09/09/2011

Goodbye Schengen, hello Touquet!

Le traité du Touquet a permis à l'Angleterre, non membre de Schengen, de régler à satisfaction avec la France, membre de Schengen, la délicate question du contrôle de sa frontière maritime. Le Royaume-Uni partage avec la Suisse la particularité d'être plus attractif que ses voisins, aux yeux des nombreux migrants qui tentent de pénétrer légalement ou clandestinement sur son territoire. A la différence de la Suisse toutefois, les Britanniques n'ont pas adhéré à Schengen. Cela leur permet de contrôler les personnes qui entrent sur leur territoire, généralement depuis la France. C'est ainsi que les autorités britanniques ont appréhendé et refoulé des milliers et des milliers de clandestins ou de requérants ayant déjà déposé une demande d'asile dans un autre pays. Jusqu'à faire déborder le centre d'accueil de la Croix-Rouge française de Sangatte, ce réservoir de clandestins, tolérés par la France dans l'attente de les voir traverser la Manche, qui avait suscité en son temps les vives protestations de l'Angleterre et en France l'indignation de l'opinion.

Pour en sortir, l'Angleterre avait proposé à la France un traité du Touquet que le président Sarkozy ne pouvait pas refuser: l'Angleterre vidait le centre de Sangatte, en prenant à sa charge le destin administratif de l'ensemble de ses occupants. En échange, la France assurait qu'il n'y aurait jamais d'autres Sangattes, en mettant en place un contrôle serré de la frontière extérieure de l'Espace Schengen tant sur son propre territoire qu'en Angleterre. Et ce pour tout le trafic voyageurs des ports de la Manche et de la mer du Nord. Sur son propre territoire, la France effectue désormais des contrôles destinés à vérifier que les personnes qui le quittent remplissent les conditions pour le faire, ainsi que celles d'entrée en Angleterre. Sur le territoire britannique, la France assure en sus les contrôles d'entrée dans l'espace Schengen. Les contrôles d'entrée en Angleterre restent le fait des Anglais eux-mêmes. Si des personnes se voient refuser le droit d'entrée dans l'Etat d'arrivée, ou si des personnes décident de ne pas se soumettre aux contrôles frontaliers de l'Etat d'arrivée, les autorités de l'Etat de départ sont impérativement tenues de les reprendre. Et ça marche!

En résiliant Schengen, la Suisse récupérera son droit, autrefois inaliénable, de contrôler sa propre frontière. Elle conclura alors, si elle le souhaite, des traités bilatéraux franco-suisse ou italo-suisse de "lutte contre l'immigration clandestine", comme l'Angleterre l'a fait avec la France par le traité du Touquet. Sans doute, les négociateurs suisses n'obtiendront-ils pas tout à fait autant que ceux de la perfide Albion, parvenue à faire garder sa frontière par un Etat tiers, mais la Suisse en retirera l'essentiel: le retour d'une meilleure sécurité par la restauration d’un vrai contrôle aux frontières.

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Commentaires

Je suis tout à fait pour résilier Schengen !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 09/09/2011

Les milliers de candidats à une vie meilleure refoulés aux frontières de l'Angleterre se sont rabattus sur la France et évidemment sur la Suisse, pays de cocagne. La coupe est pleine, remettons en cause les accords de Schengen pour maîtriser l'invasion de personnes indésirables que la Suisse ne peut ni absorber, ni contrôler, cela bien sûr en préservant les droits des vrais demandeurs d'asile qui sont une minorité et ceux des personnes autorisées à vivre et travailler (plus ou moins !) légalement dans notre pays. Enfin, pourquoi la Suisse, petit pays neutre et non belliqueux, devrait-elle accueillir actuellement tous les demandeurs d'asile provenant de pays qui ont été colonisés par nos voisins européens ? Ce n'est pas notre Histoire.

Écrit par : Mygalon | 09/09/2011

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