d'illustres Français sont venus s'y abreuver déjà au 19e... Et, soyez assurée que cette mousse-là se vende même très bien, ici même!

Écrit par : Micheline | 31/01/2009

@micheline: il n'y a plus qu'à planter des cacaoyers dans nos "verts pâturages" pour que la Suisse soit enfin indépendante du reste du monde. Et bien sûr, on mangera seuls toute notre production.

Écrit par : gaston | 01/02/2009

@ gaston " Vincent Rossi : tirez-en les conclusions qui chantent! Mais dénigrer nos multiples instruments juridiques existants en vigueur ne fera pas avancer le schmilblick. Plus de paperasses ne rime pas avec ouverture: bien au contraire! La population ne mérite pas qu'on lui raconte des salades.

Écrit par : Micheline | 01/02/2009

Micheline

Pendant que NADAL gagne (mental+muscles de FEDERER contre rage de gagne+dopage),

pourquoi méprisez-vous d'emblée 1 telle bonne recette de mousse au chocolat à la vodka polonaise (à l'herbe, verte bien sûr)? Comme l'anis, la couleur de l'absinthe, dont je connais les sources & recettes locales, est appréciable car lumineuse - suis artiste peintre. Mais n'aime pas son goût.

Ce qui ne vous donne pas le droit d'exclure ces bons braves vieux suisses, ancêtres du confort où vous vivez, grâce à leurs années de sacrifices et de dur travail et impôts, conduisant à une cité acueillant tout requérant d'emploi du Maghreb, de Létonie ou de Tombouctou, vite et facilement placés en concurrence aux chômeurs suisses diplômés, qualifiés, expérimentés, ces requérants d'emploi de France, d'Afrique, de Létonie, de Tombouctou ou autres places de cette planète restant acueillis à GE de façon bien agréable par ces cadres expates, binationaux &/ou issus de l'immigration y faisant leur nid pour sauvegarder l'avenir de leurs pioupiou ne voulant rien savoir, en Suisse.

ABE


Facile d'excomunier, par ignorance, dans vos blogs, tant de vrais suisses, dont je fais partie.

Écrit par : grandmère | 01/02/2009

Moi, mépriser de la mousse à la vodka? Oh, c'est mal me connaître! Pour le reste, je ne vois pas le rapport avec mon commentaire ou le sujet : l'analyse que vous faites des bons braves vieux suisses et les "cadres expates, binationaux, etc.", elle vous appartient.

L'important reste qu'il ne faut pas faire prendre des vessies pour des lanternes et de jouer avec les gens, étrangers ou indigènes...

Écrit par : Micheline | 01/02/2009

@ grandmère
Bonsoir Madame, je voudrais seulement vous dire que la vodka polonaise à l'herbe verte (dit de bison) est la moins représentative du vaste choix de vodkas de Pologne. Goûtez les autres, elles sont les meilleures. Bonne semaine !

Écrit par : amb | 01/02/2009

La SUISSE , doit rester maître chez elle , autrement dit ,NEUTRE et INDEPENDANTE , jamais une maison ouverte a tous les vents , n'a été un refuge pour se mettre a l'abrit , et par les temps qui courent , j'ai comme l'impression que chacune et chacun , a une importance primordiale de conserver le bien immence que nous ont laissé nos ancien , la neutralité et l'indépendance .

Écrit par : VOUILLOZ | 04/02/2009

La Suisse doit rester elle mème,refuser l'Europe actuelle,sauf si elle se fédéralise,mais il y a peu d'espoirs. et la Confédération Helvetique doit annexer la SAVOIE comme elle aurait du le faire déja depuis le traité de vienne en 1815,mais l'histoire réserve de belles surprises parfois...

Écrit par : Freesavoy2018 | 08/01/2010

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