19/09/2012

Cour des comptes, arrêtez le massacre !

A coups de seaux d’eau, les partis gouvernementaux continuent à torpiller la cour des comptes. Aveuglée par une pulsion de pouvoir mortifère, la gauche a imposé un second magistrat de gauche sur trois titulaires à la Cour des comptes en 2011 en la personne de Daniel Devaud. Elle l’a fait en pleine connaissance du caractère problématique du personnage, son seul objectif étant d’étouffer la seule institution genevoise porteuse d’un espoir d’assainissement des finances publiques. Objectif atteint : moins d’un an plus tard, le pétard mouillé Devaud quitte un navire en flamme, laissant à son bord un capitaine sonné par le choc et un quartier maître en partance converti aux méthodes de communication hydriques de Monsieur Stauffer. Vu son bilan dans cette affaire,  la gauche pourrait avoir la décence de faire profil bas. Elle choisit au contraire l’arrogance en prétendant imposer à nouveau deux magistrats de son bord.

 

L’Entente porte également la responsabilité de l’élection de Monsieur Devaud et de ses conséquences sur l’institution. On se souvient que des leaders du PDC et du PLR ont appelé à voter Devaud faisant perdre de justesse à leur parti l’élection de 2011. En combattant Yves Nidegger en 2012, le PDC et le PLR font pire que violer des accords signés : ils assurent à la gauche de placer ses deux candidats et de contrôler ainsi la seule institution apte à lutter efficacement contre le gaspillage des deniers publics. Pour le bien des contribuables, l’Entente pourrait avoir l’audace de s’opposer à l’hégémonie d’une gauche minoritaire. Elle choisit au contraire à nouveau la capitulation.

Dépolitiser la Cour des comptes ?

Il y a à Genève trois familles politiques. De tailles comparables : la gauche (Verts, PS) le centre (PDC, PLR), la droite (UDC, MCG). Dépolitiser la Cour consisterait, sous réserve de candidatures valables, à respecter cet équilibre en accordant à chacune de ces familles le siège qui lui revient. Cette formule permettrait entre autres de ne pas concentrer le contrôle de l’Etat entre les seules mains des partis gouvernementaux, excluant du contrôle les voix réellement indépendantes de la marche des affaires que sont l’UDC, le MCG et les verts libéraux. Comme l’UDC l’a proposé cet été, il fallait d’abord procéder à l’audition commune de tous les candidats possibles, afin de sélectionner les meilleures compétences du canton. Les partis gouvernementaux ayant préféré marchander entre eux des sièges vides avant de se poser la question de savoir qui aurait les compétences de s’y asseoir, ces auditions n’ont jamais eu lieu. On retenait toutefois à la fin de l’été que la gauche avait avec Monsieur Zuin (vert) un magistrat dont les compétences ne sont pas disputées. Et que la droite avait avec Yves Nidegger un candidat dont les compétences pour le poste sont reconnues par le PDC et le PLR, dont il fut le candidat en 2011, en sus de l’UDC et du MCG. Seul le centre devait encore se déterminer sur les mérites respectifs de Mesdames Perella (PDC) et Terrier (PLR).

En imposant une seconde candidature de gauche, le PS a choisi de faire de l’élection à la Cour des comptes une confrontation gauche-droite. En se montrant incapables de s’unir derrière une seule candidature, PDC et PLR ont exacerbé la politisation de cette élection.  

Trois scénarios restent ouverts :

1) Une liste unique prétendument « dépolitisée » qui réserve le contrôle de l’Etat aux seuls partis gouvernementaux dominés par la gauche, à l’exclusion des partis libres. Objectif : court-circuiter le peuple qui a instauré la Cour en choisissant à sa place 1 Vert, 1 PS, 1 Entente.

2) Les trois familles politiques s’affrontent : à gauche, 1 Vert et 1 PS, au centre 1 PDC et 1 PLR, à droite 1 UDC soutenu par le MCG. Objectif : faire perdre la droite divisée contre la gauche unie.

3) Le PDC et le PLR s’en tiennent aux accords signés et font liste unique avec l’UDC soutenue par le MCG. Objectif : une Cour des comptes majoritairement favorable à l’assainissement des finances publiques.

Question : Les présidents du PDC et du PLR, signataires des accords de 2011, auront-ils l’honnêteté de soumettre ces 3 options au vote de leur base cette semaine ?

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Commentaires

Pour le bien de Genève il faut clairement choisir la troisième option.

Écrit par : anonyme | 19/09/2012

"Le centre : PDC, PLR" ... trop drôle. Le PLR, "au centre" ... Je vous défie de me trouver un analyste politique sérieux (c.a.d. qui ne soit pas UDC) qui classe le PLR au centre de l'échiquier politique genevois.

Écrit par : Djinus | 19/09/2012

oui oui oui la 3eme et je suis PDC

Écrit par : patriot | 19/09/2012

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