26/08/2013

Le but du GSSA, une Suisse sans armée? Non, une Suisse sans armée suisse

Tous les peuples du monde ont une armée sur leur territoire, la leur ou bien celle du voisin.

 

On entend dire souvent du GSSA qu’il mérite certes tous les reproches du monde, mais pas celui de cacher son agenda. Un groupement qui s’appelle lui-même « pour une Suisse sans armée » ne fait pas mystère de ses objectifs  et s’il milite aujourd’hui pour inscrire une armée facultative dans la Constitution c’est qu’il pense, et sur ce point il a raison, que cette modification conduirait à terme à la fin de l’armée suisse, ce qui est à la fois son but stratégique et son but statutaire.

 

On reprochera en revanche aux gentils démocrates qui prétendent soutenir cette modification non pas, disent-ils, pour aider le GSSA à démolir l’armée suisse mais parce qu’ils seraient supposément convaincus des  mérites propres de ce texte - moins de dépenses publiques, plus de tempos pour la vie professionnelle et pour les enfants - de ne pas avoir l'excuse de l'ignorance de ceux que Lénine appelait des idiots utiles. L'option stratégique du char auquel ils se laissent atteler de bonne grâce est parfaitement claires. Ainsi des arguments tels le coût important d’une armée de milice,  même si elle est moins chère qu’une armée professionnelle, ou la faible probabilités d’une déclaration de guerre de la part du Lichtenstein, voire de l’Allemagne et de la France sont, sur le plan purement militaire, s’entend, sont tout simplement hors sujet.

 

A y réfléchir de plus près, le GSSA, la transparence du GSSA quant à son but n'est par ailleurs pas aussi évidente qu'il y parait. 

 

Nul besoin d’être un prix Nobel en stratégie militaire pour savoir que tous les peuples du monde ont une force armée stationnée sur leur territoire. La question, la seule, étant de savoir s’il s’agit de leur propre armée ou de celle d'un voisin. Ainsi, le véritable objectif du GSSA, ce n’est pas « une Suisse sans armée », ce serait illusoire et le GSSA le sait très bien,  mais « une Suisse sans armée suisse ».

 

Quant à la méthode, nul besoin d’être un prix Nobel en psychologie des adolescents pour savoir qu’à 19 ans, un effort aussi important que le service militaire n’est pas de ceux qu’un jeune homme, ou qu’une jeune femme, moyen s’impose spontanément, comme ça, pour la plaisir de renoncer à sa jeune liberté, de sacrifier son temps, son plan de carrière, ses loisirs et ses sorties, pendant  que les copains s’amusent et pour une durée qui à cet âge parait être une éternité.

 

Les volontaires seront rares, leur motivations inégales et leur qualité sujettes à caution.

 

Quelle serait la réaction de la gauche face à la proposition d’inscrire le même texte dans la Constitution mais en rapport avec une autre obligation du droit actuel :  1. Nul ne peut être astreint à payer des impôts. 2. La Suisse a un service fiscal volontaire ? Que ceux qui aiment payer des impôts, et ils sont nombreux, en paient ! La plupart des Suisses payent leur impôts sans se plaindre, ils déclarent eux-mêmes tous les revenus sur lesquels ils entendent être taxés et ils sont fiers de contribuer ainsi au financement des routes, des écoles, des hôpitaux. Pourquoi forcer ceux qui n’aiment pas cela ? Libérés de cette obligation, certains réduiront leur temps de travail et auront ainsi plus de temps pour leur enfants, d’autres trouveront dans l’absence d’impôts obligatoires une forte incitation à travailler plus pour gagner plus. Tout cela aura un effet très positif sur l’économie et sur la société tout entière. Ceux qui aiment l’impôt en paieront plus et paieront mieux, alors que ceux qui n’aiment pas cela seront libérés du poids d’une coutume médiévale contraire à la garantie constitutionnelle de la propriété, l'Etat étant de son côté libéré de l'obligation chronophage de  vérifier les déclarations et de traquer les fraudeurs. Bien sûr, il sera un peu plus difficile d'établir les budgets publics sans connaître le nombre des volontaires de l’année, mais la modernité est à ce prix.

 

Nous savons tous que sans obligation de payer l’impôt, il n’y aurait bientôt plus de ressources pour l’Etat et que sans obligation de servir, il n’y aurait rapidement plus d’armée suisse en Suisse. Le   nombre et les motivations des volontaires devenant incertains, l’organisation de la sécurité civile et militaire du pays deviendrait impossible, en plus d’être hors de prix puisque qu'ils faudrait des incitations financières pour susciter les vocations. De plus, en renonçant à la conscription universelle, c’est au caractère démocratique et populaire de l’armée de milice suisse que l’on renoncerait, au profit d’escadrons de professionnels, beaucoup moins  d’hommes pour beaucoup plus d’argent avec beaucoup moins de transparence. Ces escadrons seront intégrés à l’OTAN et au système de défende européen qui  n’est ni suisse, ni démocratique, ni populaire. Tel est la vraie perceptive proposée par le GSSA : une Suisse sans obligation de servir, puis une Suisse sans armée suisse, au final une Suisse sous commandement militaire étranger.

 

N’en déplaise aux « progressistes », défendre des institutions qui ont fait leurs preuves, comme le fédéralisme, la démocratie directe et l’obligation de servir au sein d’une armée populaire de milice, ne procède pas de la contemplation nostalgique d’un passé révolu C’est au contraire le moyen le plus actuel et la plus sûr pour la Suisse d’aujourd’hui de se réconcilier avec elle-même pour faire face aux grands défis du XXIème siècle : la disparition des frontières, l’immigration de masse, la pertes des repères identitaires et de la souveraineté induits par la primauté du droit économique international.

 

 


 

 

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