26/01/2011

Les caricatures de Maodet

(Chronique parue dans le Nouvelliste du 25 janvier 2011)

Vaste front torturé à la Gilles Petitpierre, oreilles taillées façon Buckingham Palace, mâchoire carnassière d'adjudant-chef, menton relevé, c'est peu dire que Pierre Maudet a le physique de ses ambitions. Membre d'un parti radicalement déchiré, entre le vieux jeu qui le dessèche et le «new-look» qui le liquide, Maudet, sans le dire, a choisi le second. Serait-il radical si la question se posait aujourd'hui? Rejoindrait-il un parti mythique du XIXe, suspendu dans sa course au-dessus du vide dans ce siècle-ci , figé entre apogée dépassés et écrasement attendu, dans cet instant de pur vertige, délicieusement artificiel, beau comme une fin de race et comme la mort vue de près?

Je m'égare.

Or donc, le capitaine Maudet s'est convaincu de l'utilité, outre auto-promotionnelle, de publier «le vrai rapport», à défaut d'un rapport au vrai, sur l'armée suisse. Exercice qui lui permit de survoler de sa brillante jeunesse un débat prévisiblement éponyme face à des «sparing partners» choisis pour incarner une guerre de retard, qui fut d'abord celle de l'image.

Un vrai rapport sur l'armée eût nécessité de son auteur une vraie vision. Concrète.

De la Suisse d'aujourd'hui et de demain. Dans le monde multipolaire du siècle.

Au coeur géographique d'un continent réel. Occupé à noyer son déclin démographique et industriel dans l'immigration et le surendettement. Avec en fond d'écran l'unique horizon d'une Suisse membre de l'UE et sous commandement de l'OTAN, Maudet était très loin du compte.

Mais qu'importe, il ne s'agissait que de promouvoir sans risque la transformation d'une armée de milice malade en une garde prétorienne, forte de 20 000 mercenaires motivés. Et surtout son très démagogique corollaire: la fin de l'obligation de servir. Entre gauche anti armée et patriotes déboussolés des années Keckeis, l'audimat ne pouvait être que positif.

D'accord, Ueli Maurer n'est peut-être pas ce mage attendu dont la vision incandescente rassemblerait dans l'instant les esprits et les coeurs unanimes autour de l'armée suisse de demain. Et alors?

Le Conseil fédéral, le Parlement, les chefs, les experts, ont-ils plus de vision?

Et que dire de celle du caricatural capitaine? Sinon que ses avis sur la sûreté concrète du pays devraient être lus, fédéralisme oblige, à la lumière de l'état de la sécurité à Genève, à laquelle il préside comme magistrat de la Ville, avec Isabel Rochat, sa collègue de parti au canton

10:15 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

Commentaires

on a connu Monsieur Paul Chaudet et l'affaire des Mirages,Monsieur Ueli Maurer n'est peut-être pas parfait,mais l'est-on vraiment en politique , de toutes manières y'aura toujours des mécontents et ceux qui sont contre Monsieur Ueli Maurer le sont surtout pour son salaire,celui-ci ayant toujours été au centre des conversations de cafés,même du temps du Général Guisan!enfants nous les écoutions rouspéter et critiquer ceux qui gouvernaient,alors rien n'a changé et ne changera jamais n'en déplaise aux réformateurs de tous bords!
bonne journée à vous!

Écrit par : lovsmeralda | 26/01/2011

Les commentaires sont fermés.