15/01/2009

Libre circulation : le doigt dans l’œil syndical

 

 

 

 

Chronique parue dans Le Nouvelliste du 15 janvier 2009

 

Il faut s’intéresser à ses voisins. Plus encore lorsque qu’il s’agit d’un unique voisin. L’Union européenne est un Etat. En devenir. Formellement, elle  doit encore adopter sa constitution. L’Union exerce déjà une souveraineté effective sur le territoire et la population de ses membres. Par la mise en œuvre des quatre  « libertés » européennes, adoptées par les Etats membres comme leur commun dénominateur : libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. Ces « libertés » sont en quelque sorte la base « constitutionnelle » des directives du Parlement européen et du Conseil. Interprétées quant à leur portée par la Cour de justice européenne, dont la jurisprudence a mission d’assurer l’application uniforme du droit de l’Union.  Subordonné au droit et à la jurisprudence européens, le droit des Etats membres subit un processus de purification des obstacles qu’il contient aux « quatre libertés » et que les membres de l’Union n’éliminent pas toujours spontanément. Le résultat est particulièrement édifiant dans le domaine du droit du travail. En témoignent les arrêts Viking (2007), Laval (2007) et Ruffert (2008) de la Cour européenne de justice. Qui ont fait grand bruit en Europe et que la Suisse feint d’ignorer. Avec l’arrêt Ruffert, un Land allemand a appris à ses dépens qu’il était illégal d’exiger le respect des salaires minimaux prévus dans les conventions collectives allemandes pour les travailleurs détachés en provenance de Pologne venus exécuter un contrat soumis à appel d’offre publique. Car une telle exigence, a dit la Cour, revient à faire obstacle à la libre circulation des services et des travailleurs. Cet arrêt a donné lieu, en Allemagne, à un débat critique sur « l’intégration par le droit » et aux conséquences sociales d’une législation européenne qui confère aux acteurs du marché des droits vis-à-vis des Etats. Au point que certains commentateurs sont allés jusqu’à suggérer d’instaurer des procédures qui permettraient aux Etats de « rapatrier » à eux  certaines compétences. Et puis, cette prise de conscience tardive : les quatre libertés sont d’essence marchande. Capitaliste. Leur objectif est de renforcer la compétitivité internationale de l’Union face au monde. Par une baisse des coûts de production, donc des salaires. C’est un débat que l’on chercherait vainement en Suisse. Où la gauche est trop occupée, pour s’en soucier, à faire campagne pour la libre circulation des travailleurs de l’Est. Où les syndicats se sont endormis dans la croyance, fausse, que le renforcement des conventions collectives, qu’ils n’étaient pas parvenus à obtenir autrement, c'est-à-dire en négociation paritaire, constituerait la  parade efficace au dumping salarial des travailleurs détachés. Alors même qu’il n’est pas un juriste pour ignorer que le droit européen y fait échec. Qu’après la période transitoire, les conventions collectives ne s’imposent qu’aux entreprises du lieu. Mais pas à la concurrence détachée. Qui pourra soumissionner à meilleur prix. En Suisse, comme dans tout Etat soumis aux quatre libertés. Dès  2014, pour les travailleurs de Pologne et  d’Estonie. Dès 2016, pour les Roumains et les Bulgares. Demain. Car dans l’Union européenne, le droit du travail, dont le rôle est de rendre socialement acceptable l’économie de marché, cède le pas aux libertés marchandes. C’est ainsi. C’est la loi. Notre loi ?

 

 

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05/01/2009

Le temps de la synthèse

 

 

 

 

J’ai la faiblesse de croire que le parti auquel j’ai adhéré, et c’est la raison de cette adhésion, incarne le retour en force des valeurs conservatrices. Racines des libertés et de la prospérité qui ont fait la Suisse. Il ne s’agit pas d’une démarche de contemplation nostalgique d’un passé révolu. Mais de la volonté de participer à la plus actuelle des démarches politiques : S’assurer que la Suisse de demain sera réconciliée avec elle-même. Cette démarche contient, je le pense, la réponse active à trois défis parmi les plus pressants du moment : La  crise d’identité, qui déboussole individus et familles, mais aussi écoles, entreprises et jusqu’aux institutions de l’Etat. Le vide ouvert par le bradage des valeurs héritées, avec la perte de vue du bien commun et la fatigue sociale qui en résultent. La déconfiture financière de l’Etat, programmée par l’évolution démographique et par la paralysie d’une classe politique minée par le clientélisme et la peur du changement.

 

Outre Atlantique, on a parlé de « révolution conservatrice ». Il s’agit tout simplement de respirer l’air du XXIème siècle. A pleins poumons. De quoi ce siècle est-il fait ? D’une série de paradoxes. En particulier, de l’improbable cohabitation du pragmatisme le plus cru, fruit de la mort des idéologies. Et d’une certaine redécouverte des valeurs en général. Y compris de la spiritualité et de la foi chrétienne : Premiers résultats d’un « choc des civilisations » qui a marqué l’après guerre-froide, avec la mondialisation de l’économie et les migrations. Et puis ce fait : les jeunes votent aujourd’hui à droite. De plus en plus. Contrairement à leurs parents. Ceux qui ont eu vingt-cinq ans en 1968 toucheront l’AVS dès cette année. Et cette génération, aujourd’hui passée, avec ses idéologies, a un bilan. Qui s’effondre sous son propre poids. La critique du bilan post soixante-huitard ne fait que commencer. Timidement. Elle sera vitriolée. Nous aurons l’occasion d’y revenir.  Car son héritage est celui d’une génération fâchée, c’est banal, contre ses propres parents. Qui en quarante ans,  c’est moins banal, n’est pas parvenue à se défâcher. Cet échec a un poids : Insoluble adolescence. « Il est interdit d’interdire ». Eternelle déconstruction. Défense de toucher aux droits acquis. Remise en question quasi impossible.

 

Le retour des valeurs conservatrices implique-t-il de faire table rase des quarante dernières années ? Certainement pas. Il suffira d’en faire la critique. Faut-il éprouver de la nostalgie pour ce qui avait cours avant mai soixante-huit ? Pas plus. On ne remonte pas le cours de l’histoire. Disons simplement qu’il  y a eu une thèse, incarnée par la génération d’entre deux guerres. Que cette thèse fut niée par l’antithèse de la révolte de mai soixante-huit. Et par le projet de société qui a suivi. Qu’aujourd’hui est venu le temps de la synthèse. Une synthèse qui ose se nourrir de la tradition. En reconnaissant calmement le caractère pérenne de valeurs héritées. Y compris de temps très anciens.  Tout en usant de la liberté de ton et de critique. Acquis de mai soixante-huit. En en usant très librement. C'est-à-dire contre ses auteurs.

 

A tous, une exaltante année 2009.

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18/12/2008

Sous la couette, les juges

 

 

 

 

Chronique parue dans Le Nouvelliste du 18 décembre 2008

Le Conseil fédéral vient d’en remettre une couche. En matière de nom de l’enfant. En annonçant qu’il se rallie au quarteron de sous-commissaires « progressistes » qui propose aux chambres de liquider la règle du père. Et de la remplacer par son contraire : Le libre service. Un rapport de force pour remplacer une règle du droit. En cas de match nul ? Ce sera le nom de la mère, disent les auteurs du projet. Non, ce sera le juge, a rétorqué vendredi le Conseil fédéral : Le parent qui n’aura pu imposer son nom à l’enfant contre l’avis de l’autre parent saisira le tribunal d’une demande en établissement du nom de famille. Constitution d’avocats. Echanges d’écritures. Enquêtes contradictoires et plaidoiries. Au final, un jugement motivé, en fait et en droit, susceptible d’appel, jusqu’au Tribunal fédéral. Durant la procédure, des mesures provisionnelles détermineront le nom provisoire de l’enfant, jusqu’à droit connu. Les familles se regarderont en chiens de faïences. Les généalogistes retiendront leur souffle. Une jurisprudence se développera,  qui rendra prévisibles les solutions, ensuite codifiées. Au final, un lignage imposera à l’autre son patronyme. Par le biais du droit. Ce qui correspond assez précisément au système combattu et actuellement en vigueur, qui fonctionne sans le concours des juges, par simple application de règles imposées de façon égale à tous les couples mariés. Le caractère inacceptable de la solution des juges proposée par le Conseil fédéral a le grand mérite de mettre en évidence l’absurdité congénitale sur laquelle les tenants d’un nouveau droit ont fondé leur démarche : l’impossible égalité de deux sujets face à un objet unique et non divisible. C’est la quadrature du cercle. Le domaine de la filiation, on le sent bien, est étanche à la cause de l’égalité entre hommes et femmes. Qui dispose de nombreux autres terrains de manœuvre où s’exprimer. Pourquoi avoir choisi alors de porter le fer sur  ce terrain précisément ? Pourquoi offrir le flanc à une critique aussi prévisible ?  Serait-ce le symptôme d’une fin de règne ? Celui d’une génération. Dont le projet jamais achevé s’effondre déjà  sous le  poids de son propre bilan. Et de ses contradictions. Cette génération qui avait vingt-cinq ans en 1968. Et l’âge de l’AVS cette année. Qui a voulu interdire d’interdire. Qui a cherché sous les pavés, la plage. Et qui propose aujourd’hui : sous la couette, les juges.

 

 

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01/12/2008

Le retour de CB

 

 

 

 

Chronique parue dans Le Nouvelliste du 1er décembre 2008

Ces trois dernières semaines de politique fédérale auront été très instructives quant à la couleur, désormais connue, des sous-vêtements des putschistes du 12 décembre 2007. Cette improbable coalition  de rescapés du tsunami blochérien qui allait faire élire une très improbable Conseillère fédérale, sans acte de candidature ni audition préalable. A quoi bon : on aurait dit de voter « Gargamel » à ceux qui allaient découvrir son nom en même temps qu’ils le copiaient sur leur bulletin, qu’ils l’auraient fait sans sourciller. Un an de politique fédérale incertaine et un paquet « libre circulation » plus tard, l’histoire repasse le plat. Samuel Schmid annonce sa démission le 12 novembre 2008, quelques jours avant la publication de l’enquête de la Commission de gestion dans l’affaire Nef. Schmid a menti. Schmid doit partir. Et Christophe Blocher de reprendre immédiatement sa place au centre du débat. Chez les putschistes, c’est l’alarme. Suivie d’une rapide dévaluation. Par étapes. Une forme de strip tease. Assez réussi. Tout d’abord, on reboutonne le col en faisant mine de prétendre que le siège vacant ne reviendrait pas de droit à l’UDC. Puis on tombe la veste. En se ralliant à l’opinion contraire.  On jure ensuite que, sauf à se déclarer favorable au paquet ficelé « libre circulation », aucun UDC n’entrera dans le saint des saints. Puis on regarde vers le ciel. En laissant choir la ceinture. On assure enfin qu’un candidat proche de Blocher serait pure provocation. Tout en multipliant les œillades. En direction de Ueli Maurer. Le roi est en caleçon. Tout de même, il aurait été plus rapide de le dire tout de suite. Que ce sont les initiales CB qui posent problème. Et pas la politique de l’UDC. Même blochérienne. Juste la personne. On aurait compris. La tête de CB, sur les affiches en 2007, a mis les autres formations en déroute. Cette tête doit tomber. D’ailleurs, elle est tombée une première fois. Avec le fracas que l’on sait. Un an de politique fédérale de perdu. Un Conseil fédéral bancal. Qui pourrit sur pied. Un référendum « libre circulation » dont le résultat fâchera très méchamment, quel qu’il soit. Et Blocher à nouveau candidat. Avec Ueli Maurer. Rappelez-vous, Ueli Maurer, le 20 octobre 2007 au soir du tsunami blochérien, celui qui voulait rajeunir le Conseil fédéral. En demandant la tête de Pascal Couchepin, de Moritz Leuenberger et de Samuel Schmid. Qui avaient fait leur temps. Il en reste deux. A remplacer. Tout sauf Blocher ? Tous sauf le chaos.

 

 

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17/11/2008

1992 - 2009 : une même question

 

 

 

Chronique parue dans Le Nouvelliste du 17 novembre 2008

Vox populi, vox déni. Le peuple suisse votera en février 2009 sur une question déjà posée. Et déjà tranchée en 1992. Qui est la suivante: Nos rapports avec l'Europe de Bruxelles doivent-ils prendre la voie multilatérale? Qui mène à l'adhésion? Ou doivent-ils rester bilatéraux? La Suisse de 1992 a répondu. Un jour mémorable de décembre. Elle a désavoué le Conseil fédéral et les Chambres. Rejetant le traité multilatéral de l'Espace économique européen. Elle a imposé l'approche bilatérale. Qui prévaut depuis lors: On négocie dossier par dossier; le peuple se prononce sur chaque paquet d'accords; et sur toute extension éventuelle de leur périmètre. Du moins le croit-on. Car les Chambres, qui attendaient une occasion de revanche, l'ont trouvée cet été. Avec la libre circulation des personnes: En soumettant la prolongation d'un essai en Europe occidentale, que les Suisses ont accepté et qu'ils perçoivent comme globalement positif, à une obligation d'épouser les nouveaux partenaires de l'Union en Europe de l'Est ou ailleurs. Sans être consulté. On est entré, on le sent bien, dans quelque chose qui n'a plus rien de bilatéral. Dès lors que l'évolution du droit de l'Union devient directement applicable à la Suisse, c'est bien d'un rapport multilatéral qu'il faut parler. C'est cela, très précisément, que les Suisses ont déjà refusé le 6 décembre 1992. Et qu'ils devraient refuser le 8 février 2009. Que se passerait-t-il le 9 février? Rien. Les élites politiques se feront menaçantes. Elles invoqueront les foudres célestes. Fustigeront l'aveuglement d'un peuple rétif à l'avenir radieux qu'elles lui prédestinent. Prophétiseront mille plaies et calamités. Comme l'ont fait mille éditoriaux en 1992. Annonçant l'isolement imminent de la Suisse, sa banqueroute prochaine, l'étranglement de son économie. On écoutera. Poliment. On notera qu'il n'en fut rien. Que, seize ans plus tard, la zone Franc se porte plutôt mieux que la zone Euro. L'arrêté scélérat sera mis à néant. Deux arrêtés distincts le remplaceront. Un sur la libre circulation en Europe occidentale, qui ne sera pas contesté. L'autre sur l'immigration roumano-bulgare. Si les Suisses le refusent par référendum, on reprendra les négociations avec l'Union européenne. Comme on l'a fait au lendemain du 6 décembre 1992. Bilatéralement.

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04/11/2008

Le dîner de cons

 

 

 

Chronique parue dans le Nouvelliste du 4 novembre 2008

A la fin du repas, une question : « Voulez-vous du dessert et reprendre du potage ?» Répondez par oui ou par non. Avec un oui, vous obtenez le dessert, auquel vous aspirez légitimement. Au prix d’une assiette de soupe qu’il faudra avaler sans plaisir. Avec un non, vous échappez à la soupe. Mais êtes privés de dessert. Révolte, frustration, colère devant l’imposition d’un choix absurde.  Un vrai dîner de cons. C’est à cela que les chambres fédérales ont conviés  les Suisses en  février prochain.  « Voulez-vous la libre circulation à quinze et l’immigration roumano-bulgare ?  » Répondez par oui ou par non. Avec un oui, vous poursuivrez l’expérience entamée avec vos voisins.  Au prix d’une intrusion non désirée des Balkans. Avec un non, vous échappez aux migrants de l’Est. Mais perdez vos collègues ouest-européens. Une nouvelle fois, les partis gouvernementaux on cru faire la politique de Machiavel. Et ont fait la politique de Gribouille. Le peuple doit le leur dire. La libre circulation à quinze, c’est bien sûr ces tensions autour de l’arrivée massive de travailleurs en provenance d’Italie, d’Allemagne ou de France. Mais c’est aussi une croissance économique qui devrait, après quelques ajustements et si la crise financière ne l’engloutit pas, profiter au plus grand nombre.  La majorité des Suisses, c’est certain, ne s’y opposera  pas.  Pour autant qu’il existe, comme promis, un frein que le peuple peut actionner le jour où il estime  que les inconvénients dépassent les avantages. En rendant impossible  l’expression de la volonté populaire, les partis gouvernementaux ont scié le frein à main. Et prétendent lancer le véhicule dans une pente dont on ne connait ni l’inclinaison ni la longueur. C’est cela que le peuple suisse refuse. Avec raison. Car il en va ici beaucoup plus que de la libre circulation à quinze, à vingt-cinq ou à vingt- sept. Beaucoup plus que des rapports avec notre voisin l’Union européenne. Il en va du fonctionnement de la démocratie directe. De la démocratie tout court. Il en va de la Suisse. En tant que son peuple est souverain ou ne l’est plus. En tant qua la Suisse existe encore ou plus. Comme nation indépendante.  Stop. On arrête de courir. On regarde. On se fâche. Avec la classe politique. Avec nos voisins, si nécessaire. On clarifie. Puis on se défâche.  Après le dîner. 

 

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20/10/2008

Das Kapital

 

 

 

Chronique parue dans Le Nouvelliste du 20 octobre 2008 

 La masse monétaire se dérobe comme antimatière sous les pieds des traders. Né des pratiques à risques des golden boys étatsuniens, le virus des subprimes a infecté le bilan des banques. La pandémie atteint la fonction circulatoire du crédit. Menaçant d’asphyxie tout le tissu économique. Dans les esprits, une angoisse. Dans les poitrines, un cri : Qui nous sauvera du syndrome de l’Apocalypse ?  Il n’en fallait pas plus pour redonner des couleurs à une gauche prophétique. Qui n’osait plus citer Marx depuis la chute du mur: « C’est la mort du capitalisme ! » « Le philosophe de Trèves l’avait prédit. »  Et de discourir sur les remèdes à la crise d’aujourd’hui. Brandissant  des ossements, déterrés à la hâte au cimetière des théories du XIXème siècle. Les premières files d’attente de la crise sont donc pour les librairies : Les manuscrits de 1848. Le manifeste. Le capital. Comprendre Marx. Avant que la bourse, s’effondrant sous son propre poids, n’engloutisse le monde avec elle. Soit. Lisons. Et de préférence toute l’œuvre ! On y verra que Marx n’a rien d’un économiste. C’est un philosophe. Au  sens qu’il donne lui-même à cette mission : Non pas de décrire le monde,  mais de le changer. Sur ce point, les théories de Marx ont abouti : Les pires catastrophes sociales, écologiques, économiques, culturelles, militaires, les pires violations des droits de l’homme, sont à son crédit. La raison ? Sa philosophie. Très tôt, le jeune Marx avait posé ses prémices en dogmes. Sur lesquelles, il n’est jamais revenu : L’homme est aliéné par la croyance en Dieu et par la propriété privée, la seconde étant le corollaire de la première, toutes deux doivent être abolies. L’intérêt de Marx pour l’économie viendra plus tard. Lorsqu’il s’agira pour le philosophe de rechercher dans l’histoire économique des illustrations susceptibles de conforter sa thèse. L’opposé absolu d’une démarche scientifique.  Un  travail de philosophe, au sens révolutionnaire qu’il en donne. Ils sont nombreux à s’en réclamer. La crise leur en donne l’audace.  A propos du rôle de l’Etat : Lorsqu’une avalanche a englouti un village. Déclenchée par une horde de skieurs fous ou par la malice des temps. On envoie la troupe. Pour dégager. On fait poser des pares neige. On interdit la construction dans les zones exposées. Eux, proposent d’interdire la neige. Et de lire Marx.

 

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06/10/2008

Au nom du père

 

 

 

Chronique parue dans le Nouvelliste du 6 octobre 2008 

Du passé faisons table rase ! Liquidons la règle du nom. La règle du père. Remplaçons-la par son contraire : Le libre service. Arbitré par la mère. Nous rendrons ainsi le droit conforme à la société, de consommation, au nom de l’égalité. Voilà en substance ce que proclame un quarteron de sous-commissaires « progressistes » qui impose cet hiver au Conseil national son débat sur un nouveau droit du nom de l’enfant. Peu importe que le projet ne réponde à aucun besoin identifié. On nous assure que «Dieu le veut ! », à tout le moins que son dernier avatar l’exige : Le principe de l’égalité des sexes. Quitte à perdre de vue les données essentielles du problème. Ce qui se produit assez souvent lorsqu’on laisse des juristes entre eux, à phosphorer sans surveillance  autour de principes abstraits. Un plus un n’est pas égal à un. « N’être qu’un, oui, mais lequel ? », la boutade d’Alphonse Allais est ici incontournable. En matière de nom de l’enfant, le droit actuel a le mérite de poser une règle : Le nom de famille est celui du père. Pour certains, cela doit cesser : Demain, chaque couple fixera sa propre règle. Un rapport de force pour remplacer une règle du droit. En cas de match nul ? Ce sera le nom de la mère. Une révolution. « Mater semper certa est », disaient les romains. La filiation maternelle est une évidence. Biologique. Que le droit n’a pas vocation à instituer. Tout au plus à constater. L’enfant connait sa mère. L’enfant reconnait son père. Dans celui que sa mère lui désigne. La filiation paternelle est instituée par la parole de la mère et par la règle du droit. Face à la biologie, il lui faut un symbole. C’est le nom du père. Ce nom est fondateur : De la filiation par l’identité. De l’identité par la filiation. Les enfants sortent du ventre des mères. Toujours. Du ventre des pères, jamais. Le nom du père institue une forme d’égalité symbolique entre les filiations de l’enfant. Là où la nature laisse l’homme et la femme le plus profondément inégaux. Le plus grand tort des auteurs du projet n’est pas de militer pour le matriarcat au nom de l’égalité des sexes. Mais de croire, ou de faire semblant de croire, que la filiation paternelle est chose si solide, ou de si peu d’importance, que l’on puisse, sans danger sérieux, l’attaquer par le symbole. Le père certain n’est-il pas la Loi de l’espèce ? Avec le tabou de l’inceste qui en découle ?

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23/09/2008

Libre circulation des armées en Europe

 

 

 

Chronique parue dans le Nouvelliste du 23 septembre 2008 

Des aveux complets ! Dans l’Hebdo du 18 septembre, les propos du ci-devant chef de l’armée font tomber un masque de verre. On savait le bateau de la défense suisse à la dérive. On savait son capitaine le nez dans les étoiles, européennes. Boussole et gouvernail jetés par dessus bord. On le supposait orienté vers un cap inavouable : Rendre l’armée suisse OTAN compatible. Et ONU disponible. Jeudi dernier, les aveux de Christoph Keckeis ont levé les derniers doutes : « Pour assurer sa sécurité, la Suisse doit conclure avec ses voisins - comprenez l’OTAN – des accords bilatéraux en matière de défense ».  La libre circulation en Europe appliquée aux chars et aux troupes ! Ceux qui pensaient que l’armée suisse existait précisément pour éviter cela en seront pour leur grade. La vocation de nos soldats désormais : Servir sous le drapeau des Nations unies. Logique : C’est en tuant les conflits partout où ils se trouvent que les militaires suisses assumeront leur mission. Quelle meilleure sécurité pour le pays qu’un monde tout entier pacifié ? Ceux qui croyaient le service étranger aboli en 1815 n’avaient rien compris. La neutralité ? « N’est pas une excuse pour ne rien foutre ! ». Imparable. La défense nationale toucherait au noyau dur de la souveraineté ? Combat d’arrière garde : La Suisse sera demain un canton européen. L’indépendance ? Balivernes : La Suisse importe déjà les pièces détachées de ses avions de combat. Reste que l’OTAN n’est pas une alliance de pure défense. Que l’OTAN a des ennemis. Qui seraient les nôtres. Que la neutralité est inscrite dans les traités depuis celui de Vienne en 1815. Qu’en deux siècles elle s’est toujours imposée, en dépit de tous les visages de l’Europe qui se sont succédés. Que la neutralité reste la seule politique étrangère dont peut rêver un pays de la taille de la Suisse. S’il prétend défendre ses intérêts par un rôle significatif sur la scène diplomatique internationale. Que, oui, des menaces nouvelles sont apparues. Mais les anciennes menaces n’ont pas disparu d’Europe pour autant. Qu’en Ossétie se déroule un conflit parfaitement classique : Aviation, chars et infanterie. Alors, qui voudrait d’une libre circulation des tanks et des troupes en Europe ? Hormis le général en retraite d’un chef de département en préretraite ?

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12/09/2008

La politique de Gribouille

 

 

 

Chronique parue dans le Nouvelliste du 8 septembre 2008

Vous avez remarqué,  Berne, la ville fédérale où d’ordinaire « tout s’y passe ailleurs » ? Devenue  nœud gorgien de psychodrames shakespeariens à répétition.    Ebouriffant, non ? Et dans le même temps, Genève, la versatile, où  tout n’est d’ordinaire que politique et rebondissements? Alanguie, placide, toute entière absorbée dans la laborieuse digestion de  recettes fiscales soudainement excédentaires. Surréaliste !  On croirait à un transfert.  Or donc, l’œil du cyclone réside aujourd’hui à la Bundesgasse. Et les yeux de toute la Suisse, bientôt du monde, de converger vers le Palais fédéral. Où tout a commencé le 12 décembre 2007. Comme la météorologie, la vie politique suisse est faite d’équilibres, de poids et de subtiles contrepoids. Un Conseiller fédéral est brutalement congédié. Son parti, un poids lourd, se retire dans la marge. Rien ne va plus. L’horloge politique se grippe. Et quelques mois plus tard, le Conseil fédéral pourrit littéralement  sur pieds : plus aucun parti n’est gouvernemental, tout le monde tire à vue.  Et valsent les dominos. Sur les sept ministres que compte le Collège, deux sont sans parti. Leur destin est de tomber à la première bourrasque. C’est déjà fait pour l’un d’eux, qui reste,  car le Collège le soutient. Comme la corde soutient le pendu. Deux autres sont des ministres usés. Que leurs partis remplaceraient immédiatement. Pour peu que leur succession suive des règles prévisibles.  Ils restent, adossés au cadavre de la formule magique. Pour être parvenue à liquider en dix mois  la neutralité séculaire du pays, l’extravagante ministre des affaires étrangère déchaîne ces jours la colère de tous.  Jadis isolée dans un respect que les autre Etats témoignaient à elle-seule, la Suisse partage désormais le sort de ceux qui possèdent des ennemis sur les cinq continents. Quant aux deux derniers ministres, ils sont provisoirement épargnés. Pour peu de temps car la maladie qui ronge le Collège n’a cure de distinguer entre ses membres. A l’heure du bilan, le coup tactique du 12 décembre est un très mauvais coup stratégique. Ses auteurs comprendront qu’à trop vouloir la politique de Machiavel, il arrive que l’on fasse « la politique de Gribouille ».  

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08/01/2008

2008 - Plaidoyer pour une droite déniaisée

 

 

 

 

 

 

 

 

La droite suisse est victime d’une double illusion. Qui sévit autant à l’UDC que dans les rangs de l’Entente bourgeoise. Et qui lui plombe durablement toute chance de peser efficacement sur le cours politique des choses. Cette illusion est celle qui consiste à exiger un système de valeurs commun à toute la droite. Or, il y a à droite plusieurs types de référents. Il faut en prendre acte.

En régime de multipartisme, les convergences politiques sont affaires de programmes ; d’actions concrètes, pas de croyances, pas d’idéologie, pas à droite. Sur la terre, où l’action politique a vocation de déployer ses effets, les actes sont premiers, ici et maintenant. Les alliances ne résultent pas de la célébration commune de célestes valeurs, ni de styles de communication adoptés en communs, mais de la mise en œuvre de programmes négociés, dont le respect se mesure à l’aune des votes au parlement, pas des déclarations de principes grands ou petits[1].

Aussi, est-ce une illusion mortifère que celle qui donne à croire faussement, tant à l’UDC que chez les autres factions de droite, que l’on ne peut tirer à la même corde électorale ou mettre en œuvre un programme commun qu’une fois obtenu de l’autre un ralliement formel à ses propres valeurs et mœurs politiques. Fâcheusement conversionniste, cette illusion conduit, côté UDC, à considérer le reste de la droite en conservateurs fourvoyés et, côté droite traditionnelle, à regarder l’électorat UDC en coreligionnaires égarés susceptibles de retour au bercail.

Ce double aveuglement à la différence de l’autre conduit à l’inaction commune. Et consume les uns et les autres dans un sentiment réciproque d’agacement. Voire de trahison. Injustifié dès lors que l’on chercherait en vain un système de valeurs identique à tous. C’est à tort que l’UDC attend de ses alliés potentiels un ralliement à ses valeurs conservatrices et considère les hésitations de la droite libérale comme la trahison d’un patriotisme commun. C’est en vain que la droite traditionnelle attend de l’UDC un ralliement à l’ère du temps et dénonce ses coups de gueules comme des dénis de suissitude.

« We should agree to disagree », diraient nos voisins anglo-américains avec un pragmatisme qui devrait convaincre. Car la droite, conservatrice ou libérale, a tout pour elle à l’heure où l’on admet, enfin, que le socialisme appartient aux siècles passés, le XIXème pour la théorie, le XXème pour l’expérimentation. Elle a pour elle, en particulier, un programme d’action commune incontesté, évident même. Qui ne découle pas de la primauté d'un panthéon partagé mais du primat de la liberté économique, de la sécurité des biens et des personnes et de la maîtrise des dépenses publiques. Dans ces trois domaines, c’est un constat, toute la droite est unie, conservatrice ou libérale, elle vote à l'unisson ou presque au fédéral comme dans les cantons. Reste à offrir à cette convergence de vues la force d’action qu’elle mérite et qu’elle exige aujourd’hui. Les citoyens contribuables se moquent éperdument de savoir au nom de quels grands principes les uns et les autres entendent conduire les réformes qu’ils attendent, pourvu que celles-ci adviennent, pourvu que leur quotidien soit plus libre, enfin, plus sûr et moins  taxé. C’est ce que la gauche a compris et pratique, à rebours, depuis longtemps.

Qu’y a-t-il de commun en effet dans le ciel de gauche, entre le panthéon néo païen régressif des uns et le rationalisme laïco-progressiste des autres? Quel système de valeurs commun a-t-il présidé à l’union des adorateurs de Gaïa d’une part, à ceux de la Croissance économique de l’autre? Aucun. Jamais déesse Gaïa, mère de toutes les divinités - donc du climat courroucé dont les prêtres verts sont seuls à savoir solliciter les indulgences par des offrandes appropriées -  ne cohabite avec sa rivale Croissance, mère de tous les dividendes, que les oracles roses capturent pour l’Etat, par leur connaissance révélée des arcanes fiscaux. Et pourtant ! Verts et socialistes s’entendent pour former des majorités, même lorsque leurs positions sont au départ minoritaires, ravissent ensemble les exécutifs et savent conduire une politique commune antilibérale très efficace, garantissant  à la fois l’insécurité des biens et des personnes, l’imperméabilité de l’Etat à toute réforme et des niveaux d’imposition et d’endettement public durablement vertigineux. Comment la gauche accomplit-elle ce prodige ? En vivant sur terre, chose dont la droite s’est montrée jusqu’ici incapable, alors même que c’est elle - et ce n’est pas le moindre des paradoxes – qui fournit à la politique les moyens bassement matériels de son action.

Vivons donc sur terre, les citoyens contribuables nous en saurons grés.

Bonne année 2008 !


 

 


[1] Appuyez-vous sur les principes, il finiront bien par céder…  (Oscar Wild)

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25/10/2007

Le centre est un trou noir politique

 

 

 

 

 

 

  

 

Concrètement, le plaidoyer pour un « centre fort » ralliant plusieurs partis susceptibles de partager une croyance centriste n’est qu’un appel au  suicide collectif. Le « centre » ne désigne en effet rien en politique sinon le point d'intersection qui résulte, au cas par cas, de la dialectique gauche-droite ; il n’y aura donc jamais d’identité politique forte au centre. Pire, la position centriste n’existe pas puisqu’elle ne se dessine qu’en réaction aux affirmations politiques d'un pôle de droite opposées à celles d'un pôle de gauche. Partout en définitive,  le centre n’est nulle part a priori, ce qui constitue en outre la négation de l’idée même de l’action politique. Le centre n’est d’ailleurs pas un programme mais une posture, celle qui consiste à laisser à d’autres la tâche d’affirmer des positions politiques et à se réserver le droit d’y répondre en se plaçant à équidistance des unes et des autres. D’ailleurs, si par impossible un parti « du centre » formulait une idée innovante, la dialectique qui s’engagerait  alors avec ses contradicteurs irait placer ailleurs le  centre du débat. Enfin, souvent dans le camp des vainqueurs, le centre ne célèbre jamais ses propres victoires car c’est toujours la victoire d’un tiers que son ralliement a favorisé. Il s’en suit que l’idée de constituer un « centre fort » par la juxtaposition de plusieurs partis centristes est un contresens. En adoptant à plusieurs l'attitude opportuniste et parasitaire qui consiste à attendre que les autres définissent le cadre du débat, les membres de cette association centriste et  réactionnaire ne parviendraient qu’à appauvrir le débat et à s’abîmer dans l'insignifiance. Appeler à fonder un centre qui réunirait radicaux, verts et quelques socialistes autour d'un trou noir politique dont le centre serait le PDC revient à lancer un appel au suicide collectif de la politique.

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15/10/2007

Lettre ouverte à Madame Khadija MASRI, représentante de l'Union africaine de Genève

 

 

 

 

 

 

 

Chère Madame,

 

Croyez bien que nous regrettons vivement l’impression de démocratie d’opérette qu’a pu donner de Genève la récente intervention de son ministre de la justice dans le débat électoral qu’il prétend censurer par l’invective et par l’exclusion des quelque 27% de l'électorat votant UDC. Nous espérons que les propos malheureux de Monsieur MOUTINOT ne remettront pas en cause votre confiance en nos institutions, qui restent fondamentalement démocratiques malgré les anathèmes du magistrat concerné, ni celle que vous devez conserver en l’attachement de la grande majorité des citoyens de ce canton au respect de la pluralité des opinions.

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02/10/2007

Avec ou sans filtre ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Constatant que l'intégralité des commentaires rédigés par les lecteurs de mon blog soulevait de manière générale des questions intéressantes, j'avais pris le parti de supprimer le filtre qui permet d'écarter les messages qui dépassent les bornes de la bienséance ou du droit pénal, jusqu'à ce qu'un message laissé par un courageux anonyme apparemment admirateur d'Eric STAUFFER ne m'incite à restaurer le filtrage.

 

"Il aura fait peu de bien dans sa vie celui qui n'aura rien su de l'ingratitude"

(Jacinto BENAVENTE 1866-1954)

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01/10/2007

Le Conseil d’Etat règne mais ne gouverne pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec sa présentation du budget 2008, on attendait du Conseil d’Etat qu’il expose (enfin) sa politique pour Genève. Il n’a été question que d’observations d’ordre météorologique : beau temps conjoncturel et tempête sur les taux d’intérêts.

Ce n’est pas faire de la politique que de constater que la santé de l’économie genevoise est  si bonne, en dépit de la dette et de déficits publics dissuasifs, que l’impôt fait tomber de l’argent dans les caisses de l’Etat comme s’il en pleuvait (250 millions de recettes fiscales supplémentaires annoncées). Pour réjouissant qu’il soit, ce constat peut être laissée aux chroniqueurs économiques dont c’est le métier, de même que son constat corollaire, à savoir que la bonne marche des affaires a eu pour heureux effet de diminuer sensiblement le taux de chômage cantonal.

C’est faire de la politique, en revanche, que d’annoncer qu’en dépit d'une conjoncture de rêve, le déficit 2008 s’élèvera à 121 millions de francs et qu'en dépit de la baisse du chômage l'aide individualisée augmente encore de 70 millions supplémentaires.

Une politique digne de ce nom implique que l’on explique les motifs derrière les chiffres autrement que par les fatalités de la péréquation confédérale ou de la volonté populaire. Et surtout que l’on réponde par un plan d’action crédible aux questions que soulèvent les constats : Comment se fait-il en particulier que l’aide individualisée explose (plus 70 millions) pour avoisiner le milliard, soit un septième du budget de l’Etat, alors même que le chômage est en baisse. Certes, il y a les aides aux rentiers AVS ou aux handicapés, qui par nature ne sont pas concernés par la baisse du chômage, mais pour le reste ? Comment se fait-il que la reprise économique ne se traduise pas par une diminution des aides nécessaires ? Comment se fait-il qu’il y ait à Genève un si grand nombre de personnes valides et en âge de travailler, incapables de subvenir à leur entretien sans l’aide de l’Etat sur un marché cantonal du travail qui accueille aujourd'hui l’Europe entière ? Sous peine de « reine-d’angleterrisation », le Conseil d’Etat, qui s’est fixé pour objectif de remettre Genève sur ses rails, ne peut être dispensé de présenter une politique, qui porte sur l’assainissement des fondamentaux du Canton. Personne en effet ne croit vraiment que c'est av
ec des constats de nature purement conjoncturelle que l’exécutif cantonal pourra prétendre s'être approché un temps soit peu de la solution au déficit de l’Etat, qui est structurel.

D'autant que, contrairement à l'engagment pris d'une réduction de 1% par année, aucune diminution des effectifs de l'Etat n'est constatée et que, sur le front de la dette, on n’annonce rien d’autre qu’un timide espoir de la voir diminuer d’elle-même de quelques centaines de millions (sur treize milles millions) par les seules vertus d'une conjoncture compatissante.

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21/09/2007

Pourquoi je suis UDC

  

 

 

 

 

 

 

 

Si l’UDC est d’actualité c’est qu’elle incarne le retour en force actuel des valeurs conservatrices, celles-là mêmes qui sont à l'origine des libertés et de la prospérité en Suisse. Y adhérer ne relève nullement d’une démarche de contemplation nostalgique du passé mais bien de la volonté de participer à la plus actuelle des démarches politiques : s’assurer que la Suisse de demain soit réconciliée avec elle-même. Car c’est dans cette démarche que l’on trouvera la réponse active aux défis les plus pressants du moment :   
• la crise d’identité, qui déboussole individus et familles, mais aussi écoles, entreprises et jusqu’aux institutions de l’Etat ;
• le vide ouvert par le déclin des valeurs et la perte de vue du bien commun, avec la crise sociale qui en découle ;
• la faillite financière de l’Etat, symptôme navrant de la confusion d’une classe politique paralysée par le clientélisme.
L’UDC est une force de changement, la seule comme elle l’a démontré au niveau fédéral, car elle possède la capacité rare, sans laquelle la démocratie ne serait qu’un vain mot, de forcer le débat sur les sujets que les autres partis se sont entendus pour occulter : Les effets négatifs d’une adhésion à l’Union européenne, l’évolution de la criminalité, l’endettement excessif de l’Etat, les abus  dans les domaines du social et bien d’autres encore. Car le débat, en démocratie semi directe, ce n’est pas le  meilleur outil dont on dispose pour résoudre les problèmes : c’est le seul.

Je suis le rédacteur du programme UDC pour la législature cantonale 2005-2009 à Genève. www.udc-ge.ch/grand_conseil/plateforme05-09.html

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20/09/2007

Propos puants

"L'UDC pue". L'incitation à la haine du Maire de Genève tomberait très certainement sous le coup de l'article 261 bis du Code pénal suisse (incitation à la haine raciale) si l'UDC était une race, une ethnie ou une religion. S'agissant d'un parti politique, les propos de Monsieur MUGNY sont à examiner sous l'angle de la diffamation et de l'injure. Ceci pour le droit pénal. Quant à la morale, Patrice MUGNY qui se déclare chrétien serait bien inspiré de s'adonner à une relecture introspective des évangiles en se demandant pourquoi, en matière d'exclusion, son regard pointe obsessionnellement sur la paille qu'il croit déceler dans l'œil de l'UDC et reste aveugle aux faisceaux de poutres qui lui osbscurcissent les mirettes.

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23/08/2007

Squats : des casseurs genevois

 

De retour des tropiques, m'étant assigné la tâche un peu vaine de parcourir la presse locale parue en mon absence, je me trouvais installé un samedi après-midi à une terrasse paquisarde ensoleillée. A quelques mètres de là, une horde encagoulée s'appropriait les bacs à fleurs des grands hôtels avoisinants aux fins de dresser, avec des panneaux de circulation réquisitionnés alentours, une forme de barricade censée retarder une hypothétique intervention des forces de l'ordre. On m’apprit qu’il s’agissait d’une manifestation « pacifique » à laquelle prenaient part des élus de gauche émus par l'évacuation du squat RHINO. De derrière la bourka d'un des émeutiers jaillirent soudains deux cris stridents qui attirèrent d’autant plus mon attention qu’ils étaient accompagnés d’un indexe pointé dans ma direction invitant explicitement au passage à l’acte : "un UDC !", "ordure!".  Contraint d’interrompre précipitamment ma lecture, j’ai accueilli avec un certain scepticisme la version officielle du lendemain selon laquelle les casseurs étaient tous suisses allemands et infiltrés. Les milieux genevois pouvant, quant à eux, être exonérés de tout soupçon. Ben voyons. Parfaitement compris du groupe qu'il rameutait, « mon » casseur enturbanné  était quant à lui genevois de chez genevois, au point de pouvoir identifier instantanément la couleur politique d’un élu local  derrière le bronzage et les tongs ! Pour rendre compte de la dimension locale de l’émeute, il aurait suffit, et c'est là que la cagoule blesse, de procéder à quelques interpellations en flagrant délit. Avec ce risque, que personne n’a voulu prendre, de démasquer quelques intouchables indigènes.

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22/08/2007

Le transfert bébête de compétences : un contresens dangereux

D'aucuns nous rebattent inlassablement les oreilles de leur croyance aveugle en plus de paix et de sécurité par le transfert tout aussi aveugle d’un maximum de compétences nationales vers des structures interétatiques, notamment l’Union européenne. Une manière un rien binaire de se venger des Etats nationaux, responsables du déclenchement de deux guerres mondiales qui ont sinistré le 20ème siècle. Ils s’en vont ainsi bêlant de façon péremptoire que le salut de l’humanité passera par l’affaiblissement de la souveraineté  nationale, puisqu’en privant les Etats d'un maximum de leurs compétences on obtient, c’est garanti, un monde nécessairement plus pacifique, plus ordonné et plus sûr. C’est là un contresens dangereux. Car dans l’ordre international, dont personne ne conteste l’utilité, les structures interétatiques prennent des  décisions ou adoptent des plans de mesures dont elles sont ensuite condamnées à confier la mise en œuvre aux seuls acteurs possibles que sont les Etats. Personne en effet, sinon les Etats, ne disposent de la souveraineté nécessaire à l’action. Ainsi, lorsque l'OMS aura sonné l'alarme de la pandémie aviaire, par exemple, on ne verra rien d’autre que des Etats nationaux mettre en œuvre les mesures préconisées, chacun sur son territoire et chacun selon ses capacités. On constatera de très grandes inégalités dans l'efficacité dont feront montre les uns et les autres et on remarquera que leur force respective dans l’action ne se mesure nullement au nombre de compétences déléguées à des entités tierces mais bien au contraire au degré de souveraineté effective dont chacun sera capable. L’efficacité sera nationale ou ne sera pas, la force de chacun tenant au degré de cohésion interne, à la vigueur du sentiment d'identité, donc d’appartenance et de solidarité. Ainsi les Etats au service de communautés nationales cohésives, fondées sur un vouloir vivre ensemble effectif, réunies par des symboles forts,  s’en sortiront-ils singulièrement mieux que les agrégats politiques flous sans loyautés affirmées. Ni slogan creux, ni contemplation nostalgique d’un passé prétendument révolu, «rester maître chez soi » représente l’impératif politique le plus actuel et le plus sûr, de même qu’une réponse active aux défis de la mondialisation.

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Le chat est-il homophobe ?

Chaque semaine, le philosophe félin de Philippe GELUCK soumet un aphorisme de son cru à la sagace réflexion des lecteurs de L'Illustré. Ainsi, dans l'édition du 10 août 2007, le chat constatait à propos des « couples homos » qu'ils avaient moins de peine que les autres « à joindre les deux bouts ». Un message identique en substance à celui d'une affiche UDC fort décriée pour avoir eu le mauvais goût de s’opposer à un allégement fiscal en faveur des couples pacsés, les ménages caractérisés par deux revenus et pas d’enfants, DINKS en langage marketing (double income no kids), étant réputés plus « aisés » que les autres. Considérant l'absence de réaction hostile à l’encontre de Philippe GELUCK et de L'Illustré, on se dit qu’en matière de libre opinion à Genève, mieux vaut être chat, belge et obèse que parti, suisse et dynamique.

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