18/10/2010

Le Conseil fédéral règne mais ne gouverne pas

(Chronique parue dans le Nouvelliste du 18 ocotobre 2010)

Il y a quelque chose de pourri au royaume des sept Sages. Mais quoi? Faute de s’être posé la question, avant d’y répondre, le projet d’auto réforme que le Conseil fédéral a lancé cette semaine manque sa cible et tombe à plat. Comme le parmesan à côté de l’assiette de pâtes.

Ça sert à quoi, quand ça fonctionne, un Conseil fédéral? Ça sert de chef d’Etat et de chef de gouvernant. Les républiques ont pour chef d’Etat un président, élu au suffrage universel. Les monarchies (plus nombreuses en Europe) ont une reine, élue par la génétique. Les Suisses ont un directoire élu par l’Assemblée fédérale pour représenter à tour de rôle l’Etat fédéral, à l’étranger notamment. Pour chef de gouvernement, les régimes parlementaires ont un premier ministre, généralement le leader du parti qui a remporté les dernières élections (en Suisse, ce serait Christoph Blocher), que le chef de l’Etat charge de composer un cabinet suceptible de rallier la confiance de la majorité du Parlement. En Suisse, c’est le même directoire élu par l’Assemblée qui assume collectivement la conduite des affaires face au Parlement et dicte, ou devrait dicter, ses choix politiques aux ministres que sont ses propres membres chargés à titre individuel de la conduite d’un département sous le regard de leur six collègues. Ça s’appelle la collégialité et ça ne fonctionne plus.

Parce que ses membres n’ont plus la force de débattre des sujets qui fâchent, le Conseil fédéral ne fonctionne ni comme chef du gouvernement ni comme chef de l’Administration. Les sujets importants sont débattus dans la presse du dimanche plutôt qu’en séance du Conseil et le plus souvent à l’initiative de l’Administration. Faute de pouvoir se prévaloir de l’autorité d’un vrai gouvernemnnt, sur laquelle assoir la conduite de leur département propre, les conseillers fédéraux ne font pas le poids face aux cloisonnements d’une administration en stabulation libre. Or ces maux, non seulement la réforme proposée cette semaine ne les guérit pas mais elle ambitionne même de les aggraver. L’allongement à deux ans des fonctions de représentation ne ferait que reléguer plus encore les conseillers fédéraux dans le rôle suave de commis voyageurs de l’Administration. La même conséquence est à attendre de l’arrivée de puissants secrétaires d’Etat à la tête des départements qui marginaliseront plus encore les dirigeants politiques. Certes, les inaugurations de chrysanthèmes à l’étranger seront-elles parfaitement maîtrisées mais ne le sont-elles pas déjà? La réforme proposée est mauvaise car elle ne fait que confirmer le Conseil fédéral dans ce rôle qui lui va si mal de reine d’Angleterre helvétique qui «règne mais ne gouverne pas».

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Commentaires

Ainsi votre ex copain Soli Pardo, se dit grand défenseur de la "classe moyenne" est se trouve mieux chez le MCG ?


Est-il besoin de rappeler à ce monsieur Pardo...que LA CLASSE MOYENNE GENEVOISE, RESIDE DESORMAIS....CHEZ LES RACAILLES...EN FRANCE !

Ainsi, lui aussi veut maintenant s'en prendre aux Suisses de France et interdire aux vrais Genevois avec des plaques 74 ou 01...de venir bosser chez eux !

ET BIEN LES SUISSES DE FRANCE L'ATTENDENT AUX PROCHAINES ELECTIONS !

L'hebdomadire l'Hebdo, a consacré tout un service sur le "à qui appartient Genève ?" et vous ne serez pas étonné de constater que l'immobilier Genevois n'appartient pas aux Suisses ! car le seul immobilier que les Genevois puissent acquérir c'est EN FRANCE !

Il est clair que je ne parle pas des votations communales qui ne sont que du pipi de chat où tous les permis C, étrangers de Genève, votent ! je parle des vraies votations cantonales et fédérales !

Écrit par : Jean-Marc | 24/10/2010

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