04/04/2012

Le plan « Maghreb » en 3 mensonges

Vu la date retenue par Isabel ROCHAT pour lancer son plan « Maghreb », on a cru d’abord à un sympathique poisson d’avril. Et puis non, il faut se rendre à l’évidence : c’est du premier degré, un authentique plan de communication, de l'auto-promotion, mais fondée sur trois mensonges. Principaux.

1er mensonge : la générosité du Conseil d’Etat ne coûterait rien au contribuable car le projet Maghreb serait financé par de l’argent confisqué aux trafiquants de drogue. Faux ! L’argent du crime, et pas seulement celui du trafic de drogue, est confisqué par le Palais de justice, comme le veut la loi, et doit servir à couvrir les frais de la répression (dans certains cas, la prévention). Chaque franc rendu aux délinquants, outre le caractère catastrophique du message, prive l’Etat de moyens nécessaires à son action, contraignant ainsi le contribuable à passer à la caisse.

2ème mensonge : les Fr. 4'000,- offerts aux criminels coûteraient moins cher au contribuable que la détention administrative des mêmes personnes. Absurde ! Le plan Maghreb ne s’applique par définition qu’à des gens qui ne peuvent pas être détenus administrativement (car les juges ne prononcent la détention administrative que restrictivement, pour la durée nécessaire à l’établissement des formalités nécessaires à un renvoi possible). C'est d'ailleurs pour cela qu'Isabel ROCHAT prétend acheter leur départ volontaire. Sans aucune pertinence, la comparaison des coûts est une tromperie.

3ème mensonge : le plan Maghreb aurait prouvé son efficacité. Faux ! A ce jour, le plan n’a rien prouvé du tout. Il vient de jaillir de l’esprit de son auteur. Si Isabel ROCHAT croyait un seul instant à l’efficacité de son projet, elle agirait d’abord, dans la discrétion que requiert une affaire délicate, et communiquerait ensuite. Elle attendrait que les genevois constatent d’eux-mêmes qu’ils peuvent à nouveau traverser le quartier des Pâquis sans crainte des prédateurs magrébins et africains postés aux carrefours à  l’heure de la chasse. Elle expliquerait alors qu’elle a eu recours à une méthode  inorthodoxe du point de vue des principes mais pragmatique et qui s'est avérée efficace. Les Genevois reconnaissants la rééliraient sans doute pour une nouvelle magistrature. Mais rien de tout cela n’intéresse Isabel ROCHAT. Devant la vacuité de son bilan, il lui faut un effet d’annonce et rien d’autre. Quitte  à provoquer par une pub irresponsable un nouvel appel d’air en provenance de pays et de cantons moins généreux.

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