18/10/2012

Cour des comptes, le quatrième pouvoir…

De par ses compétences d’investigation sur les autres pouvoirs, la Cour des comptes exerce, avec un supplément de professionnalisme, la fonction de « quatrième pouvoir »  jadis dévolue à la presse aux temps révolus du journalisme d’investigation.  Que dirait-on de l’indépendance critique envers l’administration d’un organe de presse dont l’équipe de rédaction serait peuplé à 100% par les chargés de communication des départements gouvernementaux? C’est pourtant, toutes proportions gardées, ce qu’ambitionnent les partis gouvernementaux genevois en présentant une série de listes fermées toutes identiques entre elles pour l’élection d’un socialiste, d’un vert et d’une PLR aux postes de magistrats flanqués de suppléants de mêmes couleurs.

 

 

Est-il acceptable qu’une Cour des comptes chargée du contrôle des politiques publiques soit composée intégralement de magistrats qui doivent leur élection, et leurs éventuelles réélections, aux instances dirigeantes des seuls partis dont l’action gouvernementale est à contrôler ? A la différence des juges qui sont réélus en blocs, et dont la carrière se poursuit dans la règle jusqu’au jour de leur méritée retraite, les magistrats de la Cour des comptes sont élus individuellement tous les six ans et dépendent donc pour  leur carrière des grâces d’une coalition de partis gouvernementaux dont l’action est supposément soumise à leur contrôle. Indépendamment de l’indépendance dont feront preuve les magistrats concernés à titre personnel, une Cour qui serait composée exclusivement de magistrats issus de partis gouvernementaux coalisés pose donc un  problème de principe.

 

D’où la raison d’être des listes UDC et MCG, seules à présenter des candidats alternatifs  aux partis ayant un intérêt à contrôler les contrôleurs.

- Françoise Sapin, experte comptable fédérale et experte financière, ancienne cheffe du contrôle financier de la Ville de Genève ;

- Antoine Boesch, avocat, ancien conseiller municipal en Ville de Genève et

- Yves Nidegger, avocat, ancien magistrat judiciaire et conseiller national

 

Pour garantir l’indépendance que la Cour des comptes doit avoir.

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Commentaires

Nous pouvons également définir votre description comme la mise en place d'une oligarchie :

"Quelle que soit leur époque, antique ou actuelle, quelle que soit leur taille, et qu'elles soient exercées dans le domaine politique au sens strict comme dans les domaines de la vie quotidienne au sens large, un des traits caractéristique et très important de toutes les oligarchies, est que les décisions et orientations prises par les membres de l'oligarchie servent en priorité leurs intérêts personnels (et/ou les intérêts du groupe oligarque lui-même) même si cela doit être au détriment du bien commun, des adhérents ou de la population au sens large."

Écrit par : Lussi Patrick | 18/10/2012

Auriez-vous été à la solde du PLR si vous lui aviez du votre élection, comme c'était prévu? Comment se fait-il que vous en aviez accepté le principe ? Et comment ne pas penser que si vous étiez élu vous utiliseriez votre charge à faire de la politique, c'est à dire à tenter de dévaloriser les partis gouvernementaux ? Par tous les moyens, même non objectifs, puisque vous prétendez que leurs juges serot prêts à agir à l'inverse ?

Écrit par : Question | 22/10/2012

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