25/06/2009

Le secret bancaire est mort, mais pas encore enterré

Yves-007305.jpgCeux qui paient des impôts en Suisse le savent bien : la Suisse n’est pas un paradis fiscal. Elle s’est dotée de la loi anti-blanchiment la plus sévère au monde. Et elle applique plus loyalement que d’autres les traités d’entraide internationale. C’est dire que la capitulation du Conseil fédéral, le 13 mars 2009, aux premières lueurs d’une guerre qui n’était encore que de mauvaise propagande, a de quoi surprendre. Jusque dans les rangs ennemis : la Suisse, qui voyait venir le coup depuis longtemps, n’avait pas l’ombre d’une stratégie de défense !  Drapeau blanc contre liste grise : l’affaire n’avait rien d’un marché, sinon de dupes. Elle fut pourtant conclue. La guerre morale terminée, la vraie guerre a commencé. Fiscale,  économique et politique. Economique, pour les anglo-américains qui font main basse sur la clientèle internationale de nos banques. Politique, pour l’Union européenne qui impose son modèle de société : ultra violet du droit administratif contre pénombres de la sphère privée, raison d’Etat contre libertés individuelles. L’adoption ces jours de nouveaux accords de double imposition entre la Suisse et un nombre arbitraire d’Etat de l’OCDE doit concrétiser les termes de cette capitulation. La réécriture de l’accord sur la fraude, présenté en 2004 comme la reconnaissance européenne du secret bancaire suisse, doit bannir d’Europe jusqu’à l’idée de cette institution.

Cliniquement, le secret bancaire est mort. Qu’elle espérance de vie prêterait-on à une institution qui ne bénéficierait qu’aux Suisses vivant en Suisse à condition de ne posséder ni titres américains ni autres biens imposables à l’étranger. Qui ne s’appliquerait ni aux Suisses vivant à l’étranger, ni aux étrangers vivant en Suisses toujours susceptibles de rendre des comptes à leur fisc d’origine ? La gauche parlementaire ne s’y est pas trompée : elle exige déjà l’abolition pure et simple du secret bancaire. Ce qu’elle obtiendra, si rien n’est entrepris pour renverser la vapeur, comme elle a obtenu la capitulation du Conseil fédéral.

Mort, le secret bancaire, mais pas encore enterré : en l’inscrivant dans la Constitution fédérale, le peuple suisse peut le ressusciter en rendant rétroactivement anticonstitutionnels les traités que ce Conseil fédéral sans stratégie est en train de signer, au nom du peuple suisse. L’initiative est lancée, la récolte des signatures a commencé. Pour les Suisses, une vraie question politique.

11:05 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | |

Commentaires

Les gens de l'UDC ont un art consommé de mettre la Suisse à contre temps de tout. Si l'on peut être d'accord avec le fait que le secret bancaire est "cliniquement mort", à quoi cela peut-il servir que de le ressuciter par un ajout à la constitution?

Bien évidemment à isoler la Suisse, ce qui est l'idéal pervers des UDC... Car plus ce pays sera marginalisé, plus le terreau d'un nationaliste étriqué, tourné vers le passé et rétrograde sera exacerbé... Et cela, c'est leur fond de commerce.

Écrit par : Déblogueur | 25/06/2009

Cher déblogueur, il me semble que vous avez une vision toute étriquée des nouvelles quotidiennes de ce terreau magnifique qu'est l'Europe!
N'y a-t-il pas en Ireland de facheuses attitudes contre les Roms, comme en Italie d'ailleurs. En France de nouveaux problèmes grandissants avec des femmes voilées, type Burqua....! En Espagne des problèmes récurrents avec les Clandestins infiltrés, de même qu'en Grande Bretagne! Et c'est dans ce monde-là que vous voudriez que l'on se noie?
Ah oui, vous parliez du secret bancaire! M. Christoph Blocher en demandait son inscription dans la constitution avant son élection au CF. Si on avait un tant soit peu écouté avant de critiquer, voire éjecter, nous n'en serions pas là!
Dès lors que cette "nécessité" s'imposait depuis longtemps, dites-nous pourquoi c'est seulement maintenant que les pays européens, idem US, qui s'écroulent lentement mais surement; tous à boire la tasse avec leurs dettes abyssales, ne viennent que maintenant nous mettre au pilori, si ce n'est pour combler, en partie, leurs puits sans fonds. (cf. les propos de M. H-R. Merz aujourd'hui face aux yeux globuleux $$ de Steinbruck!)

Écrit par : Corélande | 25/06/2009

Le secret bancaire, c'est comme les voitures sans ceinture de sécurité ou sans catalyseur, ou comme la liberté de fumer en tuant son collègue de travail ou son voisin, ou comme le mur de Berlin, ou comme le disque vynil, ou comme les facsimilés, ... c'est un truc qui doit disparaitre.

Le secret bancaire, c'est ringuard. Ca ne sert qu'à une minorité qui se moque de la majorité et vole la communauté.

Écrit par : Praline | 25/06/2009

Je me demande qui est Corelande et si elle est aussi jolie que son pseudonyme. Mais je constate que je suis tout a fait d'accord avec elle.

Chere Corelande je vous propose de lire ma reaction a l'article de Me Nidegger concernant l'initiative sur le secret bancaire.

Quand a DEBLOGUEUR, il debloque.

Bien sur que nous devons nous mettre a contretemps d'une Europe qui n'est qu'un clone de l'OTAN avec en plus les defauts de feue l'Union Sovietique. Cet EUROTAN va etre entraine dans une nouvelle guerre a force de provocations envers la Russie et a force de n'etre pas defendue. Il faut revenir a la neutralite integrale et armee jusqu'aux dents. Voila ce qu'il faut si nous voulons eviter d'etre entraines dans la 3eme guerre europenne que les fous comme Fogh Rasmussen, Sarkozy, l'Angela Merkel, Oncle Sam et Cie nous preparent.

Comment faire autrement que de resister au danger?

Cette Europe belliciste, fiscaliste et totalitaire est un danger public pour les Europeens.

Voila pourquoi la majorite de la populations des Etats qui nous entourent, qui se mordrent les doigts qu'ils ont dans l'engrenage europeen et qui si on leur demandait leur avis voteraient tous comme nouis, comme les Francais et les Hollandais en 2005 et comme les Irlandais en 2008, c'est a dire NON.

Pour nous qui avons encore la chance d'etre en dehors de ces sables mouvants dans lesquels nos voisins sont enlises, il faut que nous ayons un peu de courage pour resister aux sirenes de tous les debloqueurs comme vous.

Écrit par : Banquier au chomage | 04/08/2009

Cette Europe est un danger public pour les Europeens.

Voila pourquoi la majorite de la population des Etats qui nous entourent nous envient de ne pas en faire partie. Ils se mordent les doigts - qu'ils ont dans l'engrenage europeen - et si on leur demandait leur avis ils voteraient tous comme nous, comme les Francais et les Hollandais en 2005 et comme les Irlandais en 2008, c'est a dire NON. S'ils pouvaient, cette Europe ils en sortiraient. Alors pourquoi vouloir a tout prix nous y mettre ?

Écrit par : Banquier au chomage | 04/08/2009

"Voila pourquoi la majorite de la population des Etats qui nous entourent nous envient de ne pas en faire partie..........."
Et pourtant, il y a pas mal de gens chez nous qui pensent que la belle Europe est à conquérir coûte que coûte!

Dommage de s'expatrier en Chine, dans les brumes polluantes. Mieux vaut faire face quitte à orienter sa vie différement! C'est ce que j'ai fait depuis 5 ans, et en effet je rayonne, paraît dix ans de moins que mon âge et suis en harmonie avec ma façon de penser et mes actes "choisis" au quotidien!

Que notre soleil soit à l'unisson du vôtre, cela dit sans chinoiseries, car s'il n'est pas à l'extérieur, qu'il soit en votre intérieur!

Écrit par : Corélande | 10/08/2009

Chère Corélande,

Merci pour vos encouragements. Entretemps je suis revenu de voyage. Pardon, mais je ne vois pas pourquoi vous me déconseillez de m'expatrier là bas si c'est là bas que je peux rebondir et non ici, surtout si le secret bancaire ne ressuscitait pas grâce à M. Nidegger.

Je ne perdrai pas mon patriotisme suisse pour autant et je continuerai à suivre la politique suisse par internet en soutenant l'UDC. Je reviendrai souvent au pays natal, je voterai, si c'est possible aux Suisses de l'étranger, etc.

A mon avis, ce qui est important c'est surtout de rester en dehors de l'Europe, qui est beaucoup trop petite pour la Suisse. La Suisse a besoin du monde entier, pour son commerce, ses banques, sa finance, son industrie, etc. Elle ne doit pas être engluée dans un nouveau blocus continental comme l'UE.

Écrit par : Banquier au chômage | 11/08/2009

Pour moi la cinquantaine est l'heure du bilan intermédiaire! Et peut être le temps de la remise en question! Toujours recommencer n'apporte pas la sérénité, mais du stress, l'incertitude....etc!
C'est la leçon que je tire d'un constat!
C'est aussi pour cela que j'aime mon pays, ses valeurs, son histoire et sa force qui pour moi ne sont traduites qu'au travers de la politique de l'UDC!
Je ne donne de conseil à personne, chacun choisit pour lui, puisque chacun doit assumer ses choix un jour ou l'autre!
-"L'argent empoisonne ceux qui en ont et affame ceux qui n'en ont pas!"
D.H. Lawrence
-"Notre vie est devenue une affaire, autrefois elle était une existence!"
Jacob Burckhardt
Ma vision du maintien du secret bancaire est surtout liée à la liberté et au respect des individus face à la puissance de l'état (qui deviendrait plus Royaliste que républicain). Et pour la Suisse face au monde; la défense de SA démocratie face à un nouvel-ordre-mondial d'Autocrates!
Que votre journée soit belle.

Écrit par : Corélande | 11/08/2009

Les paradis fiscaux ont bien contribué à la crise financière en asséchant toutes les économies “réelles” de la planète et en forçant les individus à emprunter l’argent qui n’existait plus dans les pays. Cette hypocrisie de la “non responsabilité “des paradis fiscaux est insupportable. Une seule solution : l’imposition “à la nationalité” (type étasunienne) et la fermeture pure et simple des échanges financiers avec les pays type suisse.

Écrit par : chien | 14/06/2010

Les commentaires sont fermés.