07/10/2011

Y-a-t ’il un percepteur dans l’avion ?

(Chronique parue dans le Nouvelliste du 5 octobre 2011)

C'est un Etat, la Suisse, qui a tiré UBS de la faillite, c'en est un autre, Singapour, qui a obtenu le remplacement de M. Gruebel à la tête de la banque sauvée par l'argent du contribuable suisse. Depuis que la crise économico-financière a été déclenchée et propagée par les Etats-Unis de Monsieur Obama, un capitalisme d'Etat se profile à l'horizon.

Les Etats ne cherchent plus à dicter les règles, ni à se soustraire à l'influence des marchés mais à s'en servir pour asseoir des objectifs de politique intérieure. Ce capitalisme d'Etat, on le constatera bientôt, contrarie les objectifs et menace l'existence même du capitalisme entrepreneurial qui a fait la prospérité de notre pays. Derrière le masque du respect, purement formel, des procédures du Parlement, l'Etat fédéral s'oriente vers un dirigisme économique, potentiellement totalitaire. Le capitalisme d'Etat n'est pas une nouvelle idéologie, ni un nom de code, mais une dérive, sournoise, au plus haut niveau politique qui consiste à se faire réélire en acceptant la primauté des marchés sur l'action politique et à soumettre un petit pays aux lois des plus grands.

Madame Evelyne Widmer-Schlumpf possède sans doute la capacité de gérer un village grison, voire de diriger les finances d'un canton et de fonctionner comme présidente de la conférence des directeurs cantonaux des finances. EWS est un percepteur. A qui on demanderait en vain d'orienter le système financier suisse avec une vision de son futur économique et financier. C'est un tout autre métier, qui requiert d'autres qualités, qu'elle n'a pas, tout comme ne les avait pas non plus son prédécesseur, Hans Rudolf Merz, dont les démarches maladroites et malheureuses sont encore dans toutes les mémoires.

Tout ce qui fait entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat est bon, et suffisant aux yeux du percepteur. Car cet argent permettra de corriger, par des mesures d'aides dont les électeurs sont toujours reconnaissants, les problèmes sociaux liés à de mauvais choix politiques, quels qu'ils soient. C'est ainsi que le percepteur pense utile d'attirer, par un deal fiscal intéressant, des entreprises étrangères qui s'installent avec leur personnel, qu'il faut ensuite loger et transporter, et qui n’engage pas un seul chômeur local, les salaires des postes uniquement subalternes créés sur sol suisse n'étant attractifs, compte tenu de la cherté croissante des infracteurs, que pour des personnes établies de l'autre côté de la frontière.

Ce n'est pas au percepteur qu'il faut demander de répondre aux questions de société. D'autant moins lorsque ces questions sont celles de savoir si l'Etat doit présumer la bonne foi de ses citoyens ou partir de l'idée que tous sont malhonnêtes et imposer un régime de persécutions. Ou encore si l'Etat doit adapter ses finances à ses recettes ou imposer ses excès à des contribuables corvéables à merci.

12:06 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.