25/10/2012

Matériel de vote : la Chancellerie d’Etat s’enfonce

Chacun peut le constater en comparant les différentes listes diffusées par la chancellerie d’Etat : elles ont toutes la même mise en page. Ceci ne résulte nullement d’un accord secret conclu entre tous les partis pour adopter ensemble une présentation uniforme de leur bulletin de vote respectif, comme le suggère un communiqué pathétique daté d’hier, mais plus simplement du fait que les « bons à tirer » présentés aux partis ne portent que sur les contenus : la responsabilité de la mise en page relève de la chancellerie, qui s’enfonce ici en tentant de se défausser sur autrui de la responsabilité qui est la sienne de présenter au corps électoral un matériel de vote utilisable, permettant - comme elle sait le faire en d’autres occasions - le panachage expressément prévu par la loi.

11:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

24/10/2012

Vous avez essayé d’utiliser le matériel de vote de la chancellerie?

Vous avez essayé d’utiliser le matériel de vote préparé par la Chancellerie d’Etat pour l’élection à la Cour des comptes ?

Si vous êtes du genre à voter les yeux fermés et sans modification une liste bloquée, par exemple celle du PLR-PDC-Verts-PS que nous ont concoctée les partis gouvernementaux, là pas de problème. C’est la même et elle est prête à l’emploi. Si vous êtes par contre du genre à exercer votre droit de choisir plusieurs candidats présentés sur plusieurs listes concurrentes et que vous souhaitiez, par impossible, utiliser une liste ouverte comme celle présentée par l’UDC ou par le MCG, en y ajoutant par panachage un ou plusieurs candidats tiers, alors là, c’est mission impossible : vous devrez soit y renoncer soit prendre le risque d’un vote nul.

Car notre Chancellerie d’Etat a imposé d’office à toute les listes, ouvertes ou fermées, la même disposition graphique : celle, sans doute par hasard,  qu’elle a élaborée pour les listes verrouillées PLR-PDC-Verts-PS qui présentent autant de candidats qu’il y a de postes de titulaires et de suppléants à pourvoir, découragent ainsi, c’est leur droit, tout recours au panachage. Bien évidemment, cette disposition graphique ne convient pas, et pour cause, aux listes concurrentes, les deux listes ouvertes de l’UDC et du MCG auxquels les électeurs plus diligents souhaiteront ajouter des candidats tiers. Circonstance aggravante et rédhibitoire pour le matériel de vote distribué : la Chancellerie d’Etat n’a laissé aucun espace libre pour un quelconque ajout, comme elle le reconnait aujourd’hui par communiqué de presse, sous le nom de l’unique candidat présenté au poste de titulaire sur les listes ouvertes. Ceci a pour conséquence d’exclure matériellement l’utilisation des listes UDC et MCG pour tous les électeurs qui souhaiteraient panacher. Cerise sur le gâteau électoral, la Chancellerie d’Etat a laissé en revanche un très large espace, en fait tout l’espace disponible, en dessous des noms des candidats suppléants, incitant ainsi les électeurs fourvoyés à inscrire en ce seul endroit possible, mais inopportun, le nom d’un éventuel candidat titulaire tiers, ce qui exposerait leur vote à la sanction de nullité attachée à toute expression non claire de volonté.  

Quelques jours à peine après le sabotage d’un référendum fédéral sur les accords fiscaux, cette nouvelle contre-performance de la part de la Chancellerie d’Etat est symptomatique d’un insupportable mépris du peuple et des institutions.

Un audit, vite !

16:24 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

L’Etat pervers

(Chronique parue dans le Matin du 19 octobre 2012)

La démocratie impose à l’Etat, chose publique, une évolution parallèle à celle des mentalités, chose privée. C’est sa vertu et son tendon d’Achille. Ainsi, au plan privé, les mœurs familiales ont-elles par exemple muté d’un régime de parents autoritaires, imposant leur modèle à leur progéniture, vers un régime de parents manipulateurs, où la séduction a remplacé l’autorité, pour aboutir aux parents pervers, qui disent une chose, en pensent une autre et en font une troisième. L’Etat a suivi, passant d’un régime autoritaire, où le citoyen doit obéissance à une règle édictée, à un régime de manipulation, où le citoyen est invité à la soumission, pour aboutir à l’Etat pervers, qui dit une chose, en vise un seconde et en fait une troisième. L’Etat manipulateur ? C’est celui qui, entendant par exemple rendre obligatoire le port de la ceinture de sécurité ou bien bannir la fumée des lieux publics, se garde bien d’édicter une norme contraignantes à cet égard avant de s’être assuré, par des campagnes de propagande ciblées, de l’approbation anticipée d’une majorité, fut-elle silencieuse, justifiant socialement la répression des futurs récalcitrants. L’Etat pervers ? C’est celui qui, motivant son régime de sanctions par l’intention déclarée de réduire les comportements socialement nuisibles n’en espère pas moins que les transgressions seront toujours plus nombreuses afin de couvrir le montant en constante progression qu’il inscrit annuellement sous la rubrique «contraventions» des recettes de son budget ainsi équilibré. L’Etat pervers, c’est aussi celui qui, partout en Europe, ment délibérément en annonçant des points de croissance impossibles du PIB dans le but de faire adopter des budgets qui comportent des rentrées fiscales boostées par une augmentation irréelle des recettes, fondées sur une augmentation bien réelle des taux d’imposition au prétexte vertueux d’un effort passager vers le retour à l’équilibre…

 

10:50 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

18/10/2012

Cour des comptes, le quatrième pouvoir…

De par ses compétences d’investigation sur les autres pouvoirs, la Cour des comptes exerce, avec un supplément de professionnalisme, la fonction de « quatrième pouvoir »  jadis dévolue à la presse aux temps révolus du journalisme d’investigation.  Que dirait-on de l’indépendance critique envers l’administration d’un organe de presse dont l’équipe de rédaction serait peuplé à 100% par les chargés de communication des départements gouvernementaux? C’est pourtant, toutes proportions gardées, ce qu’ambitionnent les partis gouvernementaux genevois en présentant une série de listes fermées toutes identiques entre elles pour l’élection d’un socialiste, d’un vert et d’une PLR aux postes de magistrats flanqués de suppléants de mêmes couleurs.

 

 

Est-il acceptable qu’une Cour des comptes chargée du contrôle des politiques publiques soit composée intégralement de magistrats qui doivent leur élection, et leurs éventuelles réélections, aux instances dirigeantes des seuls partis dont l’action gouvernementale est à contrôler ? A la différence des juges qui sont réélus en blocs, et dont la carrière se poursuit dans la règle jusqu’au jour de leur méritée retraite, les magistrats de la Cour des comptes sont élus individuellement tous les six ans et dépendent donc pour  leur carrière des grâces d’une coalition de partis gouvernementaux dont l’action est supposément soumise à leur contrôle. Indépendamment de l’indépendance dont feront preuve les magistrats concernés à titre personnel, une Cour qui serait composée exclusivement de magistrats issus de partis gouvernementaux coalisés pose donc un  problème de principe.

 

D’où la raison d’être des listes UDC et MCG, seules à présenter des candidats alternatifs  aux partis ayant un intérêt à contrôler les contrôleurs.

- Françoise Sapin, experte comptable fédérale et experte financière, ancienne cheffe du contrôle financier de la Ville de Genève ;

- Antoine Boesch, avocat, ancien conseiller municipal en Ville de Genève et

- Yves Nidegger, avocat, ancien magistrat judiciaire et conseiller national

 

Pour garantir l’indépendance que la Cour des comptes doit avoir.

18:17 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |