03/02/2009

Longchamp sur les pas de François Mitterrand ?

Est-ce en raison du même prénom ? De la même ambition tranquillement dévorante ? D’une commune passiYves-007305.jpgon pour l’intrigue et l’eau boueuse? D’un goût partagé pour la  duplicité, élevée au rang de grand art ? Ou par pur pragmatisme ? Il reste que François Longchamp a choisi le même allié pour sa campagne en 2009 que François Mitterrand en 1981 : L’extrême droite. Le scrutin proportionnel en 1981, puis les pressions de Mitterrand sur les chaines de télévisions en 1984, pour que celles-ci donnent plus de temps d’antenne à Jean-Marie Le Pen, ont dû frapper l’esprit de notre François local. Mitterrand n’est-il pas parvenu ainsi à asseoir et à conserver son pouvoir face à une droite mortellement divisée. Le coup n’a échappé à personne, François Longchamp ouvre l’année politique en offrant coup sur coup deux débats en tête-à-tête à Eric Stauffer. Garantissant ainsi, sans grand risque pour lui-même, une splendide tribune au Dieudonné genevois : pleine page en une dans la Julie et plateau de Genève à chaud. En attendant la suite. La manœuvre requiert un pince nez mais permet de profiler l’extrémiste genevois dans le débat sur la libre circulation, débat national s’il en est, dans lequel le groupuscule cantonal n’avait en principe pas à tenir une telle place. La stratégie est claire : Permettre au MCG de revendiquer une part du résultat du 8 février et booster ainsi son audience au moment où le caractère odieux du personnage qui l’incarne et le résume l’a usée jusqu’à la corde. En donnant du lustre à l’extrémisme, François Longchamp pense sans doute affaiblir d’autant l’UDC. Et échapper ainsi, le temps d’une année électorale, aux pressions de ceux qui, dans les rangs de l’Entente, aspirent à un renversement de majorité par une recomposition de la droite avec le parti conservateur. Comme le sphinx qui l’inspire, et qui n’a jamais su s’il était de droite ou de gauche, Longchamp prétend rouler pour lui seul. En oubliant que, même à Paris, à trop vouloir la politique de Machiavel, il arrive que l’on fasse la politique de Gribouille. Et que dans un combat tous contre tous, personne ne peut prédire à d’avance qui, du MCG ou du parti radical manquera le quorum d’un cheveu cet automne.

 

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Commentaires

Etait-ce donc le seul objectif de l'UDC en lançant ce référendum ? Se faire un coup de pub partisan ? Effectivement, il y a donc de quoi être amer de penser que votre point de vue xénophobe est défendu par un personnage que vous décrivez comme "nauséabond".

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 03/02/2009

Comme le sphinx qui l’inspire, et qui n’a jamais su s’il était de droite ou de gauche, Longchamp prétend rouler pour lui seul." Quel portrait du plus pur réalisme! Son arrogance, le vide de ses effets d'annonce n'apportent rien à Genève, à l'économie décadente ambiante! La gestion de l'aéroport laisse à désirer à intervalle régulier, l'office du chômage a beaucoup grossi ses rangs mais sans accroître d'efficacité pour endiguer le phénomène et faire en sorte que ceux qui (re)-trouvent un emploi ne soient pas perdants, les problèmes fonctionnels y sont la règle, le traitement des dossiers pourrait même laisser à penser à des favoritismes avérés, etc.

Les défauts prévisibles qu'il aurait agi d'éviter dans un domaine si sensible sont bien là alors que les solutions attendues brillent par leur absence...

Quand est-ce que la population genevoise cessera-t-elle de voter pour un même profil de gens qui se fichent d'elle quotidiennement?

La politique du faire semblant ne doit pourtant faire oublier les réelles responsabilités propres à une telle charge ... Car gouverner, c'est prévoir!

Écrit par : Micheline | 03/02/2009

Stop! Ne critiquez pas Monsieur Yves "Nid de Guerre"!

Si il "pilonne" François Lonchamp, c'est vraiment de bonne guerre (ou du bon marketing?). Car lui et son parti (ou fond de commerce?) sont les seuls vrais concurrents du MCG sur ce "marché" (de dupes?): ils ont le même public cible!

Écrit par : Père Siffleur | 03/02/2009

La comparaison est flatteuse, M. Nidegger notamment en matière de longévité, ce qui en matière politique est fondamental. Je comprend que vous soyez un peu jaloux, car comme le fait remarquer Père Siffleur (et avant lui l'illustre poète de Savièse) le MCG et vous partagez la même clientèle.
En prévision, vous aussi, de cet automne, vous auriez bien voulu être sur la photo à la place du Conducator. Mais vous avouerez qu'il y a une grosse, très grosse contradiction à prétendre accéder à l'exécutif sur une liste commune avec l'Entente, et l'attaquer frontalement sur un domaine aussi essentiel pour l'économie et l'avenir du pays.
Dans la vie, il faut savoir faire des choix. Vous avez fait le vôtre et de fait, il va vous falloir partager les voix de l'extrême droite. Il ne va donc plus vous en rester tant que cela...

Écrit par : Philippe Souaille | 03/02/2009

Foin de morale, cher Monsieur Souaille. Chacun sait que le parti radical a décidé, il y a plusieurs mois déjà, qu'il valait mieux faire perdre la droite cet automne que de prendre le moindre risque pour son siège. Vous réuissirez à perdre, je vous fait confiance. Pour de qui est du siège, on en reparlera.

Écrit par : Yves Nidegger | 03/02/2009

M. Nidegger, qui a décidé quoi ? N'est-ce pas vous qui avez choisi de mettre en péril les bilatérales et donc l'économie du pays ? La clef du ticket avec l'Entente vous avait été clairement notifiée, c'était l'acceptation des bilatérales et de la Libre Circulation.
Vous avez préféré développer une autre stratégie, de peur de vous voir couper l'herbe sous le pied par le MCG. Ce encore une fois, au détriment de l'économie du pays que vous prétendez défendre.
Rendez-vous dimanche... et à l'automne.

Écrit par : Philippe Souaille | 03/02/2009

Soli Pardo qui s’en prend à P.F. Unger et Yves Nidegger qui attaque F. Longchamp ou comment tirer ses dernières cartouches.

Les arguments pour le NON étant décidemment trop faibles, il ne reste plus qu’à tenter de discréditer ceux qui soutiennent le OUI. Quelque part, c’est de bonne guerre, mais en même temps c’est d’autant plus pathos que dans quelques mois ça sera, effectivement, les mêmes qui viendront pleurer parce que l’entente les jugera guerre plus fréquentables que le MCG.

Après l’autre qui s’étonne candidement que son parti soit vu comme xénophobe, ça sent la crise existentialiste à l’UDC genevois….

Écrit par : Vincent | 03/02/2009

Si on comprend bien, les enjeux d'une votation comme celle du 8 février seraient lardés de calculs électoralistes sans rapport? Des politiciens se serviraient d'un scrutin capital pour leur quête personnelle du pouvoir? Ils touilleraient dans leurs salades l'intérêt du pays et leur plan de carrière ? Allons allons, ça se saurait.

Écrit par : bertrand | 04/02/2009

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