25/05/2009

La fuite, l’eurolâtrie et le Conseil fédéral

Chronique parue dans le Nouvelliste du 23 mai 2009

Yves-007305.jpgUne fuite nous a appris que le Conseil fédéral tenait l’échéancier des décisions politiques utiles au suivi des traités : Libre circulation, délai au 1er juin 2009 pour notifier clause de sauvegarde en cas d’immigration excessive. Immigration excessive ? L’article 10 du Traité sur la libre circulation des personnes en donne la définition : une augmentation de plus de 10% du nombre annuel des nouveaux permis de travail UE par rapport à la  moyenne des trois années précédentes. Conséquence : sur simple annonce à ses partenaires, la Suisse peut plafonner à 115'500 unités par année le nombre des nouveaux permis annuels de travail et à 15'000 unités celui des nouveaux permis illimités. Pendant combien de temps ? Vingt quatre mois au plus. Quand ? Avant 2014 : au-delà, la levée des écluses ne souffre plus aucune exception. C’est peu dire que cette clause, dite de sauvegarde, ne fermera pas la Suisse sur elle-même. N’en déplaise aux intégristes de la libre circulation absolue. Dont cette clause aujourd’hui par eux décriée fut en son temps l’argument de campagne favori : « La  libre circulation sera indolore, c’est garanti, car le traité contient une clause de sauvegarde ». « Jamais la Suisse n’assistera les mains liées à une augmentation de son chômage ». A rigueur de chiffres, les conditions d’application de la clause sont remplies en 2009. Elles l’étaient d’ailleurs déjà en 2008. En plein débat sur la libre circulation, le Conseil fédéral n’en soufflait mot. La progression de l’immigration avait été très forte : les 94'000 nouveaux arrivants annuels de 2003 étaient devenus 157'000 en 2007. Avec un nombre de sorties resté stable, jamais le solde migratoire n’avait autant augmenté dans le pays. La levée des contingents en juin 2007 eut ainsi l’effet d’une explosion sur des chiffres déjà élevés. Passé l’échéance du 9 février 2009, les langues statistiques se délient quelque peu : On admet que le corolaire de la libre circulation couplée à la crise, c’est un chômage qui a bondi de 35% entre avril 2008 et avril 2009. Quant on sait que près d’un chômeur sur deux est étranger, la question devient politiquement chaude. D’autant que l’on anticipe une explosion du chômage en Suisse dans les six mois à venir. Cela n’a pas suffi à ce que la question soit abordée très franchement. Encore moins à ce qu’elle soit accompagnée des chiffres actualisés que suppose un débat à la loyale. On s’est contenté d’une fuite. Organisée à point nommé. Pour permettre aux médias de sonder l’opinion : le sondage fut édifiant. Le chœur virginal des adorateurs de la libre circulation eurolâtre a immédiatement retenti, laissant entendre sa polyphonie usuelle : patronat, syndicats, même combat. PLR, PDC, PS et Verts, tous unis. Pour exorciser la Suisse de ses démons. Eloigner ensemble jusqu’au symbole de l’idée d’une régulation à la frontière. Par la foi récitée des croyants. Raides comme l’intégrisme. Message reçu cinq sur cinq par le Conseil fédéral. Qui a pu évaluer le prix politique de l’inaction agendée. Un prix susceptible d’être revu à la hausse au jour de la publication des chiffres du chômage 2009.

10:29 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

Commentaires

Bonsoir, M. Nidegger,
Toujours si pertinent...
Une petite réflexion; certains argumentent le fait que les nouveaux arrivants seraient des personnes plus qualifiées.
Et certaines "têtes pensantes" prônent en tant que solution au chômage des jeunes en Suisse, de monter leur niveau de formation.
Alors, une question:
Ce serait être moins chômeur si on chôme avec plus de diplômes?
Car évidemment, nos personnes qualifiées autochtones seraient en concurrence avec lesdits nouveaux arrivés...
Ce qui ne réglerait pas non plus le problème des chômeurs étrangers peu qualifiés.
Ah, suis-je naïve!
Il suffit de les mettre à l'A.I. selon le célèbre principe du déplacement du problème, comme cela se fait pour la délinquance.

Avec mes meilleures salutations

Écrit par : Mireille Luiset | 26/05/2009

Simplement mais sournoisement, nos dirigeants nous vendent gentillement mais sûrement à l'Europe. L'étau se resserre tous les jours et les chiffres sont tronqués, histoire de faire passer la pilule soporifique, car quand nous nous réveillerons il sera trop tard; nous serons dans l'EU pieds et poings liés.
Seul Christoph Blocher l'avait compris et j'ai bien peur qu'il soit trop tard!
Nous nous constatons tous les jours cette invasion d'employés EU et depuis longtemps, mais comme la politique avance à un rythme escargot nous serons vite dépassés.......et dévorés! D'ailleurs les dirigeants européens le savent bien, c'est pour cela qu'ils enfoncent le clou.....gentillement!

Écrit par : Corélande | 26/05/2009

Bonsoir, M. Nidegger,
Bonsoir à toutes et à tous
(ne me lynchez pas tout de suite, svp, c'est juste une question de blonde ^_^)
Dimanche, dans le journal "le Matin" est paru un article sur le sujet des frais exhorbitants résultant de l'invasion par des espèces animales et végétales étrangères.

http://archives.lematin.ch/LM/LMD/-/article-2009-05-702/jocelyn-rochatjocelyn

Il y est relevé le fait que l'invasion de l'Amérique du Nord par des "chinois" végétaux et animaux annulait l'avantage financier tiré des échanges commerciaux avec la Chine...
Il y est aussi mentionné les coûts collosaux au niveau des dépenses de la santé causé par l'armoise, plante allergéne...
Les dégâts causés par la moule tigrée...
Chiffres qui en comparaison, feraient paraître la facture de l'UBS pour des "cacahuètes"...

Pouvons-nous transposer cela au niveau humain?

Pouvons-nous effectuer une étude aussi objective quant aux coûts réels (santé, logement,chômage,justice etc...) de l'immigration? Au niveau mondial et Suisse, évidemment, tout comme cette étude sur les envahisseurs animaux et végétaux.

Voila, je vais être traitée de sale facho mais j'avais envie de poser cette question :)

Écrit par : Mireille Luiset | 26/05/2009

Les commentaires sont fermés.