06/10/2009

L'Europe se suicide, lentement

(Chronique parue dans le Nouvelliste du 6 octobre 2009)

Yves-007305.jpg

Vaincre la résistance irlandaise est une chose. Guérir ses pulsions suicidaires en est une autre. Ce n’est pas dans le Traité de Lisbonne que l’Europe trouvera l’antidote à son épuisement civilisationnel. Et à l’auto-dégoût occidental qui la mine, l’empêchant de se reproduire et de défendre ses valeurs et sa vision du monde. Le mal n’est pas neuf. On se souvient de la collaboration au communisme et de l’appui assumé à l’Union soviétique de nombreux intellectuels et hommes politiques européens. Dès après la deuxième guerre mondiale et jusqu’à la chute du mur de la honte. Ce refus de voir la vraie nature du communisme, danger mortel de tout ce sur quoi est fondé l’Europe, constitue le symptôme accablant à la base du diagnostique de faillite intellectuelle et morale qui a été posé sur le continent durant la guerre froide. Et que rien ne vient infirmer aujourd’hui.

Nos réponses alambiquées face à la terreur djihadiste (attentats de Madrid) et aux attaques antioccidentales de musulmans européens confirment un état de civilisation épuisée qui refuse de se défendre et se borne à exprimer des ressentiments à l’encontre de ceux qui le font, comme c’est le cas de l’UDC en Suisse. La crise démographique, échec de l’Europe à se reproduire, s’est accompagnée d’une allergie mortifère à l’idée même d’assimilation des migrants, sous-employés mais féconds. Le refus de la Constitution européenne de reconnaître l’importance causale du Christianisme fourni un symptôme supplémentaire au même diagnostique. Tout comme l’illusion que l’Europe redeviendra une puissance mondiale lorsqu’elle aura cédé l’autorité nationale de ses Etats membres à une bureaucratie utopique où des techniciens résoudront les problèmes politiques supranationaux à l’abri des contrôles démocratiques effectifs.

Cette idée est dangereuse, dans un monde dangereux où la menace crédible reste la clé. Tout comme sont suicidaires l’absence de volonté des élites politiques et intellectuelles de parler franchement de la violence des déracinés, qui reflète à la fois la culture dysfonctionnelle des immigrés non assimilés, en particulier musulmans, et le cocktail létal que constitue ce mélange de négligence étatique et d’apaisement à la petite semaine qui nous tient lieu de politique. L’initiative anti-minarets est l’expression d’un ras-le-bol populaire. Un cri de détresse, principalement à l’adresse du Ciel. Car son texte ne contient pas de solution au problème posé.

 

09:00 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | |

Commentaires

J'ai trois simples questions!

- Si je vous ai bien compris, les gens d'Annemasse ne font pas partie d'un occident à défendre? Il faudra que vous nous présentiez une carte détaillée de la partie que vous compter défendre. Il y a peut-être même des quartiers de Genève qui n'en feront pas partie.

- Les Genevois de l'UDC sont-ils les seuls occidentaux?

- L'UDC zürichoise, vraiment à l'Est de Genève, est-elle à considérer, comme orientale? Si c'est le cas, cela pourrait expliquer le ras-le-bol populaire vis-à-vis des arrogants zürichois de la Bahnhofstrasse.

Écrit par : Père Siffleur | 06/10/2009

Si je dis: "les fraises des bois" ou les "salades du jardin", est-ce que vous comprenez que les bois ne sont peuplés que de fraises, ou le jardin que de salades ?
Idem donc avec "la racaille d'Annemasse". Bien que je fasse partie des "benêts", je n'ai pas fait l'amalgame avec la population respectable d'Annemasse.

Écrit par : petard | 06/10/2009

"... je n'ai pas fait l'amalgame avec la population respectable d'Annemasse."

Père Siffleur, et David Hiller au 19.30 d'hier soir, non plus. Dans la Tribune de Genève (La lettre du jour) certain Sigurd Maxwell feint de croire que la racaille, ce sont des "malfaiteurs de tout poil", qui ne déplacent pas en train.

En fait, tous spéculent sur la bêtise de leurs lecteurs et auditeurs. Mais, comme tous les spéculateurs, ils ne gagnent pas à tous les coups :o)

Écrit par : Scipion | 06/10/2009

Si vous dites que certaines (quelques unes!) fraises des bois sont pourries, ce n'est pas une raison suffisante pour dire que le transport de tous ces fruits doit être interdit!...
Si, dans la "pub" UDC, vous Pétard, vous avez compris qu'il ne s'agissait en aucun cas de la population respectable d'Annemasse, alors comment expliquez-vous que cette population n'ait pas droit à des transports publics comme tout le monde? Dans cette population il y a aussi pas mal de Suisses qui n'ont pas trouvé à se loger en Suisse par manque de terrains. Non?
Alors que Scipion c'PQ-L sur les papiers des autres, j'en ai rien à cirer!

Écrit par : Père Siffleur | 06/10/2009

@Père Siffleur

Mais, je n'ai jamais dit que la population respectable d'Annemasse n'avait pas droit à des transports publics. Où allez-vous chercher ça ? Je suis même très favorable au CEVA, ne serait-ce que pour désengorger le trafic automobile.
Ce qui est pointé du doigt dans la pub de l'UDC c'est le terme "racaille d'Annemasse", parce que ça permet l'amalgame - pour ceux qui veulent comprendre ce qui les arrange - même s'il n'y en a pas. Que l'UDC genevoise, pour diverses raisons soit contre le CEVA, c'est somme toute son affaire et je m'en balance. Si l'UDC n'avait pas utilisé ce terme, personne n'aurait fait ce foin.
Maintenant, était-ce judicieux ou pas ? Sachant que tout ce qui vient de l'UDC - que ce soit en bien ou en mal - est systématiquement diabolisé par leurs adversaires, je dirais que pour eux, c'est un bon coup politique, puisque ça en a fait un événement "planétaire".

PS
La politique ce n'est pas le Dr Schweizer, c'est foncièrement méchant et tordu, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué.

Écrit par : petard | 06/10/2009

"Mais, je n'ai jamais dit que la population respectable d'Annemasse n'avait pas droit à des transports publics."

C'est la même arnaque qui continue. Que le Père Siffleur, bien que démasqué, y insiste, semble démontrer qu'elle est consubstancielle à ceux qui la pratiquent. Une seconde nature comme qui dirait...

Écrit par : Scipion | 06/10/2009

Hélas comme le relève Stéphane Valente 60% d'absentéisme ça fait mal !
Mais qu'offre le politique à son électorat ?

Soli Pardo sort du bois en ironisant dans son blog, sur la mauvaise lecture faite de son annonce par trop de gens qui ne comprennent décidément rien à rien et pense reprendre ainsi la main.

Personne n'est dupe, le président habituellement ouvert au commentaires contradictoires ferme aujourd'hui son blog à la contreverse...étrange non ?!

En réalité la déplorable atmosphère qui règne entre les chefs au sein du parti, et le one man show du Khalif irresponsable, ont plombé la campagne et fait perdre des sièges au parti laissant sur la touche d'excellents candidats.
Par ailleurs, si il existait une infime possibilité de rapprochement de l'UDC avec l'entente, quatre ans d'efforts sont réduits à néant par l'incurie politique du président encore en place.

Que peut espérer Yves Nidegger pour sa course au Conseil d'État dans un tel climat ???

Enfin un grand bravo au 9 rescapés élus au GC, en espérant que malgré leur éclectisme ils réussiront à former un groupe de travail efficace et que Sieur Bertinat arrivera à digérer l'arrivée de 2 femmes d'un seul coup dans son environnement misogyne.

Á ce propos, nous serons ravi de découvrir au travail Mlle Amaudruz, absente tout au long de la campagne, à l'exception d'encarts publicitaires payants et des confortables lobbies paternels.

Bonne chance à tous !

Écrit par : Ghethev | 12/10/2009

Vous écrivez :
"On se souvient de la collaboration au communisme et de l’appui assumé à l’Union soviétique de nombreux intellectuels et hommes politiques européens. Dès après la deuxième guerre mondiale et jusqu’à la chute du mur de la honte."


"Nombreux" commence à combien, pour vous? En voilà un bel amalgamme.

Je crois me souvenir que quelques-uns, parmi les intellectuels de grand renom, des Gide, des Camus, des Aron, Mauriac, Merleau Ponty, et tant d'autres, pour n'en citer que de Français, ont combattu, qui le communisme, qui le bolchévisme.
Etaient-ils MOINS nombreux, selon vous, que ceux qui en ont vanté les mérites?

Question subsidiaire : quel dogme est en soi le plus néfaste ou nauséabond?
Le communisme
ou
le moonisme?
Pour moi, c'est blanc bonnet bomnnet blanc,
comme disait Duclos, le coco aux mains rouges.

Écrit par : csny | 13/10/2009

Nos réponses alambiquées face à la terreur djihadiste (attentats de Madrid) et aux attaques antioccidentales de musulmans européens confirment un état de civilisation épuisée qui refuse de se défendre(...)

Tout ce qui ne se borne pas à un YAKA
semble alambiqué, pour une UDC bien moins perspicace qu'elle ne le prétend...

Quand admettrez-vous qu'on ne résoudra malheureusement RIEN avec des solutions qui se bornent à une immédiateté bien populiste?

Écrit par : csny | 13/10/2009

M. Nidegger,
Ce matin, après une nuit de réflexions quant à votre prise de position envers l'initiative contre les minarets, j'avoue avoir ressenti un malaise et ma motivation quant au soutien de votre candidature, réduite à zéro...
Mais:
À lire votre texte, il semble que vous soyez conscient de la problématique tant politique que sociale, de la percée d'un islam conquérant, dominant et peu respectueux des terres d'accueils.(et c'est une litote ;) )
À mon point de vue, le refus de construction de minarets sur sol suisse représente un signal fort en politique étrangère.
Un signal de tolérance confessionnale, mais sans faiblesse et "prostitution" quant aux demandes et revendications excessives. Un STOP, en quelque sorte, avant d'en arriver à des situations problématiques graves, comme des jours fériés selon les fêtes musulmanes, suspension d'audiences dans les tribunaux pour cause de ramadan etc...
Il est à relever que dans l'histoire de la Suisse, depuis le début du 20eme siècle, nous avons une forte population de confession juive, sans jamais avoir rencontré de conflits (croix chrétiennes dans les écoles et lieux officiels, fêtes de Noël pouvant "choquer" certains élèves etc...)ni revendications comme cela se passe en Europe de la part des populations musulmanes.
Je n'aborde pas la situation des personnes pratiquant d'autres croyances ou religions; il est évident que ces personnes sont parfaitement respectueuses de nos us et coutumes, tout comme nous respectons les leurs.

Mais aussi un signe envers les populations musulmanes modérées, modernisées, en Suisse.
Ces personnes ne revendiquent pas de minarets.
Ces personnes craignent la montée de l'intégrisme en Occident, en Suisse.
D'autant que les minarets sont sources de conflits entre les diverses obédiences musulmanes.(Chiite, Sunnite, islam slave ottoman etc...)
Vous n'êtes pas sans savoir que chaque jour ont lieu des attentats contre des mosquées au Proche-Moyen Orient par des mouvances opposées.(Un exemple: http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20091016.REU6235/un_attentat_suicide_fait_15_morts_dans_une_mosquee_dira.html)
La mosquée du Gd-Saconnex est de style originaire d'Arabie Saoudite.
Nous n'avons que très peu de personnes de cette origine en Suisse.
Bref: la construction de minarets ne peut qu'être source de conflits, tant entre musulmans que dans la population non-musulmane et signe de faiblesse civile et politique.

Alors, ma question:
Quelles mesures envisagez-vous pour prévenir cet affaiblissement de notre identité suisse, européenne, tant sur le plan social que politique?

À vous lire et cordialement

Écrit par : Mireille LUISET | 17/10/2009

Les commentaires sont fermés.