06/02/2014

Immigration de masse : petit bêtisier de la campagne du non

(paru dans les observateurs.ch )

La saisissante progression du OUI dans la dernière ligne droite de campagne n’est due que pour une part secondaire aux inlassables efforts d’explication des initiants. Sa cause principale est à chercher dans l’erreur de timing monumentale des opposants, partis bien trop tôt en campagne, eu égard à la piètre qualité des arguments fournis par économiesuisse, qui ont de fait tous explosés en plein vol bien avant d’atteindre leur cible du 9 février. Erreur fatale pour quiconque sait ne pouvoir compter, outre l’affichage mercenaire, que sur la faiblesse d’analyse présumée d’un public cible mal connu et très mal compris....

 

Une fois épuisée la munition de poche fournie par économiesuisse, certains combattants du NON ont fait montre de créativité personnelle, confinant parfois à la témérité. A gauche comme à droite, ils ont terminé la campagne avec abnégation, jetant tout dans la bagarre,  jusqu’à leur crédibilité.

Ainsi, pour François Longchamp, l’initiative s’en prendrait à la Genève internationale (débat Tribune de Genève du 28 janvier 2014). Selon le président du Conseil d’Etat genevois, le plafonnement des autorisations délivrées en vertu du droit suisse des étrangers aurait pour effet de limiter le nombre des diplomates et des fonctionnaires internationaux présents à Genève. C’est en tout cas ce qu’il a affirmé devant la presse et un auditoire de l’Uni plein à craquer pour l’occasion. Pourtant, personne ne l’ignore, pas même le magistrat en charge de la Genève internationale : les diplomates et les fonctionnaires internationaux ne relèvent nullement du droit suisse des étrangers mais du droit international, notamment coutumier, et ne sont par définition pas concernés par l’obtention d’un permis. Et pour ce qui est des organisations non gouvernementales, on sait aussi très bien que le régime des contingents, qui s’est appliqué des décennies durant, n’a jamais compromis leur développement, étant rappelé par ailleurs que sur les 193 membres des Nations unies, seule une vingtaine d’Etats européens ont bénéficié, brièvement, de la libre circulation disoutée par l'initiative.

Pour Simonetta Sommaruga, l’initiative s’en prendrait aux « secundos »  (débat Economiesuisse du 7 janvier 2014 à Morges). Selon la Conseillère fédérale, le principe de « préférence nationale » qui devra guider l’administration dans l’octroi des autorisations de travail soumises à contingent pourrait prétériter les étrangers nés en Suisses, dits de la seconde génération. C’est en tout cas ce qu’elle a allégué devant un parterre de chefs d’entreprises vaudois réunis au bord du lac pour l’occasion. Pourtant, personne ne l’ignore, pas même la cheffe du Département fédéral de Justice et police : les « segundos » sont par définition porteurs d’une autorisation d’établissement (C), à tout le moins lorsqu’ils sont en âge d’entrer sur le marché du travail, ils n’ont par conséquent besoin d’aucune autorisation pour prendre un emploi, encore moins d’un permis de séjour (B), et ne sont donc pas concernés par l’initiative.

 Bienheureuse cause de l'immigation de masse, qui peut exiger de ses sectateurs de pareils sacrifices.

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Commentaires

Le langage politicien devient insupportable lorsqu'il s'agit d'autant d'intérêts. Et lorsque nous sommes confrontés à des décisions aussi importantes comme les votations du 9 février et en particulier "l'Initiative contre l'Immigration massive", cela devient pénible et fatigant d'entendre et de lire les vieux arguments de toujours de la gauche et d'une certaine droite (pas la bonne). J'ai presque envie de pleurer lorsque j'entends François Longchamp utiliser l'histoire pour faire passer le NON aux votations contre l'Immigration massive. Je vais écrire avec mon langage de simple citoyen qu'à la chance de ne pas se laisser jeter de la poudre dans les yeux car j'ai vu et vécu ce que les étrangers ont apporté et ce que nous avons aussi reçu de la Suisse. J'étais un étranger il y a quelques 25 ans, avant de devenir Suisse. J'ai pu comprendre cette Suisse qui vivait dans la paix, dans le respect la prospérité. Comme beaucoup d'autres étrangers vivant en Suisse depuis plus de 15 ans, nous sommes choqués de voir comment la Suisse est devenue celle que nous voyons aujourd'hui. Lorsque je suis venu dans ce pays, comme beaucoup d'autres qui sont restés et devenu Suisses. Nous avons la chance d'avoir choisi la Suisse comme pays pour y vivre avec notre famille. Nous avions un travail, un salaire, un logement et nos familles mangeaient à leur faim. Grâce à ce pays, nous avons pu vivre dignement et nos enfants pouvaient aller à l'école et faire des études. Lorsque nous avons décidé de demander la nationalité Suisse, c'était parce que nous aimions ce pays qui nous avait tant donnée. On vivait dans le respect d'autrui, on participait aux réunions dans les écoles, maison du quartier dans nos communes. On s'intéressait à la vie culturale et on participait aussi lors des échanges culturaux. La Suisse a toujours été un pays Européen et au même temps différent et souverain. On faisait partie d'un peuple, travailleur, respectueux et sérieux. Aujourd'hui, avec la politique actuelle et depuis ces dernières années dans laquelle la gauche et autre partis de droite sont aveuglés et distants de la réalité, notre réalité. Aveugles car avant tout en contre tout, ils imposent depuis longtemps une politique que le peuple n'a jamais voulue. On se vante du dynamisme helvétique et on rajoute, grâce à l'Europe, on crée des emplois et on rajoute grâce à l'Europe, on diabolise certains partis de droite et on rajoute grâce à l'Europe. Mais le constat du peuple est tout le contraire de ce que la gauche et une certaine droite annonce. Nous sommes déjà en train de payer chère les accords bilatéraux mal négociés. Des accords que n'aurions jamais dû signer sans y réfléchir aux conséquences. Nous n'avons jamais été aussi confrontés à l'échec Européen que maintenant. Des embouteillages partout, pollution, places de parking manquantes, accidents dus aux chauffards qui brulent les feux et qui ne respectent pas les règles de base de conduite et tout ça car on veut rentrer vite chez nous après une journée de travail et surtout pour ceux qu'habitent loin, de l'autre côté de la frontière. On nous apprend a bien conduire et on respecte les règles mais ceux qui viennent d'ailleurs de l'autre côté de la frontière ne respectent rien e risquent toujours de causer des accidents graves de la circulation. On se vante d'avoir un très bon réseau de transports publics, mais nos amis frontaliers, n'en profitent jamais et préfèrent venir avec leurs voitures et tourner en rond pendant des longues minutes pour trouver une place en privant aux conducteurs locaux de se garer. Il n'y plus de place pour se garer en ville et si on dépasse de quelques minutes le temps autorisé aux zones blues ou blanches (4.20 frs 90 minutes), on se retrouve avec 3 ou 4 contrôleurs frontaliers qui avec un sourire ironique de satisfaction qui vous collent une amende de 40 frs et 60 francs si quelques minutes en plus de retard.
Des incivilités par tout. Nos enfants n'auraient jamais été capables des incivilités pareilles. Partout, on ne voir que de la destruction et du vandalisme de jeunes qui n'ont pas eu la chance d'être mieux éduqués a la maison. Des gamins qui font leur besoin dans les escaliers, ascenseurs, des parents qui sont capables de vous agresser parce que vous lui dites qu’ils ne doivent pas laisser leurs enfants faire cela. Des adultes qu'oublient qu'ils sont en Suisse que le conflit et guerre sont heureusement pour derrière eux, chez eux et qu'ils oublient qu'ici ce que nous voulons c'est tout simplement vivre en paix et dans le respect des autres. Lorsque j'entends et lis les écrits de ceux qui sont contre l'initiative de l'UDC, ne comprennent rien à la vraie réalité de notre pays ou villes comme Genève. Je me demande où ils habitent. Les étrangers, n'ont pas plus peur que ce qui est contre cette initiative. J'ai eu la chance de devenir Suisse et lorsque j'ai fait la demande j'ai dû passer par beaucoup de questions. Aujourd'hui, n'importe peut devenir Suisse, même sans parler aucune des trois langues de notre pays.
Intégration en Suisse est un échec total car la gauche n'a absolument rien fait pour intégrer ses étrangers. Une fois en Suisse, ils ont été laissés dans la nature. Aucun effort pour les aider à s'intégrer, leur expliquer comment on vit en Suisse, les apprendre notre langue, notre culture, notre histoire. Comme au Canada par exemple, où ce gouvernement sélectionne ses immigrants et une fois dans le pays, ils ne les abandonnent pas à leurs sort. Ils les prennent en charge depuis le premier jour de séjour jusqu'à ce qu'ils deviennent des professionnels et autonomes. Et croyez mois, ils réussissent et deviennent des vraies Canadiens, fier de l'être et contribuent à la prospérité du pays.
Ici, rien de tout cela, mais par contre et au détriment de ceux qui sont déjà là, ouvrent les frontières et empirent encore la situation. Si l'on pouvait contrôler nos frontières, on pourra avec le temps nous occuper de ces étrangers qui veulent s'intégrer et contribuer à notre prospérité. On aura moins de trafiquant de drogues dans nos rues, on aura moins de vols, on pourra circuler librement sans danger sans se dire, non il ne faut pas passer par les Pâquis ou se promener au bord du lac la nuit.
Je vote OUI car c'est le vote de la raison. Je dis à tous ces étrangers à qui l'on fait peur toujours de ne pas croire aux arguments de la gauche qui ne prends jamais ses responsabilités et font tout pour que la situation empire. Voter OUI sera la sécurité pour les Suisses et les étrangers aussi.
Je ne suis pas philosophe ni écrivant ni journaliste encore moins un politicien, je suis un simple citoyen qui ne voit que la galère grâce à un certain François Longchamp qui parle de défendre les gens de cette ville et qu'à mis beaucoup de gens dans la précarité avec son fameux Emploi de Solidarité et donné les postes de travail qui devaient être occupés par ces travailleurs pauvres aux frontaliers. La gauche aime bien les conflits car c’est son fonds de commerce.
Nous ne voulons pas de cette Europe des perdants et de l’échec, nous ne voulons pas une invasion d’immigrants, qui ne feront qu’empirer notre situation. Occupons-nous mieux de ceux qui sont là déjà. VOTONS OUI ! NE LAISSONS PAS BRUXELLES AVEC LA GAUCHE ET LONGCHAMP de ruiner notre pays.

Écrit par : Manco | 07/02/2014

Me Nidegger,
Vous avez entièrement raison !!! Je suis arrivée en Suisse en 1973 et la seule posssibilité d'y rester était de trouver un travail dans une organisation internationale parce que PAS BESOIN D'UN PERMIS.
Bonne journée,
amb

Écrit par : amb | 07/02/2014

Cher M. Nidegger,

Je suis bien content aujourd'hui de pouvoir lire ce que vous écriviez avant la votation. Vous promettiez que l'initiative n'aurait aucune conséquence sur les accords bilatéraux, que Bruxelles n'oserait pas réagir, que cela n'aurait aucune conséquence sur l'emploi etc. Aujourd'hui, les faits vous donnent tort, et vous êtes coupable d'avoir menti au peuple, notamment lors de l'émission Infrarouge d'avant la votation.

Je suis un jeune chercheur post-doc de l'Université de Genève. Je travaille d'arrache-pied depuis 10 ans pour arriver à mon but, qui est de pouvoir faire de ma passion mon métier. J'ai passé 3 ans à l'étranger pour élargir mes compétences, mais aujourd'hui j'ai une famille et ma vie à Genève, bref je ne peux pas partir à nouveau. En conséquence, je travaille depuis près de 6 mois à la préparation d'une demande de bourse au Conseil Européen de la Recherche (ERC), qui fait partie d'Horizon 2020. A cause de vos mensonges, l'accord est aujourd'hui gelé et je ne suis même plus éligible pour l'octroi d'une bourse ERC. Les possibilité de financement de la recherche étant très limitées, c'est toute ma carrière, comme celle de nombreux jeunes chercheurs, qui est aujourd'hui remise en question par les affirmations fallacieuses de votre parti.

Grâce à la compétitivité de ses Universités, la Suisse est bénéficiaire nette des programmes cadres Européens, avec environ 1,5 franc octroyé pour 1 franc investi. Même si votre parti aimerait bien croire le contraire, c'est grâce au dynamisme de ses PME et à l'innovation de ses Universités que notre pays est prospère. Hier soir dans l'émission Forum, les réponses évasives de votre collègue de parti Fabienne Despot aux questions concrètes du président de l'EPFL Patrick Aebischer en disent long sur le manque total d'intérêt que votre parti porte à la recherche et à l'innovation. Si la recherche suisse, et par voie de conséquence le dynamisme et l'innovation des PME, périclite ces prochaines années, votre parti en portera l'entière responsabilité, pour avoir osé mentir honteusement aux citoyens sur les conséquences possibles de votre initiative.

Je suis curieux de voir si vous aurez le courage de publier mon billet et d'y répondre de façon concrète, où comme si votre chef de parti vous considérez les gens qui n'ont pas la même opinion que vous comme des citoyens de seconde zone.

Salutations,
Dominique Eckert

Écrit par : Dominique Eckert | 18/02/2014

Cher Monsieur Eckert,
Puis-je vous recommander de prendre un peu de ce recul qui sied d'ordinaire si bien à la démarche académique qui est apparemment au cœur de vos préoccupations. Je regrette pour la Suisse, autant que vous pour la bourse européenne que vous convoitez et pensez compromise, l'inutile rigidité du Conseil fédéral que rien n'obligeait à torpiller aujourd'hui un accord qui prévoit de contingenter la libre circulation avec la Croatie pendant dix ans au nom de contingents avec l'ensemble de l'UE à installer dans les 3 ans. C'était un peu ballot, c'est vrai, de provoquer inutilement la Commission et de la forcer à réagir. Mais vous constatez avec moi aujourd'hui qu'en comparaison de la fin du monde annoncée, cette réaction reste symbolique. Comme vous constaterez demain que le ciel ne tombera ni sur la tête des suisses, ni sur celle des étudiants. PS : en dépit de son ton inutilement injurieux, je ne coupe pas votre texte. Mais je devrai le faire pour la prochaine note dont vous entendriez me gratifier au cas où vous n'y mettriez vous-même bon ordre.

Écrit par : Yves Nidegger | 18/02/2014

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